La pleine attention (méditation) et l’apprentissage

Florent Pasquier, maître de conférence à Sorbonne Université, et Raymond Barbry, formateur, consultant et fondateur de l’AGEPS (Accompagnement, gestion d’équipe, de projet, du stress), se sont interrogés sur les effets potentiellement bénéfiques de la pleine attention (la méditation de pleine conscience) sur l’apprentissage des élèves, ainsi qu’auprès des enseignants et du personnel des établissements scolaires. Pour éclaircir cette question, ils ont implanté des projets d’intervention et de formation à la pleine attention dans cinq établissements d’enseignement en France : une école primaire, trois collèges et une université.

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Shutterstock/wavebreakmedia

par France Dumais

 

Ces exercices se font généralement un devoir de respecter un cadre laïc décorrélé des dogmes religieux.


[Les bienfaits de la méditation chez les enfants]
 

 

Gestion des émotions et méditation

Une école primaire en milieu rural du Pas-de-Calais participe depuis deux ans à un projet qui vise à développer l’attention, la concentration et le bien-être de tous. Pour ce faire, trois types d’action ont été mis en place :

  1. L’équipe pédagogique reçoit une formation qui a entre autres pour but d’accorder du temps de pleine attention (méditation) en classe qui serait adapté aux caractéristiques des élèves;
  2. Les parents volontaires participent à des rencontres pour pratiquer les exercices de pleine attention que l’école propose à leurs enfants;
  3. L’horaire propre à chaque classe est revu afin d’offrir aux élèves des occasions de faire les exercices de pleine attention, de méditation (ex. : de trois à cinq exercices quotidiens d’une durée de 30 secondes chacun et des ateliers de sophrologie pour réguler les émotions des élèves de CM2).

 

[La pleine conscience pour prévenir l’anxiété à l’école]

 

Formation aux pratiques de pleine attention

Les membres du personnel et de la direction de trois collèges de la région Hauts-de-France ont accepté, sur une base volontaire, de participer à une formation de cinq mois (huit rencontres de deux heures chacune) qui met l’accent sur la pratique de la pleine attention pour eux-mêmes et pour leurs élèves. Durant les rencontres de formation, les points en discussion portent entre autres sur des situations « visant à apprendre à réguler les émotions, le stress, les pensées, la centration dans l’instant présent, et à utiliser la visualisation mentale en contexte pédagogique ». Après leur formation, les participants adultes ont noté des effets positifs de la pratique de la pleine attention dans leur classe (ex. : les capacités d’attention s’améliorent; les situations de conflits diminuent), et les élèves ont demandé de maintenir ces périodes de calme quotidiennes.

Une approche transversale

À l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) de l’Académie de Paris, Pasquier et Barbry ont « proposé des thématiques d’études et de travail transversales issues de la culture humaniste […], du vivre ensemble […], du respect d’autrui […], de l’environnement […], du respect de la vie […], [qui ont] servi de toile de fond à des cours de nouvelles technologies éducatives et à des enseignements en tronc commun de formation (pédagogies alternatives, essence et sens du métier d’enseignant, évaluation et notation) ». Durant les cours, les étudiants participant à ce projet ont eu l’occasion de pratiquer des exercices de pleine attention (ex. : respiration lente pour le calme intérieur, bâton de parole pour la circulation des idées et le respect des locuteurs). En plus de ces exercices, Pasquier et Barbry ont prévu des « projets pour la classe », qui consistent à offrir aux participants un enseignement de concepts liés notamment à la psychologie et à la culture de la paix. Cet enseignement s’accompagne d’exercices concrets (ex. : relaxation, méditation guidée), qui peuvent permettre aux étudiants d’en ressentir des bienfaits.

Ces “pratiques à orientation spirituelle laïque” […] tendent à faire vivre un établissement philosophiquement “autrement”, sans devenir pour autant très différent de ce qu’il était jusqu’alors : peu de choses changent en apparence, mais tout change en vue d’un meilleur fonctionnement. Cela permet d’agir dans le cadre présent, quel qu’il soit, sans avoir besoin d’en sortir, et de viser à bénéficier directement des bienfaits de ces approches, dans le respect des textes encadrant l’exercice professionnel. 

[Pour consulter l’article : www.cahiers-pedagogiques.com/Pratiques-de-pleine-attention-et-effets-de-la-meditation ]

 

Référence

Pasquier, F. et Barbry, R. (2018). Pratiques de pleine attention et effets de la méditation. Cahiers pédagogiques, 547. Repéré à www.cahiers-pedagogiques.com/Pratiques-de-pleine-attention-et-effets-de-la-meditation

Source de l’image : Shutterstock/wavebreakmedia

Dernière modification : 4 décembre 2018.

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Un commentaire

  1. Par Nathalie Mallette le 6 décembre 2018 à 21:44

    J’adore l’idée d’intégrer ces pratiques dans nos écoles. Est-ce que des formations semblables ou de votre part sont disponibles au Québec. Je suis convaincue que vous auriez plusieurs enseignants très intéressés.
    Nathalie
    (Enseignante)

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