Comment et pourquoi donner des rétroactions aux élèves?

Dans la vague des travaux de Coe, une stratégie d’enseignement apparait en tête de liste : donner des rétroactions aux élèves. Comme cette stratégie peut sembler quelque peu abstraite, il importe de la rendre plus concrète pour les acteurs du milieu de l’éducation.

Cet article offre un contenu traduit et adapté librement du guide « How to give feedback to students », conçu par la Australian Society for Evidence Based Teaching.

Qu’est-ce que la rétroaction?

En enseignement, donner une rétroaction à un élève, c’est lui donner une information après avoir observé comment il réalise une tâche donnée – information qui l’aide à s’améliorer dans l’accomplissement de cette tâche. En plus d’informer l’élève sur sa progression ou de l’amener à trouver lui-même où il en est dans ses apprentissages, la rétroaction permet de confirmer à l’élève ce qu’il peut faire et l’accompagner dans cette démarche.

En plus d’informer l’élève au sujet de sa progression à l’égard d’un contenu d’apprentissage, la rétroaction permet donc d’indiquer à l’élève ce qu’il pourrait faire pour s’améliorer.

Un exemple : Chloé, ton paragraphe n’est pas complet, tu dois y inclure une phrase qui annonce le sujet.
Un contre exemple : Bianca, tu as eu 8/10 au test d’orthographe.

Ce que la rétroaction n’est pas

Une rétroaction ne devrait pas inclure de jugement à propos de l’élève. Par exemple, elle ne devrait pas avoir pour but de signifier à l’élève qu’il est intelligent, ou encore qu’il est bon ou mauvais à telle tâche. Lorsqu’on fait ce type de commentaire à l’élève, on attribue sa réussite à ses qualités personnelles plutôt qu’aux actions spécifiques qu’il a posées pour réaliser la tâche. Selon les propos tenus dans le guide, sans nier le talent naturel des élèves, l’enseignant devrait plutôt mettre l’accent sur ce que l’élève a fait ou ce qu’il n’a pas fait pour atteindre le niveau de performance attendu.

L’idée est de ne pas attribuer le succès ou l’échec à l’intelligence de l’élève, car il pourrait attribuer un échec au fait de ne pas être assez bon, sans pouvoir changer cette situation.

Les 4 fondements de la rétroaction

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À quel moment offrir des rétroactions aux élèves?

La rétroaction est une stratégie puissante puisqu’elle survient lorsqu’il est encore temps pour l’élève de s’ajuster.

Vous devez offrir une rétroaction à vos élèves avant, plutôt qu’après l’évaluation sommative. Cela leur donne l’occasion d’apprendre et de s’améliorer avant d’être évalués. »

Une rétroaction peut être offerte à l’élève de façon immédiate ou différée. La rétroaction immédiate est plus efficace lorsque le contenu d’apprentissage est nouveau pour l’élève ou lorsque ce dernier a de la difficulté avec le contenu, tandis que la rétroaction différée favorise le transfert de l’information fournie par l’enseignant dans d’autres tâches ou d’autres problèmes rencontrés.

Les types de rétroactions

Trois types de rétroaction peuvent être efficaces selon le contexte dans lequel ils sont utilisés :

  • La rétroaction de base consiste à indiquer à l’élève si la réponse qu’il a donnée est correcte ou incorrecte (et à lui donner la bonne réponse). Il est également approprié de fournir à l’élève un exemple à suivre ainsi qu’une situation dans laquelle il peut réinvestir l’objet de la rétroaction.
  • La rétroaction instructive (instructionnal feedback) indique à l’élève quel élément il a besoin de travailler pour améliorer sa performance, par exemple, en lui fournissant une stratégie pour le faire (ex. : estimer le résultat d’un problème ou d’un calcul avant de l’effectuer).
  • La rétroaction d’entrainement (coaching feedback) pousse l’élève à réfléchir à une façon d’améliorer sa performance sans lui montrer explicitement quoi faire, et ce, en utilisant le questionnement stratégique. Ce type de rétroaction est de mise auprès d’élèves qui possèdent déjà une bonne connaissance de l’objet d’apprentissage.

Les élèves et la rétroaction

La façon dont un élève reçoit et perçoit la rétroaction offerte par l’enseignant est déterminante. Par exemple, si la rétroaction affecte l’estime de soi de l’élève ou suscite de la colère ou de la tristesse chez lui, elle ne sera pas efficace. Il ne s’agit pas d’éviter de formuler des critiques aux élèves, mais plutôt de leur faire comprendre que les rétroactions sont utilisées parce que l’enseignant se soucie d’eux et qu’il croit en leur potentiel.

L’usage de la rétroaction doit donc être accompagné de l’instauration d’une relation enseignant-élève de qualité. Il importe également de faire comprendre aux élèves que l’erreur n’est pas quelque chose qu’il faut éviter à tout prix, puisqu’elle fait normalement et essentiellement partie du processus d’apprentissage. La rétroaction est même plus efficace lorsque les élèves commettent des erreurs et qu’ils sont ouverts à apprendre de ces erreurs.

L’erreur est le meilleur professeur

Fixer des objectifs

Selon les propos du guide, la rétroaction devrait être guidée par des objectifs d’apprentissage déterminés à l’avance, et non pas en comparant la performance des élèves lors d’une tâche donnée. Les objectifs peuvent porter sur ce que l’enseignant aimerait que les élèves soient en mesure de faire à la suite d’une leçon, d’une semaine ou d’une étape. Des objectifs personnels peuvent également être proposés aux élèves afin de susciter leur motivation et leur désir de s’améliorer.

Conclusion

Les recherches montrent que la rétroaction est une stratégie efficace pour favoriser la réussite scolaire des élèves. Cette stratégie d’enseignement bonifie également l’évaluation, car en plus d’évaluer l’atteinte des objectifs d’apprentissage chez les élèves, l’enseignant est en mesure d’évaluer l’efficacité de son enseignement et la qualité de ses rétroactions.

[Consultez le guide]

[Traduction en français]

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Dernière modification : 9 février 2017.

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4 commentaires

  1. oui merci pour cette information. Cela faisait longtemps que je souhaitais trouver un terme remplaçant « feedback ».

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  2. Merci. Nous l’avons ajouté aussi à l’article!

    Bruno Hubert, chargé de la veille et du RIRE

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  3. J’utilise la rétroaction dans l’enseignement de l’anglais à l’université de Bordeaux à la grande satisfaction de mes étudiants. Tout se passe en ligne grâce à la plateforme d’apprentissage en ligne Actilablang (nouvelle appellation de l’@genda 2.0) que je développe depuis 8 ans et qui est disponible gratuitement à l’adresse http://www.agenda-2-0.fr ou http://www.actilablang.fr. Les étudiants peuvent à tout moment voir les commentaires que je fais sur leur travail et les façons de l’améliorer. Je vous invite à essayer le logiciel et à utiliser la rétroaction aussi avec moi.

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