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Bilan du 1er Symposium sur le transfert des connaissances en éducation

images (1)Le 1er décembre 2011 se tenait à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) le 1er Symposium sur le transfert des connaissances en éducation, initiative du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et de l’Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’enseignement et la recherche en éducation du Québec (ADEREQ), avec le soutien du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ).

Une centaine de personnes, issues des milieux de la pratique (enseignants, professionnels, directions d’établissement, directions générales de commissions scolaires) et de la recherche, du gouvernement, d’associations professionnelles, d’organismes de transfert et de syndicats, ont été invitées à participer à cet événement.

Des expériences de transfert inspirantes

Six expériences de transfert et de mobilisation ont été présentées aux participants. Ces présentations illustrent la richesse du savoir-faire et l’expertise qui peut se développer lorsque les différents acteurs sont mis à contribution. Les personnes-ressources associées à ces projets sont listées dans le cahier du participant du symposium. Il est aussi possible de consulter les hyperliens proposés pour en savoir plus sur ces projets.

Basé notamment sur La forêt de l’Alphabet, le projet Les premiers apprentissages en lecture au préscolaire – littératie précoce en milieu défavorisé, de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (CSRDN) et l’UQAM, vise à mettre en œuvre un plan d’action pour mieux soutenir l’apprentissage de la lecture dès l’entrée à l’école. Il a aussi pour objectif d’améliorer le niveau en français des élèves arrivant au secondaire dans le secteur de la CSRDN.

La Chaire de recherche de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) sur la réussite et la persévérance des élèves, issue d’un partenariat entre l’Université de Sherbrooke et la CSRS, a présenté le programme Trait d’Union et les conditions de maintien et de réussite du programme de prévention du décrochage scolaire. Résultat d’une recherche collaborative réalisée dans quatre écoles secondaires de la CSRS, ce programme propose un modèle d’accompagnement des élèves à risque de décrochage.

Le projet École et Stratégies, réalisé par le CTREQ et expérimenté entre autres avec la Commission scolaire de la Capitale, propose une démarche de mise en œuvre de stratégies efficaces pour la réussite des élèves. Ce projet vise à accompagner les écoles dans la révision de leurs pratiques, en se basant sur des connaissances issues de la recherche, afin de favoriser la réussite et de prévenir le décrochage.

La trousse d’apprentissage en littératie, de la Commission scolaire English-Montréal et de l’Université Concordia, a favorisé l’utilisation d’outils technologiques dans le but d’améliorer l’apprentissage et les résultats des élèves. Trois logiciels ont été expérimentés : le portfolio électronique réflexif PERLE; le logiciel d’apprentissage de la lecture et de l’écriture ABRACADABRA; et ISIS-21, un outil visant à développer les compétences des élèves pour la recherche d’information.

Le projet de codéveloppement autour des jeux mathématiques, de la Commission scolaire de Montréal et l’Université de Montréal, vise à développer et à consolider les connaissances et les compétences d’élèves de milieux défavorisés, et à motiver ces élèves par l’utilisation de jeux mathématiques issus de différentes cultures. Le projet vise à répondre au besoin de développement d’activités d’enseignement des mathématiques « culturellement justes ».

Le projet Écoles éloignées en réseau, du CEFRIO, propose un modèle d’apprentissage en réseau afin de pallier la problématique des petites écoles éloignées. La Web-conférence en classe et le forum électronique de coélaboration des savoirs facilitent la collaboration d’enseignants et d’élèves éloignés les uns des autres.

Les présentations des expériences de transfert ont permis de mettre en lumière un certain nombre de caractéristiques communes à ces projets. Ces caractéristiques ont été clairement identifiées lors d’un atelier de discussion visant à cerner les conditions gagnantes du transfert de connaissances, les rôles de chacun et les modalités de transfert à privilégier. Les participants ont également proposé des thèmes qui pourraient faire l’objet de projets de transfert.

Les conditions gagnantes

Pour favoriser le transfert et la mobilisation des connaissances en éducation, les milieux de pratique doivent pouvoir compter sur un leadership pédagogique fort et sur l’engagement de tous les membres de l’équipe. Il doit également y avoir cohérence entre l’école et la commission scolaire dans les orientations et les décisions.

Figure1

Pour favoriser l’appropriation des connaissances et le développement de nouvelles pratiques, les praticiens doivent pouvoir assurer leur développement professionnel par des programmes offrant entre autres de l’accompagnement. Le temps est au

ssi jugé essentiel. On a besoin de temps pour réfléchir, collaborer, s’apprivoiser et s’approprier les connaissances ou les pratiques.

Les praticiens doivent avoir accès aux résultats de recherches. Les données probantes doivent être faciles à repérer et les résultats, adaptés aux besoins des milieux de pratique.Quant aux projets de recherche ou de transfert, ils doivent répondre aux besoins des milieux de pratique. Les projets doivent être réalisés 1er-Symposium-Transfert-éducation_RIRE_2012-04-10_VF dans un climat de confiance et de relations égalitaires entre les chercheurs, les intervenants et les gestionnaires, dans une approche de coconstruction des connaissances.

Parmi les autres conditions, mentionnons le besoin dans certaines situations de réaffectation des ressources financières et la reconnaissance des activités de transfert des chercheurs.

Les rôles de chacun

Les enseignants et les professionnels devraient avoir un rôle à jouer dans la diffusion et la transmission des connaissances. Quant aux directions générales de commissions scolaires, elles devraient assurer une vigie dans l’utilisation de ces connaissances.

Les directions d’établissement, les professionnels, les directions générales de commissions scolaires et les représentants du MELS devraient appuyer leurs décisions sur les connaissances issues de la recherche.

Selon les participants, le leadership pédagogique revient aux directions d’établissement, les directions générales de commissions scolaires étant responsables de la mobilisation des directions d’établissement.

Figure2
Plusieurs acteurs estiment avoir un rôle de sensibilisation à l’utilisation des connaissances issues de la recherche et au transfert, notamment : les associations, les universités, le MELS, les organismes subventionnaires et de transfert. Le MELS devrait collaborer avec les universités afin qu’elles intègrent l’utilisation des connaissances aux programmes de formation initiale.

Le MELS, les organismes de transfert et les organismes subventionnaires devraient aussi travailler de concert avec les universités pour amener une reconnaissance du transfert dans leurs fonctions.

Enfin, le MELS devrait avoir un rôle à jouer dans l’identification des problématiques et leur priorisation, ainsi que dans l’adaptation des connaissances diffusées par le ministère.

Quelles seraient les modalités de transfert à privilégier?

Les modalités de transfert ont été regroupées en 5 étapes basées sur les travaux de Réjean Landry, de l’Université Laval et ses collaborateurs, sur le transfert de connaissances en éducation.

    1. Production des connaissances : procéder à l’identification des problèmes et à l’analyse des besoins pour déterminer ensuite les thèmes de projets de transfert; privilégier des modalités qui favorisent les rapports égalitaires entre chercheurs et praticiens; développer des partenariats entre chercheurs et commissions scolaires; développer les collaborations entre les chercheurs (interdisciplinarité de la recherche).
    2. Adaptation des connaissances : adapter les résultats de la recherche au langage des milieux de pratique (vulgariser, faire des synthèses, faire ressortir les conclusions des recherches).
      3. Diffusion des connaissances : faire connaitre les bonnes pratiques dans un service de veille tel que le

Réseau d’information pour la réussite éducative

    (RIRE); privilégier les communautés de pratique et les communautés d’apprentissage; intégrer la communauté anglophone au réseau de diffusion des connaissances.
    4. Adoption des connaissances (décision d’utiliser une connaissance) : offrir des formations et assurer un leadership pédagogique fort pour développer la culture du transfert; évaluer les impacts d’un modèle ou d’une approche avant de l’implanter dans tous les établissements; donner accès aux résultats des recherches et à leurs effets; développer des outils facilitant l’identification des données probantes; faciliter la collaboration avec les chercheurs (rencontres entre chercheurs et praticiens; tables de concertation).

Figure3

    5. Appropriation (intégration d’une connaissance à une pratique) : offrir une période de temps suffisamment longue pour permettre aux enseignants d’intégrer les nouvelles connaissances; assurer une stabilité dans les modalités de transfert pour soutenir les changements de pratique; développer des moyens facilitant les échanges et la réflexion entre les praticiens (communautés de pratique, communautés d’apprentissage, formation); attribuer à un employé un rôle d’agent du transfert pour « donner du sens » aux connaissances et assurer la diffusion des expériences de transfert sur ce plan.

Les thématiques à privilégier

Les participants ont identifié les thèmes à privilégier pour la réalisation de projets de transfert. Certains thèmes sont liés aux pratiques de gestion : le leadership; les pratiques gagnantes en lien avec les écoles efficaces; la direction de plusieurs écoles; les tâches et les impacts des enseignants ressources; la transition primaire-secondaire. On suggère aussi des projets liés aux plans de réussite et aux objectifs spécifiques des commissions scolaires. Les services aux élèves à risque sont aussi mentionnés : littératie et numératie en milieu défavorisé; anglais intensif.

Du côté de la pratique, plusieurs thèmes sont liés aux pratiques pédagogiques : la littératie et la numératie; le développement du potentiel de chacun; l’apprentissage selon le genre; les modes d’apprentissage; les pratiques efficaces en lien avec les problèmes de comportement; le développement du cerveau et la neuroéducation; le développement des adolescents; l’utilisation des tableaux blancs interactifs. On suggère aussi les relations maître-élèves, les relations parents-école et l’engagement des parents.

Concernant les élèves, on suggère des projets sur les habiletés sociales, les relations sociales des adolescents, les réseaux sociaux, la violence à l’école, la motivation, le décrochage et le raccrochage ainsi que sur les élèves en échec.

Un groupe de concertation

Figure4

Lors du symposium, Gilles Charland, sous-ministre adjoint au MELS, a annoncé la création d’un comité de concertation pour le transfert des connaissances en éducation, rassemblant des représentants des milieux gouvernemental, universitaire et collégial, ainsi que des représentants des commissions scolaires. Ce groupe de concertation aura le mandat de développer une vision globale des activités de transfert des connaissances au Québec afin de favoriser les initiatives complémentaires et de les faire connaître. Il aura aussi le mandat de mettre en œuvre le 2e Symposium sur le transfert des connaissances en éducation. Le leadership de ce groupe a été confié au CTREQ, compte tenu de sa mission.

Dernière modification : 8 janvier 2015.

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2 commentaires

  1. Par Nouvelles du REFAD le 23 avril 2012 à 20:04
  2. Par Les retombées positives du transfert de connaissances | Partageons nos savoirs le 21 septembre 2012 à 13:27

    [...] Symposium : le développement de la culture du transfert [...]

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