L’anxiété, un trouble qui affecte plus de jeunes que l’on pense

Lecture : 3 min.
Mis à jour le 01 Fév 2022

La gestion de l’anxiété est l’un des nouveaux enjeux qui occupent une place grandissante dans les écoles du Québec. De plus en plus de jeunes font face à ce trouble qui engendre plusieurs conséquences sur le plan scolaire. L’anxiété peut être définie comme un sentiment d’inconfort qu’éprouve une personne vis-à-vis d’une situation susceptible de causer une crainte (Marion, 2020). L’élève qui vit de l’anxiété est affecté dans sa dimension cognitive, sa dimension affective et émotionnelle ainsi que dans sa dimension comportementale.

Anxiété

Source de l’image: Shutterstock

Il existe deux types d’anxiété, soit l’anxiété-état et l’anxiété-trait.

  • L’anxiété-état se manifeste lorsqu’un certain événement génère un malaise, une situation inconfortable chez la personne (Marion, 2020).
  • L’anxiété-trait est plutôt une peur persistante profondément ancrée chez l’individu (Marion, 2020).

Voici les trois dimensions de l’anxiété expliquées plus en profondeur.

  • En ce qui a trait à la dimension cognitive, l’élève qui vit de l’anxiété peut éprouver des difficultés d’apprentissage. Ces difficultés découlent d’une capacité d’attention réduite (Marion, 2020). En effet, l’enfant porte davantage son attention sur l’environnement qui peut menacer son bien-être.

Par exemple, il sera plus alerte au bruit de la classe, comme un autre élève qui joue avec son crayon ou quelqu’un qui circule dans le corridor. Il est donc moins attentif aux notions enseignées. Un autre aspect qui peut perturber l’attention de l’élève en classe est les pensées distractives engendrées aussi par ce trouble psychique.

  • La dimension affective et émotionnelle se trouve aussi perturbée par l’anxiété. Effectivement, l’élève anxieux a moins d’habiletés relationnelles et une faible compréhension de ses émotions (Marion, 2020).

Par exemple, l’élève sera incapable de mettre des mots sur ses sentiments et aura tendance à s’isoler et à éviter des situations qu’il envisage déplaisantes.

  • L’anxiété vient aussi jouer sur la dimension comportementale de l’élève. Les comportements observables d’un élève anxieux peuvent se traduire par de l’opposition et de l’agressivité. Toutefois, cet élève a aussi des comportements intériorisés comme la peur des autres, la passivité, la crainte d’événements, etc.

Les effets de l’anxiété sur ces dimensions varient en fonction de différents aspects de la vie de l’élève : son environnement social et scolaire, les attentes des parents, la relaxation, le type d’anxiété, l’autorégulation et les comportements adoptés par l’enseignant.

Lorsque les trois dimensions ne sont pas affectées par l’anxiété, l’élève connaît un meilleur engagement scolaire et veut participer en classe. Dans cet ordre d’idées, l’anxiété vient donc jouer un rôle indirect sur l’engagement scolaire et la participation de l’élève touché par ce trouble (Marion, 2020).

En conclusion

Le rôle de l’enseignant est de créer un environnement calme et agréable en classe afin de réduire le plus possible le degré d’anxiété chez les élèves et, ainsi, favoriser l’engagement scolaire et la participation de tous. L’enseignant doit aussi rester informé sur le sujet, puisque l’anxiété fait encore l’objet de plusieurs recherches intéressantes et pertinentes.

Si vous êtes un enseignant ou un parent et si vous désirez en apprendre davantage sur le sujet, voici un lien qui présente quelques pistes pour réduire le niveau de stress chez un enfant d’âge primaire; les capsules sont animées par Caroline Marion, docteure en éducation-psychologie : https://periscope-r.quebec/en/node/907.

Référence

Marion, C. (2020). L’anxiété et ses effets sur l’engagement scolaire. https://periscope-r.quebec/sites/default/files/article_1er_bien_etre_eleves_les_moyens_carolinemarion_10avril2020.pdf

Pour en savoir plus…

Comprendre l’anxiété des enfants

Le stress et l’anxiété des enfants à l’école

L’anxiété – Dossier thématique

Articles similaires

Alimentation : les enfants « difficiles » souffrent-ils d’un trouble alimentaire?

Cette étude menée auprès d’enfants de 2 à 5 ans porte sur le lien entre les problèmes d’anxiété et les enfants qui sont très sélectifs dans les aliments qu’ils consomment, couramment appelés les enfants difficiles. Selon les résultats de l’étude, ces enfants auraient deux fois plus de risque de développer des problèmes d’anxiété, des problèmes […]

Voir l’article

Hors-Piste : parce que la prévention des troubles anxieux des jeunes est plus importante que jamais!

Le programme Hors-Piste pour la prévention des troubles anxieux, qui est aujourd’hui déployé dans plusieurs écoles secondaires du Québec, constitue une démarche novatrice et un pas dans la bonne direction.

Voir l’article

Écrire pour vaincre l’anxiété des mathématiques

Les mathématiques représentent souvent une source d’anxiété pour les étudiants, peu importe leurs aptitudes pour cette matière. Cette peur viendrait souvent d’un moment marquant dans la vie des élèves.   par Anne-Marie Grondin [La peur des mathématiques] Paul McCreary, détenteur d’un Ph. D. en mathématiques de l’Université de l’Illinois et d’une maîtrise en éducation de […]

Voir l’article

L’anxiété des mathématiques : quand les maths font mal

Les gens souffrant de haut niveau d’anxiété évaluative mentionnent souvent des symptômes de tension, d’appréhension, de peur et même de douleur physique. L’équipe de chercheurs a vu ici une opportunité de mieux comprendre comment l’humain peut ressentir de la douleur dans une situation ne présentant pas de risque physique.

Voir l’article

Commentaires et évaluations

Contribuez à l’appréciation collective

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *