Comment la pandémie touche-t-elle les tout-petits et leur famille ?

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Les tout-petits ont été touchés par la pandémie, surtout ceux qui sont issus de familles à risque ou de milieux défavorisés. L’Observatoire des tout-petits l’a constaté à la lumière des études réalisées sur le sujet et d’un sondage mené auprès des parents. En effet, on rapporte que la pandémie a eu des impacts indirects, mais réels sur les tout-petits en raison du stress vécu par ces familles et à cause de leurs conditions de vie. Découvrez dans cet article l’ensemble des résultats recueillis par l’Observatoire.

Texte rédigé à partir du contenu de la conférence de Marilou Denault, conseillère principale, communications et affaires publiques, à l’Observatoire des tout-petits, tenue lors du colloque virtuel Bilan d’une année scolaire en contexte de pandémie, organisé par la Fondation Jasmin Roy et Sophie Desmarais.

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Qui sont les plus touchés ?

  • Les familles en situation de vulnérabilité et de précarité financière.
  • Les familles aux prises avec des situations de stress, en particulier lorsque le stress est lié à la situation financière du ménage.

Un sondage auprès des familles

Pour colliger des données sur les familles québécoises dans le contexte de la COVID-19, l’Observatoire des tout-petits a mené un sondage portant sur les situations vécues par ces familles. Le sondage a été réalisé entre le 29 octobre et le 2 novembre 2020, et plus de 501 parents d’enfants âgés de 0 à 5 ans ont été interrogés.

Les impacts sur les familles

L’Observatoire rapporte que 75% des répondants affirment que la pandémie a eu un effet positif sur leur capacité à accorder du temps à leur enfant. Puisque le temps que le parent passe avec son enfant favorise la création d’un lien d’attachement sécurisant, qui est essentiel pour le développement et l’estime de soi de l’enfant, il s’agit d’une bonne nouvelle. Toutefois, pour favoriser le développement de ce lien d’attachement, il est important que le temps accordé aux enfants soit de qualité. « Le contexte hors du commun auquel sont confrontés les parents au Québec engendre de nombreuses sources de stress supplémentaires qui peuvent avoir des impacts néfastes tant sur la santé mentale des parents que sur le développement des tout-petits», a rappelé Marilou Denault, lors de la conférence.

En effet, les résultats révèlent que 68 % des parents interrogés estiment qu’être un parent comporte maintenant plus de défis qu’avant la pandémie. On mentionne aussi que les sources de stress et d’insécurité financière et alimentaire ont fait partie de la réalité des familles ayant des revenus plus modestes. Cela s’illustre bien dans les réponses récoltées, car l’Observatoire indique que plus le revenu des familles diminue, plus le stress vécu par les parents sondé augmente. Un ménage dont le revenu annuel brut est inférieur à 40 000$ vivrait un stress élevé dans une proportion de 69 %. Aussi, on précise que les femmes vivraient davantage de stress (56 %) comparativement aux hommes (44 %).

Des études rapportent une baisse générale des indices de santé mentale chez les parents depuis le mois d’avril 2020. Cette situation se répercute sur les tout-petits, de manière indirecte, par la réduction des interactions de qualité, par exemple.

La pauvreté et le développement des tout-petits

En 2020, un nombre record d’emplois a été perdu et les demandes d’aide des Québécois auprès des banques alimentaires a augmenté de plus de 30% au début de la pandémie[1]. Les inégalités économiques se sont vraisemblablement accrues. Les familles au statut déjà précaire se sont trouvées dans des situations équivalentes ou se sont détériorées.

Une étude de l’Université de Dalhousie a d’ailleurs montré que ce type de précarité et de stress économiques est associé à une augmentation de l’anxiété chez les filles et à de l’hyperactivité chez les garçons. L’Observatoire note dans son sondage des résultats qui vont aussi en ce sens. Les parents interrogés rapportaient une hausse de l’irritabilité des enfants (39 %), une augmentation de l’agitation (34 %) et le fait que les enfants pleuraient davantage (23 %).

Sur le plan du soutien aux familles, l’étude révèle que leur réseau de soutien (amis, membres de la famille) était moins disponible et que plus des trois quarts (79 %) de ces familles affirment n’avoir jamais fait appel aux ressources mises à leur disposition.

Conclusion

Le coup de sonde de l’Observatoire met en lumière à quel point la crise sanitaire sans précédent qui frappe le Québec a et continuera d’avoir des effets majeurs sur les tout-petits et leurs parents. Bien qu’elle ait notamment contribué à modifier favorablement le rythme de vie de plusieurs familles, les résultats démontrent que la pandémie a multiplié les sources de stress pour les parents. En réponse, plusieurs initiatives issues de la communauté ont été déployées pour tenter, notamment, de soulager la précarité alimentaire de ces familles. Par exemple, on note la coopérative Panier futé qui a distribué des denrées ou encore les chefs de plusieurs restaurants, qui sont sortis de leur confinement pour fabriquer et acheminer plus de 800 000 repas grâce aux Cuisines Solidaires de La Tablée des Chefs​. En conclusion, l’Observatoire rappelle que les politiques publiques peuvent agir pour permettre d’alléger les sources de stress des familles et améliorer leurs conditions de vie.

[1] Banques alimentaires du Québec, Rapport d’étape COVID-19 de mars à juin 2020.

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Dernière modification : 30 juin 2021.

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