Les comportements perturbateurs à l’école : mieux les connaître pour mieux intervenir (2009) [version résumée]

par Marie-Ève Lacroix et Pierre Potvin, Université du Québec à Trois-Rivières

Les nombreuses manifestations de difficultés d’ordre comportemental chez les élèves constituent une préoccupation importante pour les acteurs des milieux scolaires. Mais si la question a fait l’objet de nombreuses recherches, il n’est toujours pas aisé de distinguer les problèmes de comportement, observés chez les élèves dits « à risque », des troubles de comportement proprement dits. Les diverses difficultés vécues par les élèves peuvent être extériorisées (agressivité, etc.) ou intériorisées (isolement, anxiété, etc.) ; nous n’aborderons ici que les premières.

Considérés comme passagers, les problèmes de comportement apparaissent souvent chez un jeune vivant une situation particulière, dans sa vie scolaire ou personnelle ; son indiscipline, ses provocations, ses absences seront la réaction à une série d’échecs, au divorce des parents ou tout simplement une façon de vivre sa crise d’adolescence. Une aide ponctuelle devra lui être offerte.

Considérés comme plus sérieux et plus profonds, les troubles de comportement affectent simultanément plusieurs sphères de la vie de l’élève, qui intégrera à son fonctionnement psychologique les répercussions de ses difficultés et pourra également présenter un problème de santé mentale, voire un double diagnostic (comorbidité). Les conduites des jeunes qui présentent de réels troubles du comportement se distinguent des précédentes par leur durée, leur intensité, leur sévérité, leur persistance et leur fréquence. On comprend que ces troubles puissent devenir chroniques et de plus en plus difficiles à traiter. Voilà pourquoi il faut prévoir des interventions ciblées et soutenues.

Les problèmes de comportement

Les élèves présentant des problèmes de comportement peuvent perturber le climat de classe ou encore refuser de travailler. De plus, ces derniers peuvent aussi affecter le climat scolaire en général en affichant des comportements violents ou d’intimidation, ou même en consommant de l’alcool ou des drogues. Ces comportements peuvent être les contrecoups de problèmes vécus dans leurs relations sociales et familiales.

L’agressivité devient problématique lorsqu’elle est utilisée systématiquement pour entrer en relation avec les autres. Nous parlons alors de violence (le désir de blesser autrui). L’intidimidation est l’une des principales formes de violence répertoriées en milieu scolaire. Répétitive et se déroulant sur une longue période de temps, l’intimidation est aussi caractérisée par un rapport de force inégal entre l’intimidateur et la victime.

Il arrive que certains élèves se présentent à l’école intoxiqués (alcool ou drogues), s’absentent de l’école pour consommer, ou commettent des délits. Cependant, seule une minorité de jeunes présentent un réel problème de dépendance ou ont intégré la délinquance comme mode de vie. Souvent, d’ailleurs, ils seront aux prises avec les deux problèmes. La prévention, le dépistage et l’intervention précoces demeurent les meilleurs alliés des intervenants.

Les troubles de comportement

Les trois principaux troubles de comportement rencontrés dans les milieux scolaires sont le trouble des conduites (TC), le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) et le trouble de déficit d’attention/hyperactivité (TDAH). L’agression envers une personne ou un animal, la destruction de biens matériels, le vol ou la violation grave des règles établies caractérisent le TC. Le TOP correspond à un ensemble de comportements négativistes, hostiles ou provocateurs et persistants, mais sans violation des lois ou des droits d’autrui. Quant au TDAH, bien involontaire, il peut prendre trois formes selon la prédominance de l’inattention (et la difficulté à s’organiser), de l’impulsivité et de l’hyperactivité (bougeotte, fébrilité), ou la présence de toutes ces caractéristiques. Notons que la comorbidité est fréquente entre ces trois troubles de comportement.

Conclusion

Si les problèmes de comportement s’estompent graduellement à la suite d’une intervention, les troubles de comportement nécessitent des interventions majeures auprès du jeune et de son entourage. Dans un cas comme dans l’autre, les manifestations du trouble ou des problèmes de comportement contribuent à miner le climat éducatif. Mais, au-delà du traitement des symptômes, il convient de s’interroger sur les causes de ces comportements qui peuvent être liées à des difficultés importantes vécues sur d’autres plans que sur le plan scolaire. En fait, par leurs comportements perturbateurs, les jeunes nous disent qu’ils ont besoin d’aide et de soutien.

(Pour lire la version intégrale de ce texte, incluant les références bibliographiques, cliquez sur ce lien.)

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)