Que disent les neurosciences sur les aptitudes des filles et des garçons en mathématiques ?

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Une croyance populaire veut que les garçons soient naturellement meilleurs en mathématiques. Toutefois, cette conception pourrait être erronée. En effet, des études ont été menées au cours des dernières décennies pour cerner les différences entre les genres par rapport aux mathématiques. Plusieurs se sont restreintes à étudier la manière dont divers paramètres sociaux et culturels pouvaient influencer les élèves de tout âge vis-à-vis des mathématiques. Mais qu’en disent les neurosciences ?

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Le cerveau en action

Les chercheuses Alyssa Kersey, Kelsey Csumitta et Jessica Cantlon (2019) ont mesuré les activités du cerveau d’enfants de 3 à 10 ans pour être en mesure d’étudier les aptitudes biologiques des filles et des garçons à faire des mathématiques. Les chercheuses indiquent que les études effectuées jusqu’à présent ont du mal à départager l’influence des aptitudes biologiques et des facteurs socioculturels en rapport avec les écarts observés entre les genres dans leur participation dans les domaines des sciences, des technologies et des mathématiques. Pour y arriver, ces chercheuses ont observé les activités cérébrales de 104 enfants en utilisant l’imagerie par résonance magnétique alors que ceux-ci regardaient des vidéos portant sur les mathématiques.

Ce qu’indique le cerveau

En étudiant les images fournies lors des tests, il s’avère que les enfants présentaient des activités cérébrales statistiquement analogues dans l’ensemble de leur cerveau, filles et garçons. Ce résultat suggère que le développement neural pour les mathématiques se déroulerait de manière similaire chez les deux sexes.

En outre, en s’attardant aux différentes régions du cerveau sollicitées lors de l’apprentissage des mathématiques, les chercheuses ont remarqué des équivalences statistiques. Cela veut dire que les régions du cerveau où s’effectue la compréhension de concepts mathématiques s’activent de manière semblable. Donc, les filles et les garçons développeraient les mêmes degrés d’aptitudes pour le traitement des mathématiques.

Finalement, les chercheuses ont examiné les différences possibles entre les individus du même sexe, afin de détecter des variations sur l’ensemble de l’activité du cerveau. Par la suite, elles ont comparé ces deux mesures de variations. Ces tests indiquent qu’il n’y a pas de grande disparité entre les individus du même sexe et entre les filles et les garçons, lorsqu’il s’agit des zones du cerveau sollicitées.

Les résultats de cette étude indiquent que le cerveau des filles et des garçons fonctionne de manière similaire lorsqu’ils sont exposés à des concepts mathématiques. Cela appuie d’ailleurs d’autres études qui constatent des similitudes dans la cognition des enfants, indépendamment de leur sexe. Il apparaît donc que les différences d’aptitudes des filles en sciences, en technologies et en mathématiques seraient plutôt le résultat d’une construction sociale.

Conclusion

La biologie et le fonctionnement du cerveau ne seraient pas en cause pour expliquer les différences observées entre les filles et les garçons quant à leurs aptitudes ou leurs talents pour les mathématiques. Il faudrait plutôt s’interroger sur l’environnement d’apprentissage ainsi que sur la façon dont on interagit avec les enfants. Le mythe selon lequel les garçons sont meilleurs en mathématiques pourrait influencer la manière dont les parents, l’entourage et le personnel scolaire les valorisent et les encouragent dans ce domaine.

Référence

Kersey, A., Csumitta, K. et Cantlon, J. (2019). Gender similarities in the brain during mathematics development. Science of Learning, 4. Repéré à  https://www.nature.com/articles/s41539-019-0057-x

Pour aller plus loin…

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Dernière modification : 6 avril 2021.

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