L’impact de la COVID-19 sur le milieu scolaire québécois

Temps approximatif de lecture : 3 à 4 minutes

Au pic de la première vague, 1,5 milliard d’apprenants évoluaient dans des systèmes d’éducation ayant complètement fermé leurs institutions et 166 pays avaient complètement fermé toutes leurs institutions (écoles et universités). L’actuelle pandémie révèle la fragilité de plusieurs systèmes éducatifs. C’est dans cette optique de fragilité que trois chercheurs de la Chaire UNESCO de développement curriculaire se sont penchés sur l’impact de la COVID-19 sur le milieu scolaire québécois.

Texte rédigé à partir du contenu de la conférence de Patrick Charland, d’Olivier Arvisais et de Tegwen Gadais (Université du Québec à Montréal et Chaire UNESCO de développement curriculaire).

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Le colloque Bilan d’une rentrée scolaire en contexte de pandémie, organisé par la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais, en collaboration avec le Comité québécois pour les jeunes en difficulté de comportement (CQJDQ), sous l’égide de la Commission canadienne de l’UNESCO, s’est tenu le 24 novembre 2020.

L’impact d’une crise sur les systèmes éducatifs

Le regard global sur la crise a mené la réflexion sur le rôle de l’école sur ce qu’elle est, sur son utilité et sur sa réouverture. L’UNESCO soutient que les conséquences de cette crise sont majeures :

  • Interruption de l’apprentissage ;
  • Enjeux de sécurité alimentaire ;
  • Réduction du filet de protection des enfants ;
  • Manque de préparation des parents quant à la scolarisation à la maison ;
  • Exacerbation des inégalités sociales ;
  • Coûts économiques liés à l’arrêt forcé de travail des parents ;
  • Risque d’augmentation des taux de décrochage.

L’école a certes le rôle d’instruire et de qualifier, mais elle joue un rôle important dans la socialisation des enfants et des adolescents. L’école possède également un rôle de protection des enfants vulnérables puisqu’elle fournit un filet de sécurité, un soutien alimentaire, des services de soutien à l’élève (ex. : orthopédagogie, psychologie, éducation spécialisée, etc.) et une protection de la jeunesse. La priorité, même en temps de crise, devrait être de garder les écoles ouvertes, surtout que la fermeture des écoles primaires et secondaire ne semble pas avoir eu un effet important sur le ralentissement de la transmission de la maladie.

Les impacts documentés de la COVID-19 sur les élèves

À l’heure actuelle, voici ce qu’il est possible de dégager :

  • La COVID-19 exacerbe les inégalités éducatives ;
  • La réduction du temps d’instruction est intimement liée à une perte d’apprentissage. Un arrêt d’environ cinq mois peut provoquer une perte de plus d’une demi-année scolaire pour l’élève moyen ;
  • On peut s’attendre à un recul de 63 % à 68 % en lecture et à un recul de 37 % à 50 % en mathématiques. D’ailleurs, plus les élèves sont jeunes, plus le recul est susceptible d’être important .

Les élèves dans les systèmes éducatifs à faibles revenus ont été fortement défavorisés quant à l’accès à l’apprentissage à distance (enjeux d’équipements et de connexions), à l’accès à des modalités de continuité pédagogique et aux politiques de retour à l’école dites « sécuritaires » (peu de budgets quant aux mesures sanitaires).

On s’aperçoit également que certains élèves ont besoin d’un soutien linguistique et qu’il y a un recul dans les capacités de résolution de problème, dans la conception du nombre (numératie) ainsi que dans la fluidité et la compréhension de lecture (littératie). Les enseignants font aussi face à des difficultés en ce qui a trait à la gestion de classe (capacité à s’organiser, autonomie, concentration, attention, engagement et insécurité des élèves).

Les impacts documentés de la COVID-19 sur les enseignants

Selon l’UNESCO, le contexte de pandémie affecte également les enseignants :

  • Diminution du sentiment d’efficacité professionnel ;
  • Démultiplication des ressources sur l’enseignement en ligne qui rend difficile l’accent sur ce qui est réellement important ;
  • Difficultés de conciliation entre le travail et la famille ;
  • Lacunes dans les compétences pour mener les tâches à distance ;
  • Aucune aide pour le retour en classe ;
  • Dégradation de la santé psychologique .

La CUDC évaluera, lors de la prochaine phase de l’étude en cours, les impacts de la COVID-19 dans trois centres de services scolaires (CSS) du primaire et du secondaire, et ce, dans une perspective liée à l’apprentissage et aux pratiques pédagogiques.

Enjeux et pistes de recommandations

Le plein air comme solution

Avec comme mots d’ordre dans les écoles sécurité, santé et bien-être, l’utilisation des espaces extérieurs présente de très nombreux avantages et bénéfices :

  • Facilite la distanciation physique et la circulation d’air ;
  • Favorise l’activité physique ;
  • Favorise le bien-être et la santé mentale ;
  • Contribue à la diminution du stress et de l’anxiété ;
  • Garder une expérience positive de l’école malgré les nouvelles restrictions .

Faire la classe dehors, c’est offrir des moments de partage, de détente, de plaisir et de liberté, lesquels contribueront à cultiver un lien positif entre les élèves et leur école.

Les priorités curriculaires et les finalités de l’éducation

Considérant l’ensemble des constats présentés, il y a lieu d’établir des priorités curriculaires claires, à savoir ce qui est important dans chaque matière et ce sur quoi les enseignants doivent insister avec leurs élèves.

Les observations dans les réseaux enseignants amènent à constater des tensions quant aux finalités de l’évaluation des apprentissages. L’évaluation a deux dimensions : soutenir les apprentissages et témoigner des acquis. L’établissement d’orientations évaluatives claires aidera assurément les enseignants qui devront prendre des décisions professionnelles dans un contexte jamais vu auparavant et pour lequel il pourrait y avoir des enjeux d’inégalités à la lumière des décisions qui seront prises.

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Dernière modification : 14 mars 2021.

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Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)