Facteurs de persévérance scolaire postsecondaire : le cas de l’Ontario

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Le dernier rapport du Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur, intitulé La réussite au secondaire et l’accès aux études postsecondaires, fait ressortir les facteurs déterminants de la poursuite aux études supérieures des élèves du secondaire. Bien que le Canada soit considéré comme un bon élève par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en termes de qualifications, est-il rapporté dans des enquêtes, plusieurs défis restent à relever pour atteindre l’équité d’accès aux études collégiales et universitaires. En outre, ce rapport dévoile les liens entre les différents facteurs de persévérance postsecondaire, comme le revenu parental.

Photo by COD Newsroom on Foter.com / CC BY

Plusieurs études recensent une sous-représentation de certains groupes sociaux au niveau postsecondaire, voire leur prépondérance à décrocher pendant le secondaire (Robson, Anisef, Brown et Parekh, 2014; Finnie, Childs et Wismer, 2011). Le point de départ de la recherche menée par les professeurs Karen Robson (Université McMaster), Reana Maier (Université McMaster) et Paul Anisef (Université de York) se situait dans la nécessité de compléter les données existantes sur le lien entre la réussite au niveau secondaire et la persévérance postsecondaire. Pour ce faire, deux cohortes du secondaire du Toronto District School Board ont été suivies et examinées afin de relever des indications de facteurs décisifs dans la persévérance. Plusieurs paramètres ont été pris en considération, dont le revenu du ménage, le niveau d’études des parents ainsi que l’origine ethnique et le quartier des élèves interrogés.

« Karen Robson est professeure agrégée de sociologie à l’Université McMaster et titulaire de la Chaire de recherche sur la réussite scolaire et les jeunes à risque de l’Ontario. Reana Maier est boursière de recherches postdoctorales au Département de sociologie de l’Université McMaster. Paul Anisef est professeur émérite de sociologie à l’Université York. Robert S. Brown est coordonnateur de la recherche au Toronto District School Board. »  (Robson et al., 2019, p. 1)

Moins d’entraves structurelles à terminer son secondaire

Les données recueillies permettent aux chercheurs d’affirmer un effacement des obstacles structurels à la réussite au secondaire et à la poursuite au collégial. Le revenu ou le niveau de scolarisation des parents ainsi que l’absentéisme ont une importance statistique marginale dans ces cas. Aucun facteur ne contribuerait directement au phénomène.

Une piste de réponse pour expliquer ce constat est la mise en place de la Stratégie visant la réussite des élèves et l’apprentissage jusqu’à l’âge de 18 ans du ministère de l’Éducation de l’Ontario. En identifiant les élèves qui risquent de décrocher, les enseignants peuvent leur offrir une solution de rechange en matière d’horaire, de charge de travail ou de milieu scolaire, afin de les inciter à persévérer. Cette mesure a certainement contribué à atténuer les entraves structurelles nuisant à la réussite des élèves.

Qu’en est-il des besoins spéciaux?

Les résultats obtenus permettent aussi aux chercheurs d’affirmer que les besoins spéciaux en éducation ont un effet sur la persévérance des élèves. D’une part, la probabilité qu’un élève ayant des besoins spéciaux s’abstienne de déposer une demande d’admission au collégial est restée la même dans les dernières années. On n’a donc vu aucune amélioration sur ce plan. D’autre part, il semble que les élèves ayant des besoins spéciaux ont une plus grande probabilité d’arrêter leur scolarité au niveau collégial par rapport aux élèves n’ayant pas de besoins spéciaux. Effectivement, les chercheurs ont remarqué une diminution de la fréquentation d’un établissement de niveau universitaire parmi ces mêmes élèves.

Source : Robson et al., 2019, p. 32

Revenu du ménage, lieu d’habitation et niveau de scolarisation des parents

Certains autres facteurs ont eu aussi leur importance dans la persévérance aux études postsecondaires : le revenu du ménage et le quartier dans lequel l’élève habite ou habitait. Il faut néanmoins nuancer ces affirmations, car il semble que les données à ce sujet n’étaient pas statistiquement significatives pour en déduire que l’élève n’obtiendrait pas son diplôme d’étude secondaire ou ne serait pas admis au niveau collégial. Néanmoins, lorsqu’on en vient aux études universitaires, il semble que le revenu du ménage et le lieu d’habitation ont une importance dans le calcul de la prévalence des élèves à poursuivre leurs études. Ainsi, ces deux facteurs comptent pour prédire l’admission des étudiants à l’université et la fréquentation universitaire. C’est aussi le cas en ce qui concerne le niveau de scolarisation des parents, facteur qui semble avoir une influence plutôt forte sur la probabilité de fréquentation universitaire.

Une différence de classes encore persistante

Ainsi, le rapport souligne que « la divergence entre les prédicteurs de l’obtention d’un diplôme d’études secondaires et de la confirmation d’études collégiales et les confirmations d’études universitaires est également révélatrice dans la mesure où elle donne à penser que de véritables différences entre les classes sociales sont maintenues en ce qui concerne les confirmations d’études universitaires » (Robson et al., 2019, p. 53). En somme, le rapport soulève de bonnes et mauvaises nouvelles en ce qui concerne la persévérance scolaire au niveau postsecondaire, mais il semble que l’influence des parents (et leur niveau de scolarisation) soit un facteur manifeste en ce qui a trait à la fréquentation universitaire.

 

Référence

Robson, K., Maier, R., Anisef, P. et Brown, R. S. (2019). La réussite au secondaire et l’accès aux études postsecondaires. Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur. http://www.heqco.ca/SiteCollectionDocuments/Formatted%20CRP%20report-f.pdf

 

Pour aller plus loin…

 

 

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Dernière modification : 24 novembre 2020.

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