Transition du préscolaire au primaire

Le passage du préscolaire au primaire constitue un moment clé dans la vie des enfants et de leur famille. Différents changements surviennent dans l’aménagement de l’espace, l’organisation du temps et l’environnement pédagogique, qui devient plus formel. Ces bouleversements ont souvent une incidence sur l’adaptation sociale et scolaire des enfants, ce qui peut influer sur leur réussite éducative.

par Lise Santerre

Stéphanie Duval et Caroline Bouchard se sont intéressées à l’importance que les enseignantes de première année du primaire accordent, d’une part, aux pratiques de transition de l’éducation préscolaire à l’enseignement primaire et, d’autre part, au nombre de pratiques mises en place. Elles ont examiné, entre autres, le lien entre ces deux éléments et les capacités d’ajustement socioscolaire des élèves concernés[1].

Les pratiques de transition

Ces pratiques constituent des interventions adaptées aux besoins des enfants que l’on met en œuvre dans le but de les accompagner et de faciliter leur passage à un nouvel environnement physique, social et humain.

Quelques exemples : rentrée progressive, journée portes ouvertes, rencontre avec les parents avant la rentrée scolaire, visite de la future école par les enfants, partage d’informations sur les enfants entre les enseignantes, atelier d’observation des enfants de maternelle par le personnel scolaire, activités de préparation à la transition en classe de maternelle.

L’étude réalisée par Bouchard et Duval a porté sur un échantillon de soixante-dix-huit enfants et de cinq enseignants de première année de deux écoles. La collecte des données a été réalisée grâce aux trois outils suivants :

  1. Un premier questionnaire sur les caractéristiques professionnelles des enseignantes;
  2. Un second questionnaire sur l’importance qu’elles accordent aux pratiques de transition;
  3. Des entrevues avec elles.

Un questionnaire a aussi été rempli par trente-cinq parents volontaires (parents des enfants participants).

L’importance accordée à chaque pratique de transition et leur nombre

Sur une douzaine de pratiques qui leur ont été présentées, les enseignantes ayant participé à la recherche auraient mis en place six pratiques de transition en moyenne, selon les résultats obtenus. Toutes auraient implanté les pratiques suivantes :

  • Évaluer et réfléchir aux activités de transition;
  • Expliquer aux parents les modalités de communication;
  • Mobiliser rapidement, s’il y a lieu, les intervenants concernés pour l’élaboration d’un plan de services individualisé (PSI).

Les enseignantes considèrent les pratiques de transition comme tout à fait importantes. Seule la rencontre individuelle avec les parents est considérée par ces enseignantes comme étant de moindre importance.

Concernant le nombre des pratiques introduites par les enseignantes dans leur classe, les chercheuses ont constaté que plus les enseignantes accordent de l’importance aux pratiques de transition, plus elles ont tendance à en implanter.

La relation entre l’importance accordée aux pratiques de transition et l’ajustement des élèves

Les données montrent que l’importance qu’accordent les enseignantes aux pratiques de transition et le nombre des pratiques qu’elles mettent en œuvre dans leur classe ont une influence sur l’ajustement socioscolaire des élèves lors de leur passage de la maternelle au primaire. Toutefois, nuancent les chercheuses, il convient de s’interroger sur la qualité de ces pratiques de transition, au-delà de leur nombre. À cet égard, soulignent-elles, les enseignantes devraient miser davantage sur les besoins des enfants en tenant compte de leur rythme développemental.

La conclusion de l’étude : favoriser la continuité pédagogique

Duval et Bouchard dégagent deux avenues de réflexion. Dans un premier temps, elles proposent de prévoir des moments de concertation entre les enseignantes de maternelle et de première année afin de clarifier leur rôle respectif. Cette concertation permettrait d’harmoniser les pratiques et de miser sur la continuité pédagogique de manière à ce que les enfants puissent s’ajuster graduellement aux exigences de la première année du primaire. Dans un second temps, les chercheuses pensent qu’il faut favoriser les modalités de la continuité pédagogique entre les environnements dès l’entrée des enfants au préscolaire afin de mettre en œuvre, le plus tôt possible, les conditions favorisant leur réussite éducative.

Ressources

  • Publié en 2010, ce guide du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport présente des principes d’action et des exemples de pratiques de transition efficaces :

April, L., Bélisle, G., Bourdages, C. S., Duval, A., Lebeau, J.-F., Marcille, K. et Plamondon, G. (2010). Guide pour soutenir une première transition scolaire de qualité. Québec, Québec : Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

 

[Pour consulter l’article, https://www.erudit.org/fr/revues/ncre/2013-v16-n2-ncre01756/1029145ar/]

 

Référence

Duval, S. et Bouchard, C. (). Transition de l’élève de l’éducation préscolaire vers l’enseignement primaire. Nouveaux cahiers de la recherche en éducation, 16(2), 147-181. Repéré à https://www.erudit.org/fr/revues/ncre/2013-v16-n2-ncre01756/1029145ar/

 

[1] L’ajustement socioscolaire renvoie à la capacité de l’enfant de répondre aux exigences de l’école. Cette capacité se mesure suivant trois indicateurs : sa participation en classe, sa maturité et son attitude positive envers l’école.

Dernière modification : 17 juin 2019.

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