L’appréciation pour améliorer les comportements en classe et la santé mentale

Valoriser les bons comportements plutôt que de s’attaquer aux petits défauts peut améliorer non seulement le comportement des élèves en classe, mais aussi leur santé mentale. C’est ce que révèle une étude menée par l’École de médecine de l’Université d’Exeter en Angleterre.

Shutterstock/De Oksana Mizina

L’étude en question, intitulée « Supporting Teachers and Children in Schools (STARS) », publiée dans Psychological Medicine, a analysé le succès d’une formation en gestion de classe intitulée « Incredible Years Teacher Classroom Management » grâce à laquelle les enseignants apprennent à concentrer leur attention sur les comportements positifs en classe plutôt que sur les perturbations mineures.

[Comment prévenir « l’escalade » avec un élève anxieux ou opposant?]

L’étude révèle que cette formation (et l’approche pédagogique qui en découle) améliore le comportement des enfants ainsi que leur concentration et leur santé mentale. Elle permet également aux enseignants d’accroître leurs compétences en gestion de classe et a des conséquences positives sur l’apprentissage des enfants. Sam Scudder, un enseignant de l’école Withycombe Raleigh School à Exmouth, dans l’est du Devon, un comté du sud-ouest de l’Angleterre, a trouvé que la formation avait fait une réelle différence dans sa classe et avait manifestement amélioré sa pratique.

 

Bien sûr, il y a des comportements que vous ne pouvez pas ignorer, mais l’accent est mis sur la valorisation des enfants qui écoutent tranquillement et qui sont souvent oubliés dans les salles de classe. Cela a un effet d’entraînement, car un plus grand nombre d’enfants copient alors ce bon comportement.

 

L’étude, qui a impliqué plus de 2 000 élèves du primaire dans 80 écoles, a mesuré le développement des élèves à l’aide d’une série de questionnaires remplis par les enseignants, les parents et les élèves. Les chercheurs ont également tenu compte des résultats scolaires et de l’utilisation de rapports provenant des services sociaux. Des observateurs indépendants ont assisté aux cours dans un quart des écoles qui y ont participé, sans savoir si les enseignants avaient suivi la formation ou non.

[Et si on valorisait les comportements positifs?]

Les mauvais comportements dont fait état cette étude étaient mineurs (ex. : se balancer sur des chaises; tapoter sur le pupitre; se déplacer sans raison dans la classe). La formation donnée aux enseignants leur apprenait à ignorer ces mauvais comportements et à se concentrer sur les comportements positifs en les valorisant et en en faisant l’éloge. L’étude a démontré que, dans les classes des enseignants formés, les mauvais comportements diminuaient de manière significative, que le climat de classe en était amélioré, de même que la concentration des élèves.

[Le programme STARS]

Initialement, l’étude visait à promouvoir le bien-être social et émotionnel des élèves, en se basant sur des statistiques gouvernementales qui montrent que les enfants qui présentent un ou des « troubles de comportement » sont plus sujets à obtenir de mauvais résultats scolaires et à vivre par la suite des difficultés sociales. L’étude soulignait également qu’un mauvais « ajustement socioémotionnel » pouvait avoir des conséquences négatives sur les chances de tous les enfants dans une salle de classe, en particulier les enfants qui vivent dans des milieux défavorisés ou qui sont issus de familles défavorisées. Enfin, l’étude a confirmé que le comportement perturbateur est une source commune de stress chez les enseignants et une raison fréquente pour beaucoup d’entre eux de quitter la profession. C’est pourquoi le professeur Tamsin Ford, de la Faculté de médecine de l’Université d’Exeter, suggère qu’en raison des résultats obtenus qui montrent la plus-value de la formation « Incredible Years Teacher Classroom Management », il serait très pertinent de l’offrir à tous les enseignants et aides-enseignants.

Si le professeur lâche prise et ignore les comportements perturbateurs, ces derniers finissent par cesser. Il faut juste être patient, et le niveau de stress chez tout le monde baisse.

Tamsin Ford, professeur de l’École de médecine de l’Université d’Exeter

 

[Consulter l’article]

 

Références

Supporting Teachers and Children in Schools (STARS). Repéré à http://clahrc-peninsula.nihr.ac.uk/research/supporting-teachers-and-children-in-schools-stars

Site Web The Incredible Years. Repéré à www.incredibleyears.com/

 

Source de l’image : Shutterstock/Oksana Mizina

Dernière modification : 12 septembre 2018.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote actuellement)

Il n’y a aucun commentaire présentement.

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)