Un nouveau type de développement professionnel : les Lesson Study

Les Jugyo Kenkyu, ou Lesson Study, constituent une méthode d’enseignement-apprentissage qui a été développée au Japon dans les années 1890 et qui commence à gagner peu à peu les États-Unis et l’Europe, plus particulièrement la Suisse. Stéphane Clivaz, du Laboratoire Lausannois Lesson Study, présente cette méthode dans un article intitulé Les Lesson Study? Kesako?.

Les Lesson Study (LS) « partent d’une difficulté à propos d’un sujet d’enseignement » que relève un groupe d’enseignants. Ces derniers analysent l’apprentissage visé, approfondissent la notion théorique en question et cherchent dans des ressources pédagogiques et didactiques les divers moyens d’enseigner cette notion afin de planifier ensemble une séquence d’enseignement.

Une fois cela fait, cette séquence est mise en œuvre par l’un d’entre eux pendant que les autres observent et analysent ses effets sur l’apprentissage des élèves. Leurs observations et analyses permettent d’améliorer la planification de la situation d’enseignement-apprentissage (SEA) avant qu’un autre professeur engage le processus d’enseignement-observation-analyse dans sa classe. Et la version définitive de la séquence d’enseignement, soit le résultat du travail collaboratif, est diffusée « à la fois sous la forme d’un plan de leçon détaillé utilisable par d’autres enseignants et d’articles dans des revues professionnelles. »

[Dossier thématique : Développement professionnel, collaboration et accompagnement en enseignement]

Figure 1 : Le processus de LS (d’après Lewis & Hurd, 2011, p. 2)

[Des outils pour favoriser le développement d’une pratique réflexive]

Dans son article, Clivaz souligne que le processus d’une LS se déroule sur trois plans :

  1. L’objectif principal de la séquence d’enseignement est l’apprentissage des élèves;
  2. La focalisation sur cet apprentissage et sur les effets de l’enseignement sur cet apprentissage constitue « le moteur d’une amélioration de l’enseignement, en vue d’améliorer les apprentissages »;
  3. Ce travail réflexif et l’amélioration de l’enseignement génèrent tous deux « un développement des connaissances professionnelles, didactiques et pédagogiques des enseignants ».

[Influencer positivement l’engagement professionnel des enseignants]

La leçon n’est ainsi que le but apparent, un moyen de développer les connaissances professionnelles des enseignants.

Les premiers constats

Les recherches sur les différentes formes prises par ce dispositif de développement professionnel ont permis à Clivaz d’en arriver à quelques constats, dont les deux suivants :

  1. L’ensemble du processus des LS serait efficace pour changer réellement les pratiques enseignantes. Son efficacité serait grandement attribuable au fait que le processus demeure proche de la pratique ordinaire des enseignants tout en leur permettant de prendre de la distance par rapport à leurs pratiques pédagogiques. En effet, les LS nécessitent habituellement seulement trois jours de formation continue qui sont répartis sur toute l’année scolaire. Ce temps de formation s’ancre donc dans la pratique quotidienne des enseignants.
  2. Le deuxième constat fait par Clivaz découle des déclarations des enseignants qui affirment avoir « développé une attention plus grande aux apprentissages des élèves en classe, aux étayages à apporter ou encore aux savoirs en jeu dans les tâches issues des manuels, et ceci, y compris dans d’autres disciplines ».

[Consulter l’article]

Référence

Clivaz, S. (2015). Les Lesson Study? Kesako?. Math-École, (224), 23-26. Repéré à www.ssrdm.ch/mathecole/wa_files/224-Clivaz.pdf

 

Dernière modification : 18 juillet 2018.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (2 votes, moyenne: 3,50 sur 5)

Il n’y a aucun commentaire présentement.

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)