L’influence de la supervision parentale sur les adolescents

L’adolescence est une période développementale caractérisée par des changements cognitifs, émotionnels et sociaux rapides chez les jeunes. Dès la transition du primaire au secondaire, les adolescents aspirent à une plus grande autonomie par rapport à leurs parents et laissent progressivement une place plus importante à leurs pairs.

En effet, les autres jeunes deviennent une source d’influence importante pour les adolescents. Néanmoins, les parents restent une figure de soutien significative qui a une influence sur la vie et les choix des jeunes.

Parent adolescent

Shutterstock / Sirtravelalot

Par Olivier Gaudet, candidat au doctorat en psychologie à l’UQAM et Marie-Hélène Véronneau, professeure à l’UQAM.

Dans ce contexte, la supervision et l’accompagnement que les parents offrent à leur ado dans ses nouvelles expériences sont des éléments clés pour favoriser une meilleure adaptation. Cet encadrement est appelé la supervision parentale.

Qu’est-ce que la supervision parentale ?

La supervision parentale regroupe un ensemble de comportements qui permettent aux parents de bien connaître leur adolescent et l’environnement dans lequel il évolue. Par exemple, un parent exerce de la supervision parentale lorsqu’il discute avec son adolescent pour s’informer sur les activités dans lesquelles il s’engage pendant ses temps libres, sur ses intérêts et sur les personnes qu’il côtoie. Établir des attentes claires et appliquer des règles concernant le comportement attendu de la part de son jeune fait également partie du spectre de la supervision parentale.

La supervision parentale se divise en trois principales composantes :

  • Le contrôle parental, soit la structure imposée par le parent sur le choix des activités, des amis et des périodes de temps libre de son adolescent.
  • La sollicitation parentale, qui correspond aux discussions que le parent a avec son jeune qui ont comme objectif d’obtenir de l’information sur ses activités et sur les gens qu’il fréquente lors de ses temps libres.
  • L’autorévélation réfère aux initiatives personnelles des adolescents à parler de leur vie avec leur parent, par exemple, relater leur journée et partager leurs sentiments. L’efficacité de la supervision parentale est optimisée lorsque les adolescents y contribuent volontairement en s’engageant dans des comportements d’autorévélation.

Quels sont les effets dans la vie des adolescents ?

Une étude dirigée par Marie-Hélène Véronneau, professeure à l’UQAM et coordonnatrice du Laboratoire d’études sur les parcours scolaires et les influences sociales (LÉPSIS), a examiné les effets de la supervision parentale sur les comportements d’autorévélation des adolescents et leur motivation scolaire, de la troisième à la cinquième année du secondaire.

Des comportements d’autorévélation

D’après cette étude, la sollicitation parentale a une influence significative sur les adolescents. Tout d’abord, les jeunes dont les parents exercent la sollicitation parentale lorsqu’ils sont en troisième année du secondaire auront davantage tendance à émettre des comportements d’autorévélation une fois en quatrième année du secondaire. Ce lien apparait aussi entre la quatrième et la cinquième année du secondaire.

On peut supposer que l’attitude du parent qui incite son jeune à lui parler de sa journée ou de ses activités crée un climat de confiance et de sécurité dans leur relation. Ceci incite le jeune à se confier avec moins de réticence à son parent.

Une hausse de la motivation scolaire

Par ailleurs, la sollicitation parentale en troisième année du secondaire prédit également une hausse de motivation scolaire un an plus tard. La littérature explique ce lien de la manière suivante : les parents qui émettent des comportements de sollicitation parentale contribuent à diminuer l’adoption de comportements antisociaux chez leurs jeunes ce qui leur permet ainsi de se concentrer davantage sur leurs études et être motivés par celles-ci. Autrement dit, lorsque les parents bâtissent une relation saine et de confiance avec leur jeune en s’intéressant à leur vie et en le questionnant de manière non-intrusive, leur adolescent tendrait à adopter moins de comportements contrevenant à une bonne réussite scolaire, lui permettant ainsi de mettre davantage d’énergie sur ses études.

Finalement, le contrôle parental émis en quatrième année du secondaire influence positivement la motivation scolaire des participants l’année suivante. Ce résultat suggère que la structure définie par les parents peut influencer la vision qu’ont les adolescents de l’école et leur donner le goût d’y aller et de réussir.

Une nuance s’impose!

Toutefois, il est important de nuancer ces propos. Certaines études ont démontré qu’un point optimal de sollicitation parentale semble être présent. En effet, se faire poser un trop grand nombre de questions peut être perçu par les jeunes comme intrusif et contrôlant.

Pour obtenir davantage d’information sur cette étude ou pour communiquer avec l’équipe de recherche de Marie-Hélène Véronneau, veuillez consulter le site web du laboratoire : www.lepsis.uqam.ca.

Bibliographie

  • Brown, B. B., & Larson, J. (2009). Peer relationships in adolescence. Handbook of adolescent psychology.
  • Laird, R. D., Criss, M. M., Pettit, G. S., Dodge, K. A., & Bates, J. E. (2008). Parents’ monitoring knowledge attenuates the link between antisocial friends and adolescent delinquent behavior. Journal of abnormal child psychology,36(3), 299-310.
  • Patterson, G. R., & Stouthamer-Loeber, M. (1984). The correlation of family management practices and delinquency. Child development, 1299-1307.
  • Stattin, H., & Kerr, M. (2000). Parental monitoring: A reinterpretation. Child development, 71(4), 1072-1085.
  • Valente (2010). « Social networks and health: Models, methods, and applications. » New York: Oxford.

Dernière modification : 23 octobre 2017.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (3 votes, moyenne: 5,00 sur 5)

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)