L’intimidation en chiffres – Résultats d’une enquête PISA

L’intimidation est l’une des formes les plus sévères de stress qu’un enfant puisse vivre. Une exposition prolongée à l’hormone du stress, le cortisol, peut même mettre en danger le développement et le fonctionnement du cerveau des jeunes. Il faut donc tenter de quantifier et de comprendre l’intimidation pour mettre nos jeunes à l’abri de ses conséquences.  

La violence physique et psychologique laisse des cicatrices profondes, non seulement aux victimes, mais aussi aux intimidateurs et aux spectateurs.

intimidation

Shutterstock / Suzanne Tucker

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a conduit une enquête du Programme international pour le suivi des acquis (PISA) touchant 29 pays, afin de mettre en lumière le phénomène de l’intimidation. Les chercheurs mandatés par l’OCDE ont donc collecté plusieurs données auprès d’élèves exposés à l’intimidation. Leur conclusion est claire : l’intimidation s’avère très répandue.

L’intimidation physique ou relationnelle

Voici ce que rapportent les élèves interrogés lors de l’enquête PISA :

  • 11 % d’entre eux sont fréquemment ridiculisés (quelques fois par mois);
  • 8 % sont souvent victimes de rumeurs dégradantes;
  • 7 % sont fréquemment victimes de rejet;
  • 4 % sont frappés, poussés ou menacés au moins une fois par mois;
  • 4 % subissent, de la part d’autres élèves, la destruction ou le vol de certains de leurs effets personnels.

Différences entre les victimes

  • Les garçons sont plus susceptibles d’être frappés ou poussés;
  • Les filles tendent à être plus souvent victimes de rumeurs dégradantes;
  • Les enfants d’immigrants qui entrent au pays après l’âge 12 ans sont plus susceptibles de vivre de l’intimidation;
  • Les élèves des écoles en milieu défavorisé sont plus susceptibles de vivre de l’intimidation que ceux des écoles en milieu favorisé.

L’intimidation nuit aux performances scolaires

Les chercheurs de l’OCDE mentionnent que le stress causé par l’intimidation influence aussi la capacité des élèves à être attentifs aux tâches scolaires. En ce sens, les données récoltées lors de leur enquête montrent que les élèves des écoles où l’intimidation est fréquente présentent des résultats inférieurs aux autres. Ces relations suggèrent que l’intimidation peut exacerber le désengagement et les mauvaises performances scolaires.

L’intimidation nuit au bien-être

Grâce aux entrevues qu’ils ont réalisées avec les élèves qui rapportaient subir fréquemment du harcèlement, soit de l’intimidation, les chercheurs ont pu identifier les conséquences de cette intimidation sur le bien-être de ces élèves. Ces derniers, en majorité, ont mentionné éprouver de la difficulté à se sentir acceptés et à se faire des amis. De plus, 26 % ont affirmé avoir une faible satisfaction par rapport à leur vie, alors que 9 % ont dit avoir manqué l’école plus de trois à quatre fois dans les deux dernières semaines.

L’intimidation peut mener à la dépression, à l’anxiété et aux troubles du sommeil.

Vaincre l’intimidation en améliorant le climat de l’école

Les chercheurs concluent leur enquête en présentant les orientations des écoles qui combattent efficacement l’intimidation. Le premier aspect à intégrer pour les gestionnaires et les enseignants serait la création d’un climat d’aide et d’empathie, tant en dehors de la classe que dans celle-ci.

La relation entre l’élève et les enseignants se révélerait aussi un grand facteur de protection. En effet, une relation positive avec les enseignants et la présence d’un enseignant qui agit comme un modèle réduiraient significativement les risques d’intimidation. Les chercheurs encouragent les enseignants à communiquer clairement les règles de vie et à manifester leur intolérance à toute forme d’intimidation.

Tout comportement envahissant qui vise à discipliner, ridiculiser ou insulter les élèves entraîne une hausse marquée des cas d’intimidation.

Finalement, l’enquête PISA recommande aux gestionnaires de former les enseignants à réagir aux cas d’intimidation et de renforcer le partenariat et la relation entre l’école et les parents.

[Consulter l’article]

 

Source : OECD (2017), « How much of a problem is bullying at school? », PISA in Focus, No. 74, OECD Publishing, Paris. http://dx.doi.org/10.1787/728d6464-en

Image : Shutterstock / Suzanne Tucker

Dernière modification : 21 août 2017.

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Un commentaire

  1. Par Szablewski le 21 août 2017 à 12:13

    Article très intéressant…parfois l’intimidation peut aussi être incitée par les enseignants qui prennent un élève pour « cible » dans la classe… cela arrive plus souvent qu’on ne l’imagine. Si les enseignants sont respectueux avec TOUS les élèves sans discrimination aucune, le monde scolaire pourra évoluer. Pour cela il est judicieux et urgent de former nos enseignants à la bienveillance, qu’ils soient conscients qu’ils sont aussi et encore les exemples pour nos jeunes et ça commence à la maternelle…L’entrée au collège peut être traumatisante pour beaucoup de jeunes. Pourtant les enseignants estiment que la discipline est acquise alors qu’il est impératif de persévérer en responsabilisant les élèves entre eux et ce, jusqu’à la fin de leur scolarité.Respect des règles de vie sociale, respect de soi afin de respecter autrui. Ne plus faire du milieu scolaire un lieu de bagarre et de compétition. L’empathie avec un grand OUI à développer absolument. La tolérance, la gentillesse, tendre la main à celui qui est en difficulté qu’elle soit scolaire, relationnelle, ou autre. Nous souhaitons un univers scolaire meilleur pour nos enfants. Celui d’aujourd’hui fait anormalement peur à beaucoup trop de parents…qui se sentent impuissants face au système.
    Nous sommes TOUS concernés…
    Belle soirée
    Elise

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