Enseigner la résilience

Pour plusieurs élèves, l’école secondaire regorge de situations stressantes et peut occasionner de l’anxiété. Celle-ci peut, par exemple, émerger de relations conflictuelles entre pairs, de situations d’évaluation, de rejet ou d’intimidation. Au Québec, la prévalence de la dépression et des problèmes d’anxiété chez les adolescents est actuellement en hausse (Buysse, 2014). Comment peut-on aider les jeunes à faire face à la pression sociale et à l’anxiété?

Shutterstock / Zoran Ras

Dans un résumé des travaux du chercheur de l’Université du Texas, Jan Hoffman expose une nouvelle démarche pour que les élèves développent leur résilience, c’est-à-dire la capacité à surmonter les situations difficiles. Cette démarche vise à soutenir le développement de compétences qui leur permettront d’apprivoiser et de combattre les situations anxiogènes (ex. : présentation orale, rejet, intimidation).

[Anxiété au primaire, dépression au secondaire]

Les bases de la démarche

L’expérimentation menée par David S. Yeager s’appuie sur une étude réputée qui montre ceci : l’élève qui croit l’intelligence malléable obtient de meilleurs résultats que celui qui la croit fixe.

Le chercheur a donc appliqué ce principe en inculquant aux jeunes que leur personnalité, celle de leurs assaillants (p. ex. dans le cas d’une situation d’intimidation) et certaines situations difficiles qu’ils vivent (p. ex. de rejet) ne sont pas fixes. Il permet ainsi aux jeunes de croire en l’avenir, ce qui les aide à gérer leur anxiété.

 Vous n’êtes pas condamnés à être exclus à tout jamais. Ni votre personnalité ni celle de vos bourreaux ne sont fixes.

L’expérimentation

L’expérimentation mise de l’avant par le chercheur est  assez simple : Les élèves sont invités à lire un court article sur la cognition qui décrit comment la personnalité change. Ils lisent ensuite des anecdotes écrites par des élèves plus vieux à propos d’anciens conflits et comment ils ont réussi à passer au travers ces épreuves. Finalement, les élèves sont eux-mêmes appelés à écrire un conseil pour des étudiants plus jeunes.

[Dossier thématique : Stress et anxiété]

Cette expérimentation menée par Yeager s’est déroulée dans cinq écoles secondaires sur une période de neuf mois. Pour en mesurer les effets, les élèves ayant pris part à l’expérimentation ainsi que les élèves du « groupe contrôle » (ceux n’ayant pas pris part à l’expérimentation) devaient faire une présentation orale (situation de stress). L’équipe de David S. Yeager mesurait le stress des élèves du groupe expérimental et du groupe de contrôle grâce à la fréquence cardiaque des élèves et à leur niveau de cortisol.

Les réactions biochimiques qui surviennent lors de situations stressantes servent à préparer le corps à faire face aux dangers, tant physiquement que mentalement. La fréquence cardiaque augmente pour amener plus de sang au cerveau et aux muscles, alors que le cortisol, l’hormone du stress, est sécrété dans le sang et agit sur plusieurs métabolismes énergétiques.

Résultats

Les chercheurs ont mesuré des réactions au stress beaucoup moins prononcées chez les élèves du groupe d’expérimentation que chez ceux du groupe de contrôle :

  • 50 % moins d’augmentation du rythme cardiaque chez les élèves du groupe expérimental que chez les élèves du groupe de contrôle;
  • 10 % de diminution du niveau de cortisol chez les élèves du groupe expérimental;
  • 45 % d’augmentation du niveau de cortisol chez les élèves du groupe de contrôle.

Contrairement aux élèves du groupe de contrôle, ceux du groupe expérimental se sentaient davantage en mesure d’affronter les situations stressantes (présentation, jugement, intimidation, etc.), et ce, tout au long de l’année scolaire. De plus, les élèves ayant participé à l’expérimentation ont obtenu des notes légèrement supérieures à ceux n’y ayant pas participé.

[Comment intervenir pour faire face à l’anxiété des élèves?]

Pourquoi  l’expérimentation a-t-elle fonctionné?

Cela satisfait Yeager que l’expérimentation ait aidé les jeunes à intérioriser le message suivant : les gens peuvent changer. Mais le chercheur cible aussi l’absence des adultes comme facteur de réussite. En effet, la démarche de Yeager lui fait comprendre que les jeunes apprennent mieux à faire face à l’anxiété dans un cadre informel et par le biais d’autres élèves. Cela leur permet notamment de développer plus efficacement les habiletés sociales et émotionnelles qui leur permettront d’affronter les situations anxiogènes qui jonchent leur parcours scolaire.

[Consultez l’article]

Références

Image : Shutterstock / Zoran Ras

Dernière modification : 24 juillet 2017.

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