Intégrer la programmation créative à l’école

Ce n’est plus un secret pour personne, l’évolution effrénée des technologies au cours des dernières décennies a plongé la société dans l’ère numérique. L’économie, la médecine, l’ingénierie, la communication : cette nouvelle ère redéfinit toutes les sphères du génie humain, y compris le domaine de l’éducation.

Le programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) abonde dans ce sens et son premier défi en témoigne : « préparer des jeunes différents à vivre dans un monde en changement ». Plusieurs estiment qu’on ne peut surmonter ce défi sans l’apprentissage de la littératie du 21e siècle : la programmation.

Flickr / Pasco County Schools

Margarida Romero, professeure et chercheuse à l’Université Laval se préoccupe depuis plusieurs années du développement des compétences des technologies de l’information et de la communication (TIC) et elle se spécialise dans l’intégration de l’apprentissage de la programmation dans le milieu scolaire. Son article paru dans Formation et profession offre un survol de l’introduction de la programmation dans nos écoles.

 Pourquoi programmer ?

L’apprentissage de la programmation à l’école est une opportunité pour développer la pensée informatique et les stratégies nécessaires à la compréhension de cette nouvelle littératie comme l’organisation logique, l’abstraction et la résolution de problèmes. Margarida Romero souligne aussi le potentiel créatif et métacognitif de l’enseignement de la programmation qui offre également une grande possibilité de développement interdisciplinaire.

De plus, ce nouveau domaine de l’éducation pourrait réduire les iniquités entre filles et garçons face aux carrières scientifiques et technologiques et améliorer l’engagement des jeunes en difficulté d’apprentissage.

Aussi, puisque la programmation s’inscrit dans le monde de demain, son enseignement constitue un avantage socio-économique en donnant « la capacité aux futures générations d’appréhender le monde du numérique comme citoyens actifs et créatifs. »

[Apprendre à programmer à l’école]

Redéfinir la vision des compétences technologiques

Il y a quelques années à peine, la vision des TIC était axée sur l’alphabétisation numérique des élèves. Actuellement, les chercheurs tendent à mettre l’élève dans une situation où l’utilisation des TIC s’inscrit dans une visée pédagogique de construction de savoirs avec les pairs et de réflexion. Il s’agit donc d’une approche socioconstructiviste, métacognitive et co-créative qui permet d’approfondir la maitrise des outils numériques et de développer la pensée informatique.

Plusieurs pays s’entendent sur cette approche et emboitent le pas en intégrant la programmation au cheminement scolaire de leurs élèves via des initiatives comme l’heure du code ou Scratch. Des écoles du Québec intègrent même la programmation grâce à la robotique (le programme MindStorms de Lego en est un bon exemple).

[Pour s’informer sur deux communautés de pratique : Squeaki du RÉCIT et Kids Code Jeunesse]

La programmation créative

Cette nouvelle vision de l’intégration des TIC transparait également dans l’exemple illustré par Margarida Romero dans son article où l’élève est au centre d’un processus de co-création interdisciplinaire. Cet exemple met en scène des  élèves qui transposent un conte traditionnel grâce à un outil comme Scratch où ils utilisent « les mathématiques (mesure, géométrie, plan cartésien pour situer et déplacer leurs personnages/décors), les sciences et technologies (univers du matériel, transformations …), le français (schémas narratifs …) et l’univers social (organisation dans le temps et l’espace des sociétés et des territoires). »

Wikimedia Commons / Mtwoll

De cette façon, l’apprentissage de la programmation s’intègre à une approche moderne de la pédagogie éducative qui s’oriente vers la co-création de connaissances et de compétences pour préparer l’élève à entrer l’ère numérique.

[Intégrer les compétences du 21e siècle dans l’enseignement des sciences et technologies]

 

[Consultez l’article]

Références :

Romero, M. (2016). De l’apprentissage procédural de la programmation à l’intégration interdisciplinaire de la programmation créative. Formation et profession, 24(1), 87-89. http://dx.doi.org/10.18162/fp.2016.a92

Image : ©Flickr / Pasco County Schoo

Dernière modification : 21 juin 2017.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote actuellement)

Il n’y a aucun commentaire présentement.

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)