Une approche pour soutenir les élèves immigrants allophones en français

Bon nombre d’élèves nouvellement arrivés au Québec sont confrontés à un défi de taille : apprendre le français. En outre, plusieurs présentent un retard marqué sur le plan scolaire et certains portent une lourde charge émotive. Sensible à cette réalité, une équipe de recherche de l’Université de Montréal a mis à l’essai une intervention novatrice pour favoriser l’intégration des élèves immigrants allophones ainsi que le développement du français écrit chez ces jeunes.

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Shutterstock / Iakov Filimonov

Françoise Armand et son équipe de recherche de l’Université de Montréal ont testé une intervention qui visait à répondre à la fois aux besoins scolaires et psychologiques des élèves immigrants allophones et/ou des élèves réfugiés.

L’intervention consistait à faire produire aux élèves des textes identitaires plurilingues portant sur leur histoire familiale dans le cadre d’ateliers d’expression théâtrale plurilingues. Une fois rédigés, les textes ont été rassemblés dans un livre collectif qui a été publié.

  • Pour plus d’informations sur l’écriture de textes identitaires plurilingues, consultez le guide « Des histoires familiales pour apprendre à écrire! Un projet école-familles-communauté » produit par Michèle Vatz-Laaroussi et ses collaboratrices, disponible sur le site Élodil).

L’intervention s’appuie sur trois fondements appuyés par des connaissances scientifiques et empiriques (notamment par une recension de l’écriture en contexte de langue seconde) :

1. Faire vivre aux élèves allophones des expériences d’écriture signifiantes pour eux; en lien avec leurs expériences et intérêts.

2. Permettre aux élèves allophones d’utiliser les deux langues : le français et leur langue maternelle.

3. Mettre à profit la créativité des élèves.

Cette vision de complémentarité et non d’opposition entre la langue d’enseignement et la ou les langues maternelles des élèves légitime et favorise les transferts des habiletés et des connaissances entre les langues.

Cette intervention a été mise à l’essai pendant cinq mois auprès de huit classes d’accueil de niveau secondaire dans le cadre d’une recherche collaborative.

Pour une intégration réussie des élèves issus de l’immigration

Quelques résultats

  • Les résultats de l’étude montrent une progression des élèves sur le plan de la compétence en écriture, particulièrement sur le plan du développement des idées et du lexique.
  • Les jeunes allophones auraient participé de façon engagée aux activités d’écriture, et ces activités auraient contribué à diminuer le stress qu’ils éprouvaient par rapport à l’apprentissage du français écrit.
  • Après la période d’intervention, les élèves ayant écrit des textes identitaires plurilingues et ayant participé à des ateliers d’expression théâtrale plurilingues ont affirmé se sentir plus compétents pour écrire en français.
  • Permettre aux élèves d’utiliser leur langue d’origine aurait également favorisé les échanges et l’entraide entre élèves pour comprendre des règles de grammaire ou apprendre de nouveaux mots.

Pour aller plus loin :

  • Consultez le Mémoire de Catherine Maynard intitulé « Effets de l’écriture de textes identitaires, soutenue par des ateliers d’expression théâtrale plurilingues, sur le rapport à l’écrit d’élèves immigrants allophones en situation de grand retard scolaire ».
  • Visitez le site web de l’Université de Montréal Élodil : Enseigner en milieu pluriethnique et plurilingue.

[Consultez le rapport de recherche]

Pour d’autres articles portant sur les recherches du Programme de recherche sur l’écriture et la lecture (PREL), consultez ce répertoire.

Image : © Shutterstock / Iakov Filimonov

Dernière modification : 1 août 2017.

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