Comment utiliser le jeu vidéo pour enseigner l’histoire et la pensée critique?

Dans son dernier articleFrédéric Yelle propose une approche originale pour utiliser le jeu vidéo en classe d’histoire.

jeux vidéo

Le jeu vidéo en classe, vraiment?

Dans un premier temps, Yelle commence par recenser les avantages du jeu vidéo : son aspect engageant et ludique pour l’apprenant ainsi que sa capacité à illustrer les relations complexes entre les concepts en histoire.

Quelques inconvénients

L’aspect immersif des jeux actuels peut mener un élève à croire que le récit proposé est vrai.

Pour son expérimentation, un jeu en particulier a été sélectionné : Civilization V; sur le thème de la chute de Rome. Dans son analyse, Yelle recense les principaux défauts de ce jeu.

  • D’un point de vue d’enseignement de l’histoire, ce jeu s’appuie et diffuse certaines idées préconçues. Il omet des éléments historiques ne cadrant pas dans le scénario.
  • Il simplifie certains concepts et s’appuie sur une vision parfois restreinte et peu nuancée de l’histoire.
  • On peut aussi y relever des incongruités historiques et ce jeu adhère à la théorie du progrès historique fait par les grands personnages (qui n’est plus d’actualité dans les classes d’histoire).

Pourquoi utiliser cet outil en enseignement s’il est si imparfait?

Car il s’agit d’une opportunité de développer le regard critique des apprenants.

Dans le cadre d’une expérimentation qualitative avec un groupe de 10 élèves dans un contexte parascolaire, Yelle a testé la séquence didactique suivante :

Préparation

Dans un premier temps, les participants ont eu un moment pour se familiariser avec le jeu. Puis, en se basant sur leurs acquis réalisés en classe, ils étaient invités, lors d’une discussion guidée, à analyser certains aspects du jeu (dans ce cas particulier : la représentation des dirigeants politiques qui étaient stéréotypée entre les Romains « civilisés » et les Barbares).

Réalisation

Puis, vient le moment de soumettre les apprenants à un conflit cognitif. Dans le cas de l’expérience de Yelle, deux documents ont été présentés aux participants : une source primaire qui appuyait le discours tenu dans le jeu vidéo (les Romains « civilisés » vs les Barbares) et un texte récent qui confrontait cette idée (mentionnant que les « Barbares » participaient à la défense de l’Empire romain, qu’ils avaient leur propre culture. etc.). Les participants devaient interroger les textes, prendre en considération les motivations et biais des auteurs, etc.

Après cette réflexion, les participants étaient invités à émettre une deuxième hypothèse considérant l’élaboration du jeu. Puis, en déconstruisant leurs connaissances antérieures, ils étaient invités à remettre en question les idées véhiculées par le jeu.

Intégration

Finalement, lors d’une tâche réflexive, les participants devaient se prononcer sur la vision véhiculée par le jeu sur la réalité historique traitée (dans ce cas-ci, les causes de la chute de Rome).

Résultats

Yelle mentionne que les participants ont été capables de cerner les problèmes les plus importants du jeu, et que ce dernier leur a procuré du plaisir.

Cette recherche met en lumière une utilisation constructive du jeu historique en classe qui encourage le sens critique.

[Consultez l’article]

 

Référence

Joly-Lavoie, A. & Frédéric Yelle. (2016). Le jeu vidéo pour enseigner l’histoire : synthèse d’une approche théorique et pratique.

Pour aller plus loin, le RIRE vous suggère quelques articles sur le jeu sérieux :

 

Creative Commons Creative Commons Attribution 2.0 Generic License US

Dernière modification : 27 août 2016.

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Un commentaire

  1. Un grand merci au RIRE pour avoir rapporter nos travaux et nos expérimentations.

    L’article me cite comme seul auteur, mais Joly-Lavoie est un participant à part entière à ce projet comme cela est indiqué sur mon blogue.

    Il faut oser : les jeux vidéos ont un potentiel éducatif indéniable.

    Commentaire inapproprié ?

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