Que peuvent faire les parents lorsqu’un enfant vit un échec?

L’échec est-il quelque chose de positif qui permet d’apprendre, ou est-ce une expérience négative qui entrave le succès? Selon les résultats de plusieurs études, la façon dont les parents répondent à cette question aurait une influence sur la façon dont l’enfant perçoit sa capacité à s’améliorer à l’école.

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Shutterstock / Monkey Business Images

Selon Kyla Haimovitz, professeure de psychologie à l’Université de Standford, les parents influencent grandement le développement de la motivation chez l’enfant. À ce sujet, Haimovitz a coécrit un ouvrage avec Carol Dweck, pionnière dans le champ de recherche de la motivation.

La perception de l’échec

Très tôt et tout au long du développement de l’enfant, les parents envoient des « messages » au jeune sur la nature de l’échec et sur la façon d’agir lorsque celui-ci survient. Se faisant, leur influence est considérable.

Il existe plusieurs évidences qui montrent que lorsque les enfants voient leurs habiletés comme quelque chose qu’ils peuvent améliorer au fil du temps, ils gèrent les obstacles de façon plus constructive.

Toutefois, communiquer ce message aux enfants n’est pas simple. Haimovitz explique que les parents doivent réfléchir à la façon dont ils agissent à l’égard de l’échec ou du recul d’un enfant; à ce qui se reflète dans leurs paroles et leurs actions envers l’enfant. En d’autres mots, si l’enfant revient de l’école avec un « D » en mathématique, la façon dont le parent réagit influencera la façon dont l’enfant perçoit son habileté à apprendre les mathématiques.

Même si elles sont bien intentionnées, des réponses qui tendent à réconforter l’enfant telles que : « Ce n’est pas grave, tu es très bon en français! » pourrait envoyer à l’élève le message qu’il est temps d’abandonner l’idée de s’améliorer en mathématique plutôt que d’apprendre des difficultés qu’il a rencontrées.

Les travaux de recherche

Haimovitz et Dweck ont mené une série de petites études visant à explorer comment les interactions entre la mentalité des parents à l’égard de l’échec et de l’intelligence affectent les croyances de leurs enfants à propos de l’intelligence. Pour ce faire, elles ont interviewé une quantité importante d’enfants d’âge primaire et de parents. Les questions avaient pour but d’analyser si les participants de l’étude voyaient l’échec comme quelque chose de positif; qui favorise l’apprentissage, ou comme quelque chose de négatif; qui inhibe l’apprentissage. Les chercheuses ont également demandé aux parents comment ils réagiraient si leur enfant revenait à la maison avec un échec à un test.

Les résultats

En analysant les propos recueillis dans le cadre des différentes études, les chercheuses ont observé que :

  • La façon dont les enfants concevaient l’intelligence était étroitement liée à la façon dont leurs parents agissaient face à l’échec.
  • Les parents qui percevaient l’échec comme quelque chose de négatif avaient plus tendance à s’inquiéter des habiletés de leur enfant ainsi qu’à rassurer celui-ci en lui disant qu’une personne ne peut pas être habile dans tous les domaines.
  • Les parents qui voyaient davantage l’échec comme une occasion d’apprendre étaient plus enclins à demander à leur enfant ce qu’il avait appris du test en question, ce qu’il avait encore à apprendre et si recevoir un soutien supplémentaire lui permettrait de s’améliorer.

L’idée est la suivante : lorsque votre enfant a du mal à faire quelque chose, au lieu de mettre l’accent sur ses habiletés, concentrez-vous sur ce qu’il peut apprendre de cet obstacle, tel un tremplin.

Les chercheuses nuancent toutefois leurs résultats en précisant que le tempérament de l’enfant, notamment son niveau de tolérance à la frustration, détermine grandement l’attitude qu’il adoptera face à l’échec. Elles précisent également qu’il ne faut pas pousser à l’extrême cette façon de soutenir l’enfant. Selon Heyman, il s’agit de trouver un équilibre pour que l’enfant développe son autonomie, sans pour autant le laisser se débattre en vain avec un obstacle jusqu’à ce qu’il abandonne.

[Consultez l’article]

Dernière modification : 10 novembre 2016.

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