Quoi de neuf?

Quelques éléments importants à la base d’un changement de pratiques en enseignement de l’écriture en contexte anicinape

L’une des caractéristiques de la scolarisation en contexte autochtone est le fait que la langue de scolarisation, le français ou l’anglais, est enseignée comme s’il s’agissait de la langue première des élèves alors qu’on peut « estimer qu’environ un tiers d’entre eux à l’échelle de tout le Québec (et un nombre très majoritaire d’entre eux dans certaines régions) n’auront pas l’anglais ou le français comme première langue quand ils commenceront à fréquenter l’école » (Hot, 2013 : 64).
pratiques ecriture

par Yvonne da Silveira (UQAT) et Christiane Blaser (USherbrooke)

Par ailleurs, les enseignants de ce contexte sont formés à l’enseignement du français langue première et ont reçu peu ou pas de formation sur la spécificité de l’enseignement en milieu bilingue ou diglossique. Pourtant, dans ce contexte, la langue autochtone, de tradition orale, est utilisée dans la vie privée, les réseaux communautaires et les emplois manuels ou non spécialisés, et la langue officielle, dans presque tous les domaines nécessitant l’usage de l’écrit tels que l’éducation et l’emploi, ce qui reflète une situation de diglossie (Drapeau, 2011).

Une recherche-action contribuant au développement de la compétence à écrire

Cette situation complexe fait partie des dimensions importantes de la culture de l’élève autochtone confronté à des langues aux valeurs et aux usages différents et influence son rapport singulier à la langue d’enseignement, et son rapport à l’écriture (Barré-De Miniac, 2000). Partant de cette réalité, nous avons mené une recherche-action afin de contribuer au développement de la compétence à écrire en français langue d’enseignement d’élèves autochtones par l’expérimentation de pratiques d’écriture adaptées au contexte. Au nombre des participants figurent six enseignantes et la quarantaine d’élèves de leurs classes situées dans trois écoles primaires des communautés anicinapek de Pikogan et innue d’Unamen Shipu.

Plusieurs facteurs ont favorisé un changement de pratiques, notamment chez deux enseignantes autochtones. Le premier est une implication constante des acteurs du milieu scolaire et une relation de confiance entre les enseignantes et les autres membres de l’équipe de recherche, conditions incontournables à la base d’une telle démarche de recherche; le deuxième, un mode d’accompagnement privilégiant un dialogue didacticienne-enseignantes, prenant appui sur l’expérience des enseignantes et axé sur une recherche conjointe de solutions didactiques à des besoins spécifiques.

Notons, en terminant, que l’un des effets du changement de pratiques rapporté par les enseignantes réside dans le plaisir d’écrire observé chez les élèves et dans leur propre plaisir à enseigner l’écriture, ce qui, comme le montrent les résultats de la recherche, est une condition essentielle d’un meilleur développement des compétences à écrire des élèves.

[Consulter le rapport de recherche]

 

Source de l’image : (CC BY-SA 2.0) by  Vassilis

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote actuellement)

Il n’y a aucun commentaire présentement.

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)