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Favoriser l’engagement scolaire des élèves immigrants: le rôle des pratiques enseignantes

La majorité des élèves issus de l’immigration présentent un parcours scolaire positif. Plusieurs d’entre eux réussissent bien à l’école et obtiennent leur diplôme d’études secondaires. Ceci étant dit, ce portrait positif cache d’importantes différences entre les élèves, notamment selon leur région d’origine, mais également selon s’ils fréquentent ou non une école de milieu défavorisé. En effet, un certain nombre d’élèves issus de l’immigration en milieux défavorisés se heurtent à des conditions socioéconomiques stressantes qui, très tôt, peuvent entraver leur parcours scolaire.

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   par Isabelle Archambault de l’Université de Montréal

Pour les enseignants en milieux défavorisés qui accueillent un grand nombre d’élèves immigrants dans leurs classes, le défi est également de taille. Au-delà des enjeux linguistiques, ces enseignants doivent souvent s’adapter et adapter leurs pratiques aux besoins d’élèves dont le parcours de vie et le bagage culturel sont fort diversifiés.

Dans le but de mieux comprendre la complexité à laquelle sont confrontés ces enseignants, Isabelle Archambault, professeure à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et membre du Groupes de recherche sur les environnements scolaires (GRES), s’est intéressée aux pratiques enseignantes qui influencent l’engagement scolaire des élèves du primaire en contexte défavorisé et pluriethnique.

Son projet de recherche visait notamment à identifier si les pratiques enseignantes ont une influence similaire sur l’engagement scolaire de tous les élèves, en comparant l’effet des pratiques chez les élèves  immigrants et non immigrants.

Une fragilité au moment des transitions scolaires

Les résultats de ce projet mettent d’abord en lumière qu’en milieux défavorisés, l’investissement actif de tous les élèves en classe, surtout au niveau de leurs comportements, mais également au niveau affectif ou cognitif, tend à diminuer lors des périodes entourant les transitions scolaires, soit suite au passage préscolaire-primaire ainsi qu’avant le passage au secondaire. Par contre, tout au long du primaire, les élèves immigrants de 1ère génération seraient moins désengagés que leurs pairs de 2ième génération ou non-immigrants.

L’importance des liens affectifs

Alors que l’on constate une constante diminution de l’intérêt et de la valorisation de l’école chez tous les élèves au cours du primaire, la création de liens affectifs avec les enseignants, l’investissement actif des élèves dans les activités de l’école et le développement d’un sentiment d’appartenance en classe contribuent positivement à l’engagement des élèves et surtout, à l’engagement des garçons et des élèves issus de l’immigration.

Des pratiques qui ont des effets opposés sur l’engagement des immigrants

Plusieurs des pratiques utilisées par les enseignants influencent tous les élèves de la même façon. Cependant, certaines pratiques ont un impact différent, voire opposé, sur l’engagement des élèves immigrants et non immigrants. Par exemple, l’utilisation en classe d’un système d’encadrement rigide et structuré serait associée positivement à l’engagement des élèves immigrants. Par contre, un tel système serait nuisible à l’engagement des élèves nés au Canada de parents canadiens qui, au contraire, bénéficient davantage d’un environnement souple et flexible soutenant leur autonomie.

Les pistes d’action à envisager?

Les résultats de ce projet militent en faveur de l’implantation d’une pédagogie différenciée dans les classes, mais également de la mise en place de mesures favorisant la création de liens affectifs à l’école, l’investissement actif dans les activités scolaires et parascolaires et le développement d’un sentiment d’appartenance à l’école.

L’implantation de telles mesures serait d’autant plus pertinente lors des périodes de plus grandes vulnérabilités, notamment celles entourant les transitions scolaires.

[Pour en savoir plus]

 

Image : Yuttasak Jannarong / Shutterstock.com

Dernière modification : 15 février 2016.

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