Les exigences en lecture sont-elles trop élevées au préscolaire?

Selon des spécialistes, une pression serait souvent exercée à l’endroit des enfants de maternelle afin qu’ils développent le plus tôt possible leurs habiletés en lecture. Cette pression est-elle de mise?
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En première année, lors de l’entrée « formelle » dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, les élèves ne sont pas tous au même niveau en ce qui concerne leur développement langagier.

Aux États-Unis, on utilise un outil d’évaluation pour déterminer à quel niveau se situe l’enfant dans l’apprentissage de la lecture. D’après cet outil standardisé, au terme du préscolaire, un enfant devrait être capable de :

Certains experts en développement de l’enfant affirment que la lecture de textes débutants est exagérée au terme de la maternelle. C’est le cas de Nancy Carlsson-Paige, professeure émérite à l’Université Lesley au Massachusetts.

La plupart des enfants de 5 ans ne sont pas prêts à apprendre à lire. […] Il existe plusieurs activités bénéfiques au développement des bases nécessaires à l’apprentissage de la lecture, qui viendra plus tard.

Selon la professeure, au préscolaire, il semble y avoir une tendance à privilégier les savoirs des curriculums au jeu, ce que déplore Carlsson-Paige.

Plusieurs enseignants ressentent de la pression pour s’assurer que les enfants rencontrent les standards avant leur entrée en première année. Cette pression peut se refléter par une concentration sur les notions académiques, au détriment du temps de jeu accordé.

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Selon Colleen Rau, une spécialiste dans l’intervention en lecture, cette pression doit être chassée pour se concentrer davantage sur le niveau de développement des enfants. À son sens, si les enfants ne sont pas prêts pour les apprentissages qu’on leur impose, ils pourraient développer des « mécanismes d’adaptation » (coping mecanisms) qui leur nuiront plus tard lorsqu’ils seront confrontés à des textes plus avancés. Les enfants ont besoin d’avoir une bonne confiance d’eux-mêmes pour être en mesure de devenir de bons lecteurs, et cette confiance est mise à l’épreuve si l’enfant n’est pas prêt pour cet apprentissage, soutient-elle.

Des niveaux de développement différents

Selon Paige-Carlsson, bon nombre d’enfants sont prêts à lire en maternelle et parfois même avant. Toutefois, ce n’est pas le cas de tous les apprenants. La progression de la pensée symbolique associée à la capacité de saisir que les lettres font des sons, et que ces sons forment des mots est bien documentée. En présentant aux enfants des informations qui leur apparaissent trop éloignées de ce qu’ils connaissent, ils sont plus enclins à se sentir contrariés et à se décourager.

Une partie importante de l’activité d’enseignement est de comprendre où se situe l’enfant dans le développement des concepts et d’être en mesure de lui présenter de nouvelles informations qui vont présenter un défi réaliste pour lui.

Aider les enfants par l’éveil à la lecture [Dossier thématique]

 L’idée est d’offrir aux élèves avancés et à ceux moins avancés des opportunités de progresser à leur rythme.

Une autre façon d’aborder le problème

Si certains auteurs décrient les standards trop élevés en lecture au préscolaire, d’autres comme Pondiscio, Gentry et Pimentel soutiennent que ces standards permettent de cibler tôt les élèves pouvant présenter des écarts importants sur le plan de l’apprentissage de la lecture. Selon eux, le véritable problème n’est pas les standards imposés, mais plutôt les lacunes sur le plan de l’énergie investie dans le soutien aux élèves qui ne répondent pas aux standards.

* * *

Au Québec, les « savoirs essentiels » ciblés au préscolaire concernant le développement langagier sont les suivants :


(Source, p. 68)

[Consultez l’article]

 

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Dernière modification : 26 février 2016.

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