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Prédire la délinquance à partir des habiletés cognitives

Y aurait-il un lien entre les comportements de délinquance adoptés par certains jeunes et leur développement cognitif? Il semblerait que oui, selon des chercheurs de l’Université de Montréal.délinquance_adolescenceLe projet doctoral de Michelle Pinsonneault, étudiante en psychoéducation à l’Université de Montréal, porte sur les déficits cognitifs et les comportements antisociaux extériorisés chez les jeunes du préscolaire et du primaire. Dans le cadre de son projet, la chercheuse a procédé à la recension et à l’analyse d’une centaine de recherches internationales sur le sujet. Cet article présente les grandes lignes des résultats de sa recherche, dirigée par Jean R. Ségin, professeur de psychiatrie et chercheur, et Sophie Parent, professeure en psychoéducation.

Un premier constat qui ressort de la recherche est le suivant : les jeunes adoptant des comportements antisociaux impliquant de la violence (par exemple les jeunes étant fréquemment impliqués dans des batailles ou à l’origine de situations d’intimidation) présenteraient certains déficits en ce qui concerne leur fonction exécutive. Ces déficits cognitifs s’observeraient très tôt dans le développement de l’enfant (dès le préscolaire).

Lien entre comportement et cognition

Le contrôle qu’exerce un individu sur son comportement fait appel à plusieurs processus dans son cerveau, par exemple lorsqu’il s’agit d’inhiber un comportement ou de faire preuve de flexibilité dans son raisonnement lorsque survient un conflit ou un problème.

Une difficulté dans les processus ou à une étape de la résolution de problème peut entraîner un comportement inapproprié pour résoudre un conflit.

Les fonctions exécutives : Un outil central pour la réussite scolaire

En considérant les comportements antisociaux comme étant associés à des déficits cognitifs, Pinsonneault se dote d’une lunette différente pour analyser l’évolution de ces comportements.

L’importance des transitions

Selon les chercheurs associés au projet de recherche, les déficits cognitifs varieraient aussi en fonction de la période du développement de l’enfant où apparaissent les comportements antisociaux. À cet effet, les transitions semblent jouer un rôle important. À titre d’exemple, lors du passage du primaire au secondaire, les adolescents seraient plus enclins à présenter des comportements à risque, particulièrement lorsque le développement physique du jeune est plus rapide que le développement de ses capacités cognitives.

Une intervention sur mesure

Pinsonneault fait aussi le constat que les méthodes d’intervention sont souvent les mêmes pour tous les jeunes délinquants. Toutefois, à son sens, il existe plusieurs types de comportements antisociaux, qui nécessitent donc différents types d’intervention.

La gestion des comportements [Dossier thématique]

Les jeunes délinquants forment […] des groupes hétérogènes dont les trajectoires sont variées et semblent tracées d’avance.

C’est pourquoi il importe de cibler les causes et l’origine des comportements pour pouvoir intervenir efficacement. Selon Pinsonneault, il est possible de travailler à l’amélioration des fonctions exécutives tant chez les jeunes que chez les moins jeunes.

Ce constat a amené la chercheuse à concevoir un modèle théorique qui permet d’analyser les différentes trajectoires que peuvent suivre les enfants présentant des comportements antisociaux. En utilisant ce modèle, l’intervention devrait être mieux adaptée aux spécificités des comportements observés.

[Consultez l'article]

 

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