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Mieux comprendre les « au secours! » d’enseignants du primaire québécois

Une étude menée en 2010 auprès de 2401 enseignants québécois révélait que 19% d’entre eux évaluaient leur santé mentale de moyenne à médiocre (8,1% dans la population active générale). Environ 60 % des participants rapportaient éprouver des symptômes d’épuisement professionnel chaque mois, dont 20 % au moins une fois par semaine. Plusieurs sources révèlent des indices alarmants de détresse psychologique chez les enseignants ainsi qu’un taux d’abandon de la profession au cours des cinq premières années de pratique entre 15 % et 20 %.

Quelles sont les difficultés des enseignants susceptibles d’expliquer de tels chiffres, comment risquent-elles d’influencer le parcours scolaire des élèves et de quel soutien les enseignants bénéficieraient-ils?

enseignants-primaire

Par Anne Brault-Labbé, Ph.D., psychologue et professeure agrégée à l’Université de Sherbrooke.

Une équipe de l’Université de Sherbrooke a tenté de se pencher en profondeur sur ces questions, plus particulièrement auprès d’enseignants du primaire. Cette recherche a été menée grâce au soutien financier du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC) et du Ministère de l’éducation, des loisirs et du sport (MELS) dans le cadre des Actions concertées sur la persévérance et la réussite scolaire.

[Résumé de la recherche]

Le soutien aux élèves en difficulté

Parmi les quinze aspects du contexte professionnel des enseignants à l’étude, le soutien aux élèves en difficulté est clairement apparu comme principale source de préoccupation, étant vécu comme hautement problématique pour près de 80% des répondants. Le manque de ressources spécialisées pour ces élèves semble être à la source d’un cri du coeur des enseignants, qui rapportent des sentiments marqués de débordement et d’impuissance.

Impressions de devoir « faire des miracles » pour les élèves sans service, de devoir tenter de « réagir comme un spécialiste » sans avoir la formation pour le faire, de passer son temps à « éteindre des feux » plutôt qu’à enseigner habitent les enseignants.

En outre, certains appréhendent les conséquences négatives de cette situation sur le parcours scolaire de l’ensemble des élèves, qui s’en trouveraient tous pénalisés. Ils expriment le souhait que soient remis à l’ordre du jour des décideurs du milieu de l’éducation les ressources financières, matérielles et humaines allouées aux élèves en difficulté ainsi que la délicate question de leur intégration massive en classe régulière.

[Motiver les élèves en soutenant les enseignants]

Le ratio élèves-enseignant

À cela s’ajoute le ratio élèves-enseignant, dont la diminution représente la mesure de soutien la plus fréquemment souhaitée par les enseignants pour atténuer des difficultés reliées à la transmission des connaissances, aux relations avec les élèves et à la gestion de classe. Les relations avec les directions d’école apparaissent également comme cible prioritaire d’intervention puisqu’elles représentent le meilleur prédicteur d’engagement et de bien-être chez les enseignants.

[L'impact de la taille des classes sur la réussite éducative]

Les relations avec les directions d’école

Les résultats suggèrent que des relations positives avec la direction d’école pourraient constituer un facteur de protection face aux difficultés rencontrées par les enseignants dans l’exercice de leur tâche auprès des élèves. L’étude met également en lumière des difficultés importantes vécues par les enseignants novices en lien avec leurs conditions de travail précaires et instables, ces difficultés étant associées à une diminution de leur intérêt face à la profession ainsi qu’à leur intention de quitter celle-ci.

Conclusion

Au regard de l’ensemble des difficultés des enseignants investiguées dans cette recherche, des liens possibles avec la persévérance et la réussite scolaires des élèves sont explorés et des pistes de réflexion s’en dégagent pour de nombreux acteurs et décideurs du milieu de l’éducation primaire au Québec.

[Rapport intégral]

Dernière modification : 5 octobre 2015.

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