Créer un environnement scolaire sécurisant selon une approche globale et positive

La recherche nous apprend que les actions qui se limitent à réagir aux situations de violence sont peu efficaces pour permettre aux enfants de développer une meilleure compétence relationnelle à l’école. Pour obtenir des effets durables, nos interventions doivent d’abord être préventives, basées sur des stratégies éducatives, ancrées dans des routines quotidiennes et s’inscrire dans une approche globale et positive.

Source de l’image : Shutterstock Rawpixel.com

Par : Claire Beaumont, professeure/chercheure, titulaire de la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif, Université Laval.

Qu’est-ce que l’approche globale?

Aborder l’école selon une approche globale et positive nécessite que l’équipe scolaire se dote d’une philosophie d’intervention commune, basée sur des valeurs partagées qui transcendent dans toutes les sphères de la vie scolaire (ex. : activités académiques, récréatives, éducatives, relationnelles). À la base, l’approche globale signifie que le personnel, les parents et la communauté ne s’attardent pas uniquement aux problèmes lorsqu’ils surviennent, mais organisent la vie scolaire dans un but premier, celui d’offrir un milieu de vie stimulant et soutenant à tous ceux qui s’y trouvent.

Un climat d’établissement positif améliore la qualité de la vie scolaire, favorise l’acceptation des différences et plus, valorise ces différences en exploitant les forces de chacun. Dans ces écoles, les comportements problématiques sont souvent évités en créant des opportunités d’apprentissages multiples et stimulantes pour les jeunes. C’est donc en s’attardant au bien-être général et à leur développement personnel, social et scolaire qu’il devient possible de prévenir certaines difficultés susceptibles d’être rencontrées par les élèves (ex. : retrait social, victimisation par les pairs, états dépressifs, échecs, absentéisme, décrochage, etc.).

Des habiletés sociales à la base d’une approche positive

L’approche globale et positive se veut ainsi éducative plutôt que punitive, en ce sens que les élèves doivent apprendre à vivre ensemble. Très tôt ils ont besoin d’être encouragés et guidés pour développer des comportements prosociaux (ex. : entraide, empathie). Ils doivent apprendre à exprimer adéquatement leurs émotions telles que la déception, l’envie, la jalousie, et à réparer les torts causés à autrui. Ainsi, des émotions mal ou peu exprimées peuvent expliquer pourquoi des jeunes en agressent d’autres. Leurs besoins de se sentir reconnus et inclus dans un groupe doivent être comblés sans quoi certains risquent d’avoir recours à des abus de pouvoir pour se forger un statut social satisfaisant.

Toutes ces habiletés dites sociales sont à la base d’une approche éducative positive qui aide les enfants à devenir des adultes capables de gérer leurs relations interpersonnelles sans atteinte à autrui.

Qui plus est, évoluer dans un tel climat, permet non seulement aux victimes et aux auteurs d’agressions de trouver du soutien pour développer une meilleure compétence relationnelle, mais aussi aux nombreux témoins de développer une culture d’entraide au sein d’une école où les comportements violents ne seront plus acceptés, ni valorisés, ne trouvant plus d’audience.

Développer un sentiment de sécurité et d’appartenance

Neuf conditions facilitantes et sept clés d’action sont proposées par la recherche dans une approche globale et positive de gestion scolaire visant le développement personnel, social et scolaire des élèves :

Ces aspects, souvent de nature organisationnelle, sont reconnus pour leurs retombées positives sur la qualité relationnelle des individus. Ils misent d’abord sur une prévention fondamentale réduisant le risque d’apparition de certains problèmes pouvant survenir à l’école tout en abordant plus spécifiquement certaines problématiques, par exemple celle de la violence à l’école.

Travailler ensemble à instaurer un climat positif et à développer les compétences relationnelles des jeunes constitue ainsi un objectif agréable à poursuivre, entraînant par le fait même, une diminution des comportements violents à l’école.

[www.violence-ecole.ulaval.ca]

Pour en savoir davantage :

Gittins, C. (2006). Réduction de la violence à l’école: Un guide pour le changement. Strasbourg : Édition du Conseil de l’Europe.

BEAUMONT, C. et coll. (2014). La violence à l’école et dans le cyberespace : des interventions soutenues par la recherche. Actes de colloques téléaccessibles à l’adresse : www.violence-ecole.ulaval.ca

Dernière modification : 17 août 2021.

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2 commentaires

  1. Comment créer un environnement sécurisant en ayant une approche globale et positive? En implantant le système Positive Behavioral Interventions and Supports (PBIS) qui est utlisé dans plus de 22 000 écoles étasuniennes et que nous avons traduit en français Le Soutien au Comportement Positif (SCP). Mon équipe et moi accompagnons actuellement une trentaine d’écoles québécoises dans l,implantation du SCP et nos résultats ont montré une baisse significative de nombre d’expulsion de classe. Voir le site scp-pbis.com

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  2. Par Patrick Daganaud le 6 mars 2015 à 1:10

    Je salue, je vais toujours saluer ce que la concertation, la collaboration, l’approche communautaire holistique et préventive dans le cadre d’une vision systémique remontant aux sources et aux causes des problématiques (ici de violence) démontrent de probant dans la construction d’environnements scolaires sains.

    Mais non, la recherche ne nous apprend pas que « les actions qui se limitent à réagir aux situations de violence sont peu efficaces pour permettre aux enfants de développer une meilleure compétence relationnelle à l’école.

    Elle ne nous apprend pas non plus que « pour obtenir des effets durables, nos interventions doivent d’abord être préventives, basées sur des stratégies éducatives, ancrées dans des routines quotidiennes et s’inscrire dans une approche globale et positive. »

    Formuler ainsi ces connaissances issues de la pratique bien avant que les chercheurs ne les théorisent revient à attribuer à la recherche un rôle révélateur qu’elle ne possède que très peu en sciences humaines.

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Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)