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Super prof ou petite classe?

Voilà une question qui a motivé l’Institut Thomas B. Fordham à conduire une étude qui révèle que les élèves profiteraient davantage de l’enseignement d’un excellent professeur, même s’ils doivent le partager dans une classe de grande taille.

Ghost in the Classroom by Ben+Sam, on FlickrComme on peut le lire dans cet article, bien que les résultats soient basés sur une simulation théorique plutôt que sur une reconfiguration réelle de la taille des classes, le bilan est à considérer. Les données de professeurs et d’étudiants de la Caroline du Nord ont été analysées. Celles-ci s’échelonnent sur une période de 4 ans, de la fin du primaire aux premières années du secondaire.

Résultats

La simulation révèle que les élèves ayant retiré les gains les plus importants sont ceux qui sont passés de l’enseignement d’un professeur ordinaire dans une petite classe à l’enseignement d’un professeur compétent dans une classe plus nombreuse. Les enfants demeurés dans les classes au ratio dorénavant réduit ont également vécu un léger avantage, la performance de leur professeur plus faible s’améliorant avec un plus petit nombre d’élèves à charge.

Mais dans cette façon de procéder, seuls certains étudiants auront la chance d’avoir un professeur plus fort. L’argument du chercheur émérite Michael Hansen du Center for Analysis of Longitudinal Data in Education Research (CALDER) est qu’en déséquilibrant volontairement la taille des classes, on fait quelques chanceux de plus:

Idéalement, les écoles augmenteraient le nombre d’étudiants sous la responsabilité des meilleurs enseignants.

Il importe toutefois de garder en tête que la réorganisation de la répartition des élèves dans les classes n’est pas suffisante pour garantir un accès plus équitable pour les enfants. La simulation ne résout pas tous les problèmes sous-jacents, mais elle mène à une bonne piste d’intervention pour réduire les inégalités.

[Réduction de l'effectif des classes : indications de ce qui fonctionne]

Sur le terrain

Certains quartiers expérimentent déjà des approches créatives pour étendre l’accessibilité de leurs meilleurs enseignants, que ce soit par l’utilisation de la vidéoconférence pour enregistrer les cours ou la création de nouveaux postes où les enseignants ont l’occasion de travailler avec plus d’étudiants sans augmenter la taille de leur classe.

Pour conclure, Sarah Almy, directrice de la qualité des professeurs l’organisation The Education Trust à Washington souligne qu’

il ne s’agit pas seulement de faire entrer un grand nombre d’enfants dans un établissement de professeurs hautement efficaces, mais d’y faire entrer davantage de professeurs compétents.

[Consulter l'article]

 

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Dernière modification : 26 février 2016.

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4 commentaires

  1. Par Bourque Jean le 17 décembre 2013 à 10:50

    Il aurait été intéressant de lire ce que sont les caractéristiques d’un « super prof ».

    Cette « recherche » relie trop facilement le succès des élèves au « super prof ». J’ai connu de « super enseignants et enseignantes » qui n’ont pas toujours eu le succès espéré de la part de leurs élèves. Trop de variables entrent en jeu pour tirer de telles conclusions.

    Espérant aussi que les commissions scolaires ne profiteront pas des conclusions d’une telle recherche pour augmenter le nombre d’élèves par classe en misant sur la « super compétence » des enseignants qui sont déjà surchargés, entre autres par le manque de services aux élèves en difficulté.

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  2. Par Louise Poulin le 17 décembre 2013 à 19:53

    Depuis plus de trente ans d’enseignement en tant que spécialiste en musique, le plus petit nombre de groupes d’élèves auxquels je me suis adressée par semaine est vingt,,, et c’est cette année!

    J’ai eu à composer avec un grand nombre de facteurs influençant le nombre d’élèves dans un groupe. En excluant tous les groupes composés d’élèves ayant une problématique particulière, au « régulier » il y a eu deux facteurs déterminants. Le premier que tout le monde connaît, c’est le ratio imposé par le ministère, le second est le nombre d’élèves par niveau dans une école. Les petites écoles sont particulièrement affectées par ce facteur, que ce soit en ayant des groupes en-deçà ou au-delà des ratios.

    Des super profs? J’ai eu la chance d’en côtoyer pas mal au cours des années. En quoi sont-ils super? À tous les ans, ils apprennent à composer avec leur groupe. Ils travaillent d’arrache-pied avec les groupes plus faibles pour hausser leur niveau, ou d’arrache-pied avec leur groupe performant pour leur donner des défis intéressants. Quand ils ont des groupes performants, ils mentionnent tous à un moment ou l’autre de l’année: « Des élèves comme ça, j’en prendrais quarante! » Je vous mets au défi d’en trouver qui accepteraient de courir le risque de le faire dans une école »normale », avec une clientèle »normale », c’est à dire hétérogène, pendant 10 et même 5 années consécutives. (3? C’est à voir)

    Que la grande compétence d’un enseignant ait un impact plus grand sur les gains des élèves que le nombre de « collègues » de ces élèves? Fiou, le contraire aurait été décourageant de chercher à se mettre à jour et à faire de la formation continue.
    Inversement j’ai vu des super profs chevronnés décider de devancer leur mise à la retraite d’une année, après avoir eu une classe particulièrement difficile.

    Chez les spécialistes, les mêmes personnes rencontrent plusieurs groupes d’élèves par année.
    Réussissent-ils à ce que tous fassent les mêmes gains au bout de l’année? Non.
    Les élèves font-ils plus de gains avec un spécialiste compétent qu’avec un autre? C’est clair.

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  3. Par Super prof ou petite classe? — RIRE | dproy le 18 décembre 2013 à 8:27

    […] See on rire.ctreq.qc.ca […]

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  4. Par Bourque Jean le 19 décembre 2013 à 18:23

    J’aurais aimé lire ce qui caractérise un « super prof ». Les conclusions de cette recherche me semblent un peu simplistes car il y a tant de variables qui peuvent expliquer la réussite des élèves. Je connais de « super profs » pour qui la réussite de leurs élèves n’était pas au rendez-vous.

    Enfin, j’espère que les commissions scolaires ne se serviront pas de cette recherche pour augmenter le nombre d’élèves dans les classes en leur demandant d’être d’être des « super profs ». Leur travail est déjà énorme, inutile d’ajouter de une pression indue sur eux.

    Jean Bourque.

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