Réel écart langagier entre enfants riches et pauvres

Une grande variabilité interindividuelle s’observe dans l’acquisition du langage chez les jeunes enfants. Cette diversité est normale, mais une étude menée par des Psychologues de l’Université de Stanford révèle que les enfants de 2 ans qui proviennent d’une famille au statut socio-économique précaire seraient déjà 6 mois en retard sur leurs pairs davantage privilégiés.

Alô!? by Diego Dalmaso, on Flickr

Des données alarmantes

La recherche de la professeure Anne Fernald a permis de comparer les performances langagières de 2 groupes d’enfants. En voici les faits saillants:

    • Entre 18 et 24 mois, les enfants favorisés ajoutent plus de 260 mots à leur vocabulaire, alors que les enfants plus démunis en apprennent 30% de moins;
    • À 18 mois, les enfants plus choyés identifient correctement des objets en 750 millisecondes, alors que ceux moins privilégiés fournissent leur réponse 200 millisecondes plus tard, ce qui est significatif en terme de vitesse de traitement cognitif;
    • À 24 mois, les enfants provenant d’un milieu précaire rejoignent à peine le niveau d’efficacité de traitement des enfants mieux nantis de 18 mois.

La professeure Fernald affirme que ces résultats ne sont que le commencement d’une dégringolade développementale, une disparité croissante entre les enfants qui aura un impact énorme dans leur vie scolaire et professionnelle.

Un fossé qui se creuse avec le temps

Le temps ne fait pas bien les choses dans ce cas-ci. Les résultats à des tests de développement langagier standardisés dévoilent qu’encore à 5 ans, ces enfants provenant de familles désavantagées accusent un retard d’au moins 2 ans.

D’où proviennent ces différences si précoces?

La clé résiderait dans la quantité et la qualité de stimulation langagière fournie par les parents à leurs enfants. En effet, il a été observé que les enfants de parents qui interagissent avec eux de façon engagée et soutenante sont plus susceptibles de développer leur potentiel intellectuel futur que les bambins qui entendent très peu de langage leur étant directement adressé.

[Le langage comme source d’identification sociale]

La chercheuse Fernald affirme toutefois que le statut socio-économique n’est pas une fatalité:

Peu importe la situation économique, les parents qui utilisent un langage riche et omniprésent avec leur progéniture les aideront indubitablement à apprendre plus rapidement.

Sachant cela, les prochains travaux dans le domaine viseront à identifier des méthodes d’intervention appropriées pour outiller ces familles dans le besoin.

[Consulter l’article]

 

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Dernière modification : 11 mai 2017.

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Un commentaire

  1. Par Zulu Mukoko le 22 mars 2015 à 0:22

    En lisant cet article, je pense a ma situation quand je grandissais. Mes parents n avaient pas beaucoup etudie, et il etait difficile pour eux de pouvoir parler francais qui est notre langue officielle de communication.Du point de vue apprentissage de la langue, c etait difficile pour nous de pouvoir nous exprimer correctement en francais parce que a la maison on en parlait presque pas. Dans ce monde ou les gens ont donne plus d importance aux biens materiels, plus precisement a l argent, beaucoup d,enfants sont sacrifies a eux-memes,et leurs resultats du point de vue intellectuel ou dans l apprentissage de la langue est moins satisfaisants.

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