Un engagement collectif pour maintenir et rehausser les compétences en littératie des adultes‏

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Le Conseil supérieur de l’éducation a rendu public, le mardi 17 septembre 2013, son avis intitulé Un engagement collectif pour maintenir et rehausser les compétences en littératie.

Dans ce document, le Conseil exprime sa vive préoccupation devant le nombre considérable d’adultes québécois qui ont un niveau insuffisant de compétences en littératie. Monsieur Claude Lessard, président du CSE, a lancé un appel a la mobilisation concertée des pouvoirs politiques de même que des organismes communautaires.

 

Des résultats inquiétants

Selon les résultats de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA, 2003), 49% des Québécois âgés de 16 à 65 ans ne possèdent pas les compétences suffisantes pour comprendre et traiter l’information écrite, et fonctionner aisément dans la vie quotidienne.

Par exemple, ces individus sont incapables de comprendre :

  • la posologie sur un emballage de médicaments;
  • les instructions d’assemblage d’une étagère;
  • les consignes d’un manuel de sécurité.

Comment expliquer cette réalité?

Monsieur Lessard mettait en lumière trois situations qui peuvent expliquer un niveau insuffisant de compétences en littératie, soit :

1) un bagage insuffisant de compétences à la sortie de l’école en raison d’un passé scolaire difficile ;
2) des exigences en forte recomposition dans le milieu de travail ;
3) une maîtrise insuffisante de la langue de la société d’accueil.

Il rappelait aussi que les compétences en littératie peuvent se perdre si elles ne sont pas maintenues. En ce sens, le maintien des compétences en littératie revêt la plus grande importance. « Il y va non seulement de leur pleine participation au développement économique et social du Québec, mais aussi de leur accès équitable aux bénéfices collectifs de ce développement. »

Une situation inacceptable qui nécessite des perspectives d’action

Tel qu’indiqué dans l’avis du Conseil, plusieurs perspectives d’action sont envisageables pour le Québec. Tout d’abord, les acteurs gouvernementaux doivent réaffirmer leur volonté de redresser la situation. Pour ce faire, ils devront se baser sur les instruments de mesure actuels. En effet, selon Monsieur Lessard, il est important de bien mesurer notre situation et de la comparer.

L’exemple de la Suède

« Ces comparaisons permettent de mettre en évidence des différences. À cet égard, l’exemple de la Suède est éloquent. Les Suédois ont mis de l’avant leurs habiletés en littératie, notamment en instaurant davantage de cercles d’étude au travail. Chaque année 275 000 cercles d’étude se forment sur n’importe quels sujets pertinents. » En ce sens, l’approche suédoise diffère de l’approche québécoise, alors que nous avons opté pour une « approche problématisante », la Suède aurait opté pour un financement massif de l’offre de formation des adultes sans chercher à cibler les clientèles les plus précaires. (CSE, 2013 : 164).

Le rehaussement des connaissances

L’avis du CSE recommande d’apporter les corrections nécessaires aux formations actuels et de reconnaître les modes d’apprentissage et de formation informels et non formels qui peuvent contribuer au maintien et au renforcement des compétences des adultes faiblement alphabétisés. En d’autres mots, quel environnement stimulant favoriserait l’acquisition de nouvelles compétences en littératie?

Monsieur Lessard a finalement invité les acteurs gouvernementaux et communautaires à consolider les actions et à agir autrement et a terminé avec les paroles de Gérald Godin dans son poème L’eau dasse :

« Avant de parler / il tourne les mots dans sa tête / il voit ceux qui passent bien /
et ceux qui le font buter / et l’audace / c’est choisir ceux qui le font buter »

[Consulter le rapport]


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Dernière modification : 11 mai 2017.

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