L’inclusion de la diversité sexuelle à l’école

shadows. by AmandaLouise, on Flickr

« Les théories de l’inclusion en éducation visent à promouvoir l’équité en éducation par une pédagogie centrée sur l’apprenant et desservant tous les élèves dans leur diversité.  Ainsi sont devenus centraux dans cette nouvelle culture de l’inclusion scolaire les élèves issus de groupes minoritaires sur les plans ethnoculturel, religieux, linguistique et socioéconomique et, plus rarement, les élèves de minorités sexuelles, soit s’identifiant comme lesbiennes, gais, bisexuels ou questionnant leur orientation sexuelle (LGBQ). »

Les recherches portant sur les expériences scolaires des jeunes LGBQ contribuent à dresser le portrait global d’un système scolaire inclusif dans ses intentions, mais pas forcément dans ses pratiques.

 

Trois principaux constats

« Afin d’examiner les modalités d’inclusion et d’exclusion de la diversité sexuelle dans le curriculum scolaire et l’appréciation réservée à ces apprentissages par les jeunes de minorités sexuelles », les chercheuses Gabrielle Richard de l’UdeM ainsi que Line Chamberland et Marie-Pier Petit de l’UQAM ont mené une enquête qualitative auprès de 65 jeunes LCBG québécois qui ont témoigné de leurs expériences à l’école secondaire et au collégial en lien avec l’homosexualité.

Tel que mentionné dans ce rapport, trois constats se dégagent des propos de ces jeunes de 14 à 24 ans :

1. la disparité des contextes d’enseignements liés à la diversité sexuelle

« Lorsque les thématiques relatives aux orientations sexuelles sont abordées en classe, cela semble relever d’une pluralité de contextes et de l’initiative de plusieurs acteurs du milieu scolaire (enseignants, intervenant communautaire, infirmière, films). Bien qu’abordée dans un contexte scolaire, il ressort que l’homosexualité ne fait pas souvent l’objet d’enseignements à proprement parler. »

2. l’importance du rôle des enseignants quant à la qualité des savoirs transmis

« Un important nombre de participants déclarent ne pas être satisfaits de la manière dont on leur a parlé de diversité sexuelle. Ils reprochent à leurs enseignants de transmettre des informations erronées ou incomplètes, de ne pas intervenir ou fournir suffisamment d’encadrement lors des débats et discussions en classe. »

« Bien que les élèves rencontrés ne considèrent pas tous leurs enseignants comme des sources valables d’information sur l’homosexualité, plusieurs ont mentionné avoir été aidés, directement ou indirectement, par un enseignant. Cette aide peut prendre plusieurs formes, dont l’établissement de règles de conduite strictes en classe, l’intervention lors de propos homophobes et la création d’une relation de confiance avec l’élève. »

3. l’inconfort généralisé généré par les discussions relatives à l’homosexualité

« Les récits de la majorité des interviewés rendent compte des craintes avec lesquelles non seulement eux, mais l’ensemble des élèves de la classe semblent devoir composer. Par la nature des propos que les enseignants tiennent, par leur degré de promptitude à réagir pour mettre un terme à des épisodes d’homophobie, ils contribuent à établir un climat de classe sécuritaire, ou au contraire, hostile à une discussion qui devrait être empreinte de tolérance et de respect. »

Youth Participation by youthpolicy.org, on Flickr

 

Ces témoignages révèlent l’importance du rôle des enseignants en tant qu’agents d’intervention et de lutte contre l’homophobie :

« En véhiculant en classe des représentations de la diversité sexuelle perçues par les élèves LGBQ comme au mieux incomplètes, au pire, stéréotypées, les enseignants contribuent malgré eux au déni de reconnaissance exercé par l’institution scolaire québécoise à l’endroit des jeunes de minorités sexuelles qui la fréquentent. »

» La divergence des contextes d’apprentissage liés à la diversité sexuelle et les pratiques pédagogiques lacunaires de certains enseignants qui ont été rapportées par les élèves rencontrés dans le cadre de cette étude témoignent de la manière dont l’inclusion de la diversité sexuelle en éducation met à l’épreuve le modèle actuel d’éducation inclusive. »

Pour remédier à la situation, les chercheuses évoquent la nécessité de diriger les efforts d’inclusion vers le développement chez les enseignants et les intervenants scolaires d’une « sensibilité à l’hétérosexisme » laquelle leur permettrait de concevoir comme problématiques non seulement les attitudes et les comportements ouvertement hostiles à l’égard de la diversité sexuelle, mais aussi les pratiques contribuant au déni de reconnaissance des jeunes LGBQ.

[Pour accéder au rapport]

 

Creative Commons Attribution-No Derivative Works 2.0 Generic License AmandaLouise youthpolicy.org

Dernière modification : 2 juin 2017.

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