La télévision et les jeux vidéo pourraient contribuer à accroitre les problèmes d’attention chez les jeunes

téléchargementTexte traduit et adapté de ISU study finds TV viewing, video game play contribute to kids’ attention problems, publié sur le site de l’Université de l’Iowa le 4 juillet 2010.
Une nouvelle étude menée par trois psychologues de l’Université Iowa a révélé que l’exposition à un écran de télé est associée à une hausse des problèmes d’attention chez les jeunes. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Pediatrics le 5 juillet dernier.

Les chercheurs ont découvert que les enfants qui ont passé plus de temps devant l’écran que les 2 heures recommandées par l’American Academy of Pediatrics avaient 1,5 à 2 fois plus de chances d’avoir des problèmes d’attention.

« La plupart des enfants passe beaucoup plus de 2 h devant l’écran. Dans notre échantillon, la durée moyenne totale du temps de visionnement est de 4,26 h par jour. Notons que cette moyenne est par ailleurs inférieure à la moyenne nationale. »

Une recherche menée sur des élèves du primaire et des jeunes adultes

Les chercheurs ont suivi un premier groupe de 1 323 enfants de 3e, 4e et 5e année pendant 13 mois. L’équipe de recherche a demandé aux parents des jeunes participants de remplir des formulaires sur les habitudes télévisuelles de leurs enfants et sur le temps qu’ils consacraient aux jeux vidéo. Les données sur les problèmes d’attention ont été recueillies auprès de leurs enseignants. Le second groupe était constitué de 210 jeunes adultes qui ont auto-évalué leur exposition à la télévision et aux jeux vidéo et ils ont répondu à des questions portant sur les problèmes d’attention.

On ne sait pas encore exactement pourquoi les médias sur écran peuvent augmenter les problèmes d’attention. « Toutefois, de nombreux chercheurs pensent que cela peut être dû au déferlement rapide d’images ou à d’autres effets visuels qui attirent naturellement l’attention et qui sont utilisés par la télévision et les jeux vidéo », affirme Edward Swing qui a dirigé l’étude.

Douglas Gentile, un des chercheurs ayant mené l’étude, est d’avis que le rythme des émissions de télévision s’est accéléré à cause de « l’effet MTV. »

« Dès son arrivée sur les ondes, MTV a diffusé des clips qui présentaient un flot d’images qui se succédaient à la seconde ou aux deux secondes, explique Gentile. Par conséquent, le rythme des émissions de télévision et des films s’est accéléré lui aussi. »

Le chercheur pense que ce rythme pourrait avoir des effets cérébraux sur le plan du maintien de l’attention.

« La neuroscience nous a appris que le cerveau se développe en fonction de ce qu’il fait, soutient Gentile. Si les enfants entrainent leur cerveau à être constamment soumis à des stimuli (sons, lumière, angles de caméra) ou à recevoir une rétroaction immédiate (comme dans les jeux vidéo), les enseignants qui ne disposent pas d’un budget d’un million de dollars par épisode peuvent avoir de la difficulté à maintenir l’attention de leurs élèves en classe. »

Des liens potentiels entre la télé, les jeux vidéo et le TDAH

En se basant sur les résultats de leur étude, Swing et Gentile concluent que l’exposition à la télévision et aux jeux vidéo pourrait être un facteur qui contribue au développement du trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (TDAH) chez les enfants.

« Nous savons que le cerveau s’adapte et évolue en fonction des stimuli de l’environnement auquel il est exposé à plusieurs reprises. Par conséquent, il n’est pas déraisonnable de croire que les stimuli de l’environnement peuvent augmenter le risque de développer le TDAH, de la même manière que les stimuli de l’environnement, comme le tabagisme, peuvent augmenter le risque de cancer. »

« Même si notre étude ne portait pas spécifiquement sur le TDAH, nous nous sommes concentrés sur des problèmes d’attention qui sont vécus par les élèves atteints du TDAH, ajoute Swing. Par exemple, nous avons été surpris de constater que, sur une période d’un an seulement, les enfants les plus exposés à l’écran risquaient de développer des problèmes d’attention en classe. »

Swing souligne que les liens trouvés entre les problèmes d’attention, l’exposition à la télévision et aux jeux vidéo sont significatifs, mais faibles.

Il est important de noter que le temps passé devant la télévision ou devant les jeux vidéo ne peut pas uniquement expliquer le développement des problèmes d’attention. De toute évidence, d’autres facteurs entrent en ligne de compte.

Les chercheurs ont l’intention de continuer à étudier les effets sur l’attention du temps passé devant le petit écran. Ils espèrent aussi mener prochainement des recherches qui pourraient cerner les aspects les plus dommageables de la télévision et des jeux vidéo sur l’attention.
Edward L. Swing, Douglas A. Gentile, Craig A. Anderson, David A. Walsh (2010). Television and Video Game Exposure and the Development of Attention Problems. Pediatrics, vol. 126, no 2 (août 2010), p. 213-222 (télécharger l’article en prépublication [PDF])

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Dernière modification : 6 décembre 2014.

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