Les enseignantes du primaire pourraient transmettre leur angoisse des mathématiques aux filles

images (3)Texte adapté et traduit de l’anglais de Female teachers can transfer fear of math and undermine girls’ math performance, publié sur le site de l’Université de Chicago le 25 janvier 2010
Selon une étude de l’Université de Chicago publiée dans le période en ligne Proceedings of the National Academy of Sciences, les enseignantes des écoles primaires pourraient transmettre à leurs élèves de sexe féminin leur anxiété et leurs stéréotypes au sujet des mathématiques. À l’issue de l’étude, les chercheurs ont observé que les filles qui avaient adopté les stéréotypes de leur enseignante ont obtenu de moins bons résultats dans cette matière.

Ces conclusions sont l’aboutissement d’une étude qui s’est déroulée sur une période d’un an et à laquelle ont participé 17 enseignantes de première et de deuxième année, ainsi que leurs élèves, 52 garçons et 65 filles. Les chercheurs ont constaté que les enseignantes angoissées par les mathématiques transféraient leur peur aux filles, mais pas aux garçons.

« Avoir une enseignante qui manifeste un niveau d’anxiété élevé par rapport aux mathématiques peut amener les filles à croire au stéréotype selon lequel elles ne sont pas aussi bonnes que les garçons dans cette matière, ce qui, en retour, affecte le rendement en mathématiques des jeunes filles », soutient Sian Beilock, professeur agrégé en psychologie à l’Université de Chicago et auteure principale de l’étude. On peut aussi penser que l’anxiété des enseignantes par rapport aux mathématiques affecterait non seulement la confiance des filles dans cette matière, mais aussi dans des matières connexes comme en science et technologie.

Pour déterminer l’impact de l’anxiété des enseignantes sur les élèves, les chercheurs ont d’abord évalué l’anxiété des enseignantes par rapport aux mathématiques. Par la suite, ils ont examiné les résultats des élèves en mathématiques, au début et à la fin de l’année scolaire, ainsi que leurs stéréotypes quant aux genres.

Au début de l’année scolaire, les auteurs de l’étude ont noté que le rendement en mathématiques des élèves, garçons et filles, n’était pas lié à l’angoisse des mathématiques de l’enseignante. Cependant, à la fin de l’année scolaire, les chercheurs ont observé que plus les enseignantes étaient angoissées par rapport aux mathématiques, plus les filles étaient susceptibles, contrairement aux garçons, d’approuver le préjugé que « les garçons sont bons en mathématiques et que les filles sont bonnes en lecture. » Les filles qui ont accepté ce stéréotype ont moins bien réussi les évaluations en mathématiques à la fin de l’année scolaire que les filles qui n’ont pas accepté ce stéréotype et que les garçons dans l’ensemble.

Des recherches antérieures ont démontré que les attitudes des adultes influencent fortement les enfants du primaire et que cette relation est plus forte pour les enfants qui côtoient un adulte du même sexe. « Ainsi, il se peut que les filles de première et de deuxième année soient plus susceptibles d’être influencées par l’anxiété de leur enseignante que leurs camarades garçons, parce que la plupart des enseignants du premier cycle du primaire sont des femmes, et que leur niveau d’anxiété élevé par rapport aux maths confirme un stéréotype de la société quant à l’aptitude en mathématiques des jeunes filles », estime Beilock.

Les auteurs de l’étude suggèrent que les programmes de formation des maitres pourraient être renforcés en exigeant davantage de préparation en mathématiques pour les futurs enseignants du primaire et en abordant les questions de l’attitude et de l’anxiété face aux mathématiques.

[Télécharger l’article en ligne publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences]
Sian L. Beilock1, Elizabeth A. Gunderson, Gerardo Ramirez, and Susan C. Levine (2009). Female teachers’ math anxiety affects girls’ math achievement dans Proceedings of the National Academy of Sciences, prépublication.

Dernière modification : 7 septembre 2016.

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