La motivation scolaire (2009) [version résumée]

par Marie-Ève Lacroix et Pierre Potvin, Université du Québec à Trois-Rivières

« La motivation en contexte scolaire est un état dynamique qui a ses origines dans les perceptions qu’un élève a de lui-même et de son environnement et qui l’incite à choisir une activité, à s’y engager et à persévérer dans son accomplissement afin d’atteindre un but » – Rolland Viau (1994), La motivation en contexte scolaire (p. 7)

La réussite scolaire est affaire de capacité, mais aussi de motivation. Une meilleure connaissance des sources de la motivation scolaire, des indicateurs permettant de la mesurer et des variables qui y sont associées permet d’adopter des stratégies d’intervention mieux ciblées pour la favoriser.

Les sources

Comme celle de l’adulte, la motivation de l’élève est variable. Elle évolue en fonction de la compréhension qu’il a de lui-même et de son environnement, de même que des conclusions qu’il en tire. Outre cette perception générale, la motivation de l’élève est influencée par les perceptions spécifiques de soi : perception de la valeur d’une matière ou d’une activité, perception de sa propre compétence, aussi nommée « sentiment d’efficacité interpersonnelle », et perception du degré de contrôle qu’il pense avoir sur le déroulement et l’issue d’une activité proposée.

Cette dernière perception, appelée « perception de contrôlabilité », est influencée par le sentiment d’efficacité interpersonnelle, mais aussi, d’après certains auteurs, par les « perceptions attributionnelles », c’est-à-dire la cause invoquée par un élève pour expliquer ses réussites et ses échecs. S’il considère qu’il n’a pas de pouvoir sur cette cause (aptitudes intellectuelles), cela risque de nuire à son sentiment de contrôlabilité et, par conséquent, à sa motivation.

Les indicateurs

Les principaux indicateurs permettant de mesurer le niveau de motivation d’un élève sont le choix de s’engager en déployant des stratégies d’apprentissage (par opposition aux stratégies d’évitement) ; la persévérance, qui s’observe par le temps consacré aux activités scolaires ; l’engagement, qui se manifeste par l’utilisation de stratégies d’apprentissage (ex. : mémorisation, élaboration, etc.) et des stratégies d’autorégulation (stratégies métacognitives, stratégies de gestion et stratégies motivationnelles) ; et enfin la performance, qui est en quelque sorte la résultante du choix de s’engager, de persévérer et de s’engager. Cependant, la performance à elle seule ne suffit pas pour évaluer la motivation scolaire.

Conclusion

La motivation scolaire est essentielle à la réussite éducative des élèves et les intervenants scolaires peuvent contribuer à son développement. Ils doivent d’abord intervenir sur les sources de la motivation en se préoccupant des éléments suivants : favoriser une perception positive chez les élèves de la valeur des activités ou de la matière (intérêt, importance et utilité) et soutenir le développement du sentiment d’efficacité interpersonnelle et du contrôle exercé par les élèves sur les tâches d’apprentissage.

Les indicateurs de la motivation scolaire doivent être utilisés non seulement à des fins d’évaluation, mais aussi dans le but de favoriser chez les élèves le développement de l’engagement face à la tâche, par l’utilisation de stratégies d’apprentissage et d’autorégulation, et le développement du goût de l’effort et de la persévérance.

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Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)