Apprendre plus efficacement et éviter les distractions

Temps approximatif de lecture : 3 à 4 minutes

Par Élise Gauthier

Consulter ses courriels, les réseaux sociaux, diverses sources d’information et de divertissement tout en faisant ses devoirs, en rédigeant un article, en étudiant ou même en suivant un cours est devenu un comportement courant chez les jeunes et… les moins jeunes. Plusieurs recherches en psychologie, en sciences cognitives et en neurosciences ont déjà permis d’établir que le multitâche pendant les travaux scolaires a un effet néfaste important sur l’apprentissage et sur les performances des étudiants.

Comment est-il possible de combattre les distractions pour apprendre plus efficacement? Quels moyens les dernières percées de la recherche suggèrent-elles pour y arriver? C’est ce qu’a exploré la chercheuse Shelly J. Schmidt dans son article de recherche Distracted learning: Big problem and golden opportunity; elle y propose quelques pistes pour y parvenir.

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Multitâche rime avec inefficacité

Au départ, la recherche démontre que le fait d’alterner, même de manière rapide, deux ou plusieurs tâches n’est tout simplement pas très efficace : cela nuit en fait à la productivité et aux relations entre les personnes au travail et à la maison (Crenshaw, 2008).

S’il est clair que, pour être efficace, l’apprentissage commande de se concentrer uniquement sur la matière à étudier, la chercheuse Shelly J. Schmidt constate que les étudiants ne saisissent tout simplement pas les conséquences négatives associées à l’apprentissage multitâche.

Quelles approches adopter alors?

Que faire alors? Faut-il bannir ou réglementer l’utilisation de tout équipement électronique? Il faut rappeler que chez l’humain, interdire d’utiliser un objet ou un service ou de faire quelque chose n’a pour seul résultat que d’augmenter le désir d’y avoir recours.

Il faut donc chercher à développer de meilleures pratiques d’apprentissage. Plutôt que d’interdire aux étudiants l’usage des cellulaires ou de différents équipements électroniques, il vaut mieux les faire cheminer en les sensibilisant à la très grande valeur de la concentration sur une tâche et aux avantages de demeurer centré uniquement sur l’apprentissage.

Voici les approches présentées dans l’article pour tendre vers une meilleure concentration et pour maîtriser les distractions du mental (de l’esprit).

Approche 1 : Augmenter nos capacités de contrôle cognitif

Le contrôle cognitif fait référence à la capacité, pour une personne, à surveiller, à réfléchir et à gouverner ses pensées et ses actions. Le contrôle cognitif repose sur au moins trois fonctions exécutives distinctes, mais liées entre elles :

  • l’attention (la capacité à ignorer les informations ou les stimuli distrayants);
  • la mémoire de travail (la capacité et la fidélité);
  • la gestion des objectifs.

Parmi les stimulants potentiels du contrôle cognitif analysés, seul l’exercice physique a atteint le niveau le plus élevé d’une approche véritablement normative.

Approche 2 : Apprendre à mieux gérer les distractions autour de soi et en soi

  • Comprendre quelles sont les distractions
  • Diminuer et gérer les sources de distraction
  • Diminuer et combattre l’ennui (p. ex. : un poste de travail avec tapis roulant)
  • Diminuer et combattre l’anxiété (la peur de manquer des messages)

Approche 3 : Renforcer ses objectifs

Plus les objectifs que se fixe une personne sont puissants et plus elle se sent concernée par ces objectifs, plus elle est capable de les poursuivre malgré les distractions internes et externes.

Développer sa propre motivation et sa détermination

Au-delà des objectifs proposés par leur enseignant, les étudiants doivent eux aussi se fixer des buts qui les motivent.

Pour viser de meilleurs résultats scolaires, il faut promouvoir l’autodiscipline des étudiants concernant l’utilisation simultanée de plusieurs équipements multimédias numériques.

Travailler fort et s’amuser ferme

Pour favoriser l’autodiscipline, il est recommandé de cibler un temps de travail sans distractions et de planifier des moments de repos avec des distractions, comme sources de motivation et de récompense : travailler fort pour ensuite s’amuser intensément.

L’obtention d’une plus grande efficacité, de meilleurs résultats et de plus de plaisir pour chaque activité (travail et jeu) augmentera, ce qui pourrait constituer une motivation suffisante pour amener les étudiants à mettre de côté les sources de distraction lors des périodes d’apprentissage.

Références

Crenshaw, D. (2008). The myth of multitasking : How doing It All Gets Nothing Done. San Francisco, Jossey-Bass. 138 p.

Eyal, N. et Li, N. (2019). Indistractable: How to Control Your Attention and Choose Your Life. New York, NY : Bloomsbury Publishing.

Schmidt, S.J. (2020). Distracted learning: Big problem and golden opportunity. Journal of Food Science Education, 19(4), 278-291. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1541-4329.12206

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Dernière modification : 23 mars 2021.

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