Mieux préparer les élèves du préscolaire à l’apprentissage de l’arithmétique

Temps approximatif de lecture : 3 minutes

Par: Lise Santerre

Selon de récents travaux en didactique des mathématiques et en neurosciences, il semble que deux prérequis favorisent l’apprentissage des mathématiques et, plus spécifiquement, de l’arithmétique : le développement du sens des nombres et l’établissement de liens entre ce sens et les nombres symboliques. D’autres études suggèrent que le développement de l’inhibition[1] s’avère aussi très important dans certains apprentissages, notamment celui des nombres.

Source de l’image : ShutterStock

Une équipe de chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et de l’Université du Québec à Montréal se sont alors demandé s’il ne serait pas bénéfique d’enseigner aux élèves du préscolaire des stratégies d’inhibition afin de mieux les préparer à l’apprentissage de l’arithmétique.

L’effet bénéfique de l’inhibition

La capacité d’inhibition permet notamment de bloquer les réponses perceptuelles intuitives erronées que peuvent avoir les jeunes enfants et leur évite ainsi de se laisser berner par un « piège » visuospatial, par exemple la longueur de la distribution d’un ensemble d’objets par rapport à son nombre réel.

Une recension des interventions

Dans le but de définir les pistes d’intervention pouvant contribuer au développement d’un ou de plusieurs de ces prérequis, les auteurs de l’étude, mentionnés en référence, ont effectué une recension des écrits neuroscientifiques portant sur les programmes d’intervention au préscolaire. Leur article, paru en 2020 dans la revue Neuroéducation, rend compte des résultats de cette recension.

Sur les 22 programmes et outils qui ont été repérés, seulement 5 ont été retenus parce qu’ils portaient sur des interventions au préscolaire et visaient le développement du sens des nombres et/ou l’établissement de liens entre le sens des nombres et les nombres symboliques en s’appuyant sur la recherche en neurosciences. Aucun des programmes recensés ne visait explicitement le développement de l’inhibition pour une clientèle préscolaire régulière.

Développer les trois prérequis

L’analyse que font les auteurs des cinq programmes retenus les amène à conclure qu’une intervention au préscolaire intégrant les trois prérequis, soit le développement du sens des nombres, du lien entre le sens des nombres et les nombres symboliques, ainsi que le développement de l’inhibition, pourrait s’avérer pertinente. Il ne s’agirait pas seulement d’ajouter une composante inhibition à l’intérieur des programmes existants. Les auteurs proposent plutôt de concevoir une intervention qui aiderait les élèves à détecter et à contrer les pièges mathématiques qui sont liés aux erreurs didactiques.

À leur avis, une telle intervention pourrait représenter un avantage considérable pour l’enseignement des mathématiques, car l’éducation préscolaire doit fournir une base solide pour les futurs apprentissages; en outre, le niveau de compétences en mathématiques au moment de l’entrée à l’école primaire prédit l’éventuelle réussite scolaire des élèves par la suite.

Les résultats d’une seconde étude

Les auteurs concluent leur démarche en indiquant avoir mené un projet de recherche visant à créer, à expérimenter et à valider une intervention en mathématiques au préscolaire qui travaille sur les trois prérequis. Les résultats de cette étude subséquente font l’objet d’un autre article publié dans le même numéro thématique de la revue, qui s’intitule « Effet d’une intervention pédagogique visant l’apprentissage du contrôle inhibiteur sur le développement de prérequis liés à l’arithmétique chez les élèves du préscolaire âgés de 5 ans ».

Référence

Deshaies, I., Miron, J.-M., Picard, C. et Masson, S. (2020). Mieux préparer les élèves du préscolaire à l’apprentissage de l’arithmétique : une recension des études proposant des programmes d’intervention s’appuyant sur les neurosciences. Neuroéducation, 6(1), 37-48. https://doi.org/10.24046/neuroed.20200601.64

[1] Les auteurs définissent l’inhibition comme une forme de contrôle cognitif et comportemental permettant aux sujets de résister aux habitudes, aux automatismes, aux tentations, aux distractions ou aux inférences, et de s’adapter aux situations complexes en faisant preuve de flexibilité.

Pour aller plus loin…

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Dernière modification : 8 juin 2021.

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