Possibilités et enjeux de l’intelligence artificielle en éducation

Temps approximatif de lecture : 3 à 4 minutes

L’intelligence artificielle (IA) s’impose dans nos sociétés actuelles en raison des possibilités de traitement de la masse d’informations et de données qu’elle permet. Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) résume d’ailleurs bien les principaux enjeux éthiques de l’IA en éducation et les possibilités imaginées par les chercheurs, praticiens et membres de l’industrie privée pour le futur de la technologie d’IA dans nos écoles. Cet article fournit un aperçu du contenu du document préparatoire au rapport sur l’état et les besoins de l’éducation (2018-2020).

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Qu’est-ce que l’IA?

Bien qu’il n’y ait aucun consensus scientifique sur la définition de l’IA, la Stratégie numérique du Québec la décrit comme un « domaine d’étude [multidisciplinaire] ayant pour objet la reproduction artificielle des facultés cognitives de l’intelligence humaine, dans le but de créer des logiciels ou des machines capables d’exécuter des fonctions relevant normalement de celle-ci » (MESI, 2017).

Le CSE souligne que la nature de l’IA permet de réaliser les trois objectifs suivants en éducation.

  1. Délester les enseignants de tâches répétitives pour se concentrer sur leur rôle de conseiller, de guide et d’accompagnateur. En effet, il serait difficile, voire impossible, de remplacer l’ensemble des enseignants par des tuteurs virtuels.
  2. Adapter l’enseignement aux besoins des élèves. Plusieurs outils fondés sur l’IA peuvent apporter des informations nouvelles aux enseignants. L’IA est donc un complément à l’enseignement. Un des défis est toutefois de trouver les outils nécessaires et de s’assurer de leur utilisation pertinente sur le plan pédagogique, car leur intégration suppose de revoir les séquences d’enseignement et les évaluations, le cas échéant.
  3. Monitorer les progrès ou, au contraire, cibler les difficultés des élèves. Le CSE souligne que l’IA se présente en éducation notamment par « les systèmes tutoriels dits intelligents, les systèmes d’évaluation automatique, les environnements d’apprentissage collaboratif et les jeux visant l’apprentissage » (Gaudreau, 2020 : 11). Ces différents systèmes peuvent colliger des données sur les utilisateurs (élèves) et monitorer les apprentissages, ce qui en fait un suivi personnalisé.

Une dimension éthique incontournable

Comme l’IA se développe à partir de données qu’on lui fournit, des dérives sont possibles, indique le CSE. Il apparaît que la conception des algorithmes, des données incomplètes ou des intrants inexacts pourrait être la source de problèmes en éducation. Ces trois éléments peuvent induire un « catalogage » des élèves, une uniformisation des parcours, une standardisation de l’évaluation des apprentissages, tout comme cela pourrait engendrer le renforcement de biais conscients ou inconscients, par la nature seule des données utilisées. Cela aurait donc potentiellement comme effet d’accroître les inégalités et la présence de discrimination ou de préjugés.

Des recommandations à l’attention des acteurs de l’éducation

Le CSE fait trois recommandations pour s’assurer que les systèmes et programmes issus de l’intelligence artificielle respectent les droits de la personne.

  1. La littératie numérique doit être développée chez les élèves et étudiants de tous les ordres d’enseignement afin de saisir les enjeux associés à l’IA, comme celui de l’utilisation des données personnelles.
  2. Le personnel enseignant a la responsabilité d’« agir comme un guide afin que chaque situation problème soit abordée selon des angles multiples (déontologie, utilité, valeurs) et portée par une réflexion éthique » (Gaudreau, 2020 : 20).
  3. Le personnel enseignant doit aussi approfondir sa compréhension de l’IA et de ses enjeux avant et pendant son introduction en classe, notamment en matière d’éthique.

En somme, lorsqu’il s’agit d’« enseigner avec l’IA », il est important de planifier les objectifs pédagogiques à atteindre et de cibler les problèmes à résoudre avec ce type de systèmes informatiques dotés d’une « intelligence » avant de les implanter. Cela permettra de déterminer si l’IA peut aider et la manière dont elle peut le faire. Il s’agit de répondre à la question suivante : « Comment l’IA me rend plus efficace comme enseignant? » Et, lorsqu’il s’agit d’« éduquer à l’IA », il est important de bien comprendre le fonctionnement et les limites des algorithmes pour éviter les dérives. Il faut donc être vigilant et renforcer les capacités d’esprit critique face à l’IA.

Référence

Gaudreau, Hélène et Marie-Michèle Lemieux (2020). L’intelligence artificielle en éducation : un aperçu des possibilités et des enjeux, Études et recherches, Québec, Conseil supérieur de l’éducation, 26 p.

Pour aller plus loin…

Dernière modification : 24 novembre 2020.

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