Pourquoi les jeunes enseignants quittent-ils la profession ?

Un sondage mené en 2008 auprès de 201 participants dans tout le Canada avait pour but de comprendre les raisons de l’épineuse question du décrochage des jeunes enseignants au primaire et au secondaire, un problème qui affecte également plusieurs autres pays occidentaux.

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par Lise Santerre

[Dossier thématique : Les défis professionnels des enseignants]

Les trois objectifs du sondage étaient les suivants :

  1. Déterminer les aspirations professionnelles des nouveaux enseignants;
  2. Cerner les principales raisons pour lesquelles les nouveaux enseignants quittent la profession;
  3. Identifier la ou les catégories de personnes vers lesquelles les nouveaux enseignants se tournent lorsque des problèmes surgissent.

En plus de confirmer les résultats d’études antérieures sur certains facteurs qui expliquent l’abandon précoce des enseignants, l’enquête de Thierry Karsenti et Simon Collin apporte un éclairage sur l’existence de relations entre ces facteurs.

Aux fins de l’enquête, le décrochage des jeunes enseignants (moins de sept années d’expérience) est défini comme un départ prématuré de la profession enseignante, volontaire ou non.

Plusieurs facteurs explicatifs

Une revue systématique de la littérature a mis en évidence quatre types de facteurs expliquant le décrochage des jeunes enseignants :

  1. Facteurs liés aux tâches : travail exigeant et chronophage, gestion de salles de classe difficiles, conditions de travail insatisfaisantes (bas salaires, emploi précaire), inadéquation des matières enseignées, politiques administratives restrictives, tâches peu attrayantes;
  2. Facteurs individuels : caractéristiques émotionnelles et psychologiques incompatibles avec la profession enseignante, facteurs sociodémographiques et professionnels (insuffisance de la préparation, manque de confiance, reconnaissance de la profession, de compétences, d’intérêt);
  3. Facteurs liés à l’environnement social : relations défaillantes avec les acteurs éducatifs et sociaux (relations difficiles avec les parents, manque de soutien de la direction), élèves et conditions de travail difficiles (irrespect, manque d’esprit d’équipe, isolement);
  4. Facteurs liés aux conditions socio-économiques (tendances économiques, évolution du taux de natalité, facteurs institutionnels comme le développement limité du personnel).

Les facteurs sont souvent reliés entre eux, précisent Karsenti et Collin. Ainsi, cette interdépendance explique que le décrochage précoce des enseignants est la plupart du temps le résultat d’un ensemble de facteurs plutôt que d’un seul d’entre eux. Ces liens se renforcent et augmentent d’autant la probabilité que les enseignants quittent la profession.

[La thérapie d’acceptation et d’engagement comme outil pour faire face à la réalité professionnelle des enseignants]

Prévenir le décrochage des jeunes enseignants

Que peut-on faire pour prévenir le décrochage des jeunes enseignants ? À cette question, Karsenti et Collin répondent qu’il importe d’offrir aux enseignants débutants un meilleur soutien en général et un meilleur soutien administratif en particulier, ainsi qu’une formation universitaire permettant de développer les compétences requises. Ils suggèrent d’assurer certaines conditions spécifiques qui faciliteraient leur insertion dans la profession (y compris des charges de travail moins lourdes) et des stratégies pour les aider en cas de problème.

À cet égard, un moyen paraît particulièrement approprié, selon Karsenti et Collin. Il s’agit du mentorat et de ses effets positifs sur l’insertion professionnelle et la prévention du décrochage.

[Est-il possible de prévenir le décrochage des jeunes enseignants ?]

Référence

Karsenti, T. et Collin, S. (2013). Why are New Teachers Leaving the Profession? Results of a Canada-Wide Survey. Scientific & Academic Publishing Co., 3(3), 141-149. Repéré à http://article.sapub.org/10.5923.j.edu.20130303.01.html

Source de l’image : Shutterstock/Rawpixel.com

 

Dernière modification : 12 avril 2019.

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