Comment définir les curriculums scolaires à l’ère du numérique ?

Dans le cadre de l’EduSummIT2019, le groupe de travail 12 avait comme mandat de poursuivre une réflexion déjà entamée depuis plusieurs années sur l’adaptation du curriculum scolaire aux réalités du XXIe siècle (TWG Backgroung Paper, 2019). Ce groupe, composé de 9 experts en provenance de huit pays différents ont ainsi exposé un élément clé de cette réflexion : une tension existante entre les usages de la technologie pour améliorer le transfert de connaissances et le besoin d’éduquer les prochaines générations aux compétences requises pour s’adapter à l’évolution rapide de la technologie. Donc, une question demeure, comment devrait-on adapter les curriculums scolaires pour tenir ces facteurs en considération ?

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Un panel tourné sur les compétences du 21e siècle

Les participants de ce groupe de travail débutaient leurs réflexions ave cette question : Qu’est-ce qui garantit un curriculum de qualité, qui prendrait aussi en considération les compétences des enseignants, les évolutions technologiques et les besoins globaux et nationaux ? Les réponses obtenues demeurent plutôt éclatées, bien qu’elles ne soient pas contradictoires. Certains favorisaient des apprentissages qui s’inscrivent dans la résolution de problèmes complexes et d’autres l’apprentissage actif. Néanmoins, les participants s’accordent tous à reconnaître les exigences en lien avec les changements rapides de la technologie et à adapter l’apprentissage aux nouvelles compétences que cela exige. Afin de déterminer la nature du curriculum à développer dans ce contexte, le groupe de travail a mis de l’avant l’importance d’articuler un objectif clair de la scolarisation.

Un monde en transformation

D’ailleurs, les participants soulignent l’évolution rapide des technologies et ses effets. Dans les quinze dernières années, nous avons vu l’apparition des téléphones intelligents (2007 pour IPhone), de Twitter (2007), de Facebook (2005), etc. Cela pour nous donner une indication sur le fait que nous ne savons pas ce que l’avenir technologique nous réserve et les défis que cela implique, comme les enjeux de la protection des données.

Si l’objectif de la scolarisation est de développer un épanouissement individuel et un bien-être universel, elle devra donner aux jeunes les moyens de faire face à ces défis, mais aussi d’en contrôler l’évolution. L’OECE a développé en ce sens publié le Learning Framework 2030 (OECE, . Il rassemble différentes perspectives quant à l’acquisition des connaissances et à la compréhension des différentes manières de donner un sens au monde qui entoure les apprenants. Plus important encore, l’OECE reconnaît que le développement de compétences demande un changement dans la pédagogie, avec une attention particulière donnée aux différents encadrements possibles pour les élèves.

Source de l’image : The Future of Education and Skills: Education 2030. Repéré à : https://www.oecd.org/education/2030/E2030%20Position%20Paper%20(05.04.2018).pdf

Les compétences clés selon l’Union européenne

Un document de l’Union européenne présente les huit compétences clés pour un apprentissage tout au long de la vie, qui sont comprises comme ayant toutes une importance égale : multilinguisme ; littératie ; la conscience et l’expression culturelles ; l’entreprenariat ; la citoyenneté ; l’apprentissage personnel et social ; littératie numérique ; les compétences en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (European Union, 2019). Alors, à la lumière de l’exemple des Pays-Bas et de sa réforme récente des curriculums (2018), les participants du groupe de travail ont tenté de relever ce que devrait animer ceux qui seront en charge de concevoir le nouveau curriculum à l’ère technologique.

Source de l’image : Key competences for lifelong learning. Repéré à : https://op.europa.eu/sv/publication-detail/-/publication/297a33c8-a1f3-11e9-9d01-01aa75ed71a1/language-en

Se poser les bonnes questions

En premier lieu, le groupe de travail souligne dans leurs conclusions qu’il demeure fondamental de ne pas confondre l’utilisation de technologies pour améliorer les programmes existants et le besoin d’éduquer les générations futures de citoyens à l’adaptation qu’ils auront à faire dans ce monde technologique changeant. Il ne faut donc pas uniquement implanter l’utilisation d’outils numériques dans les écoles pour que les compétences du 21e siècle se développent chez les enfants. Il faut au contraire tenter d’ajuster les approches pédagogiques et les aligner au nouveau curriculum envisagé.

Conclusion

Pour que ces changements s’opèrent, il est impératif par conséquents de se poser les bonnes questions à savoir : Quels sont les objectifs directeurs de ces nouveaux curriculums ? Quelle est la vision que l’on a du rôle qu’occupe la technologie dans les classes ? Et comment peut-on adresser les enjeux encore inconnus des évolutions futures de la technologie en éducation ? En conservant ces questions en têtes, les dirigeants seront en mesure de trouver un équilibre entre les tensions existantes pour mettre en œuvre un curriculum répondant aux besoins actuels et futurs.

Références

European Union (2019). Key competences for lifelong learning. Repéré à : https://op.europa.eu/sv/publication-detail/-/publication/297a33c8-a1f3-11e9-9d01-01aa75ed71a1/language-en

OECD (2018). The Future of Education and Skills: Education 2030. Repéré à : https://www.oecd.org/education/2030/E2030%20Position%20Paper%20(05.04.2018).pdf

TWG12 Background paper: National policies in curriculum reforms: what makes a quality curriculum in a technological era? (2019). EduSummIT2019. Repéré à https://edusummit2019.fse.ulaval.ca/sites/edusummit2019.fse.ulaval.ca//files/TWG12-Working_document.pdf

 

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Dernière modification : 18 décembre 2019.

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