Les compétences clés d’un entraîneur sportif en milieu parascolaire

Tout le monde s’entend pour dire que l’activité physique à l’école, c’est important. Or, il importe aussi que les jeunes pratiquent ces activités dans des conditions favorables à leur développement. Selon une étude de la Régie de la sécurité dans les sports du Québec, des jeunes sportifs de niveau secondaire admettent qu’en général, leur entraîneur les influence dans leurs prises de décisions. Il est donc primordial que les entraîneurs assument leur rôle et leur fonction avec compétence.

Pixabay/KeithJJ

par France Dumais

[Persévérer à l’école grâce au sport]

Fabrice Vil préside l’organisme Pour 3 Points dédié à la formation d’entraîneurs qui accompagnent les jeunes du secondaire dans des activités sportives parascolaires en milieux défavorisés. Vil répertorie sept compétences qu’un entraîneur devrait avoir pour donner une valeur éducative à la pratique d’activités sportives parascolaires :

  1. Adopter une posture de développement professionnel;
  2. Exercer un jugement professionnel en agissant de manière éthique et critique;
  3. Développer une relation significative avec le jeune;
  4. Mettre en place des interventions soutenant le développement personnel du jeune;
  5. Entretenir une relation avec les parents, les enseignants et les autres personnes-ressources;
  6. Concevoir des plans de saison et des plans de pratique;
  7. Adapter sa fonction au milieu scolaire.

 

Vil commente quatre de ces compétences en donnant pour chacune des exemples de situations vécues à Pour 3 Points (voir les paragraphes suivants).

Adopter une posture de développement professionnel 

Des études montrent que les meilleurs entraîneurs cherchent continuellement à apprendre et à se développer sur le plan personnel. Il est nécessaire que les entraîneurs favorisent aussi le développement d’autrui. Vil donne l’exemple d’un entraîneur de basketball qui valorisait tant l’effort que cela se faisait au détriment du plaisir de pratiquer le sport. Cet entraîneur a donc dû apprendre à reconnaître les limites de l’effort pour que la pratique du sport devienne plus divertissante pour les jeunes qu’il entraînait.

Exercer un jugement professionnel en agissant de manière éthique et critique

Les entraîneurs doivent souvent faire face à des situations qui leur demandent d’exercer un jugement critique et moral pour prendre des décisions. Vil a lui-même été confronté à un incident en tant qu’entraîneur de basketball. Lors d’un match où un jeune de son équipe a été projeté au sol par un adversaire sans que l’arbitre signale une faute, il a jugé que la sécurité des jeunes devait avoir préséance sur le respect envers les arbitres. Alors, il a haussé le ton pour manifester son désaccord. Puis, après le match, il a cru bon de discuter de l’incident avec les jeunes pour effacer le doute sur la nature de sa plainte contre l’arbitre. Ce qu’il voulait, c’était rétablir la sécurité dans le match et non encourager la formulation de plaintes contre les arbitres.

Développer une relation significative avec le jeune

Les entraîneurs peuvent agir comme des phares pour les jeunes qui ont des difficultés à apprendre et à s’orienter dans la vie. Ils ont donc la responsabilité de créer un climat de confiance et de collaboration. Vil rapporte qu’une de ses entraîneuses était excellente sur le plan technique, mais qu’elle manquait de compétences relationnelles, et que, pour cette raison, les jeunes tendaient à décrocher du sport. Il a aussi connu des entraîneurs trop « proches » des jeunes, et cette proximité minait l’apprentissage. Vil croit qu’il faut viser le juste milieu pour que les jeunes apprennent dans un climat de confiance.

Mettre en place des interventions soutenant le développement personnel du jeune

Les entraîneurs doivent intervenir concrètement pour soutenir le développement des jeunes dans le sport et de certaines facettes de la personnalité de ces derniers, telles que la confiance (ex. : l’estime de soi), la « connexion » (ex. : les relations avec les personnes à l’extérieur du sport) et le caractère (ex. : l’empathie et le respect des autres). Certains entraîneurs de Pour 3 Points doivent donc apprendre à ajuster leurs pratiques si elles s’avèrent « trop simples » et qu’elles démotivent les jeunes, ou si elles sont « trop complexes » et qu’elles stressent les jeunes ou minent leur confiance.

[Activités parascolaires : une route vers l’université?]

Relativement simples lorsque discutées en théorie, ces compétences peuvent toutefois se révéler complexes à mettre en application et se développent avec l’expérience. Quoi qu’il en soit, j’encourage les entraîneurs et tout le milieu parascolaire à observer ces exigences, car il en va de notre responsabilité collective face aux jeunes.

 

[Consulter l’article]

Référence :

Vil, F. (2018). Sport parascolaire : les 7 compétences-clés d’un excellent entraîneur. Magazine 100 degrés. Repéré à https://centdegres.ca/magazine/activite-physique/sport-parascolaire-7-competences-cles-excellent-entraineur/

Source de l’image : Pixabay/KeithJJ

Dernière modification : 8 novembre 2018.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote actuellement)

Un commentaire

  1. Fabrice a un très beau modèle d’entraîneur communautaire. Cependant, certains jeunes demandes que leur entraîneur soit plus qu’un coach, mais un intervenant-coach. Il a aussi des études qui ont été menées sur le sujet. Je vous suggère le projet SCORE en Ontario et Bien dans mes baskets au Québec comme complément d’information http://www.biendansmesbaskets.ca/

    Commentaire inapproprié ?

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)