Six facteurs qui influencent le parcours scolaire des décrocheurs

Quels sont les facteurs qui influencent le parcours scolaire des décrocheurs ou des élèves qui pensent à décrocher? Pour répondre à cette question, la firme Léger a procédé à un sondage Web auprès de 1 009 Québécois âgés de 18 à 34 ans. Trois profils d’élèves composaient le groupe sondé : les décrocheurs, les raccrocheurs et les persévérants, c’est-à-dire ceux qui ont sérieusement pensé à décrocher, mais qui ne l’ont pas fait. 

Shutterstock/ tommaso79

[Les conséquences économiques du décrochage scolaire]

Voici un bref survol des six caractéristiques approfondies dans cette étude (on peut aussi consulter la présentation complète des données).

  1. L’expérience à l’école
  • Les jeunes interrogés pour ce sondage étaient deux fois moins à aimer l’école au secondaire qu’au primaire.
  • Ils ont réfléchi au décrochage tôt dans leur parcours (22 % âgés de 13 à 14 ans, 43 % âgés de 15 à 16 ans).
  • Un très faible pourcentage (12-25 %) d’entre eux se trouvait en situation d’échec scolaire.
  1. Les facteurs de protection et de risque
  • Cinquante-trois pour cent (53 %) de ces jeunes ne participaient pas à des activités parascolaires.
  • Quarante-cinq pour cent (45 %) ne lisaient pas à la maison.
  • Cinquante-deux pour cent (52 %) ont été victimes d’intimidation.
  • Quarante-trois pour cent (43 %) consommaient des drogues ou de l’alcool.
  • Vingt-huit pour cent (28 %) avaient reçu un diagnostic de trouble d’apprentissage.

[Quatre pistes d’action pour contrer le décrochage scolaire]

  1. La famille et les amis
  • Ces jeunes affirment avoir eu des parents qui valorisaient l’école (93 %), qui faisaient un suivi régulier (66 %) et qui aidaient aux devoirs (56 %).
  • Cinquante et un pour cent (51 %) disent qu’il y avait des conflits à la maison.
  • La majorité des jeunes interrogés pour le sondage disent qu’ils avaient des amis à l’école (87 %), mais seulement 57 % prétendent que ces amis avaient une opinion favorable de l’école.
  1. Le travail
  • Quarante-six pour cent (46 %) des élèves à risque de décrochage travaillaient en moyenne 15 heures par semaine, et 39 % d’entre eux déclarent avoir eu de la difficulté à concilier leur travail et leurs études ;
  • Les persévérants (71 %) ont reçu plus d’encouragements à poursuivre leurs études de la part de leur employeur que les autres élèves à risque (48 % et 55 %).
  1. Les encouragements
  • Les encouragements prodigués par l’entourage font une réelle différence (rappel : les persévérants ont reçu plus d’encouragements de la part de personnes signifiantes).
  • Les raccrocheurs mentionnent que c’est une expérience de travail (34 %) qui a influencé le plus leur décision de retourner à l’école.
  1. La communauté
  • L’étude montre que très peu de décrocheurs ont eu accès à des organismes communautaires (88 %) et qu’ils sont moins nombreux que les autres élèves à risque à avoir eu accès à des installations pour pratiquer des loisirs (75 % contre 59 %).
  • La majorité des élèves (69 %) croit que la persévérance scolaire est une responsabilité partagée entre les individus et la communauté, mais que la société n’en fait pas assez.
  • Les décrocheurs sont pour leur part plus nombreux à croire qu’ils sont les seuls responsables de leurs échecs.

[Dossier thématique : Persévérance scolaire]

Dix chiffres clés à retenir

Le rapport se conclut par la présentation de dix faits saillants à retenir au sujet de ces jeunes qui ont décroché, raccroché ou pensé à décrocher, soit les décrocheurs, les raccrocheurs et les persévérants scolaires :

  • 75 % ont affirmé qu’ils s’ennuyaient à l’école;
  • 29 % ont indiqué avoir commencé à penser à décrocher dès l’âge de 13 ou 14 ans, voire plus tôt encore;
  • 47 % ont mentionné qu’ils avaient des notes « passables à l’école »;
  • 93 % ont affirmé que leurs parents valorisaient l’école;
  • 25 % ont indiqué qu’ils lisaient « régulièrement » dans leurs temps libres;
  • 32 % des persévérants ont affirmé que les encouragements qu’ils ont reçus ont fait une différence;
  • 34 % des raccrocheurs ont affirmé qu’une expérience de travail a fait la différence;
  • 75 % disent avoir eu accès à des équipements et à des espaces de loisirs;
  • 69 % trouvent que la société n’en fait pas assez;
  • 82 % estiment que la persévérance scolaire est une responsabilité collective.

(Chalifoux et Amiot, 2018)

[Consulter le rapport]

 

Références

Nadeau, J. (2018). Le Québec, dernier de classe. Le Devoir. Repéré à www.ledevoir.com/societe/526670/decrochage-scolaire-le-quebec-fait-mauvaise-figure

Chalifoux, É. Amiot, T. (2018). Sondage auprès des Québécois de 18-34 ans ayant décroché, pensé à décrocher ou raccroché. Repéré à www.journeesperseverancescolaire.com/assets/rapport-leger-decrochage-scolaire.pdf

 

Source de l’image : Shutterstocktommaso79

Dernière modification : 11 septembre 2018.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote actuellement)

Un commentaire

  1. Par Jacques Robert le 4 septembre 2018 à 16:12

    Une étude très intéressante. J’ai 3 commentaires.

    – Vous dites avoir été mandaté pour réaliser une étude auprès de Québécois âgés de 18 à 34 ans qui ont décroché, raccroché, ou pensé à décrocher, est-ce que ce mandat venait du ministre de l’Éducation? Je vous pose cette question, car j’ai eu beau, comme directeur d’école, demander les noms des élèves décrocheurs de mon école et de notre commission scolaire au ministère de l’Éducation, celui-ci n’a jamais voulu, me disant que c’était des renseignements nominatifs. Mon intention était pourtant louable, ce que ne semblait pas comprendre le MELS.

    – Finalement, il y a un élément que j’aurais aimé retrouver dans votre étude, car, en fait, on ne peut que « supposer » des causes possibles du décrochage scolaire et des différents moyens pour le contrer. J’aurais bien aimé que les décrocheurs et raccrocheurs répondent à deux autres questions: 1) « Pourquoi avez-vous quitté l’école? » et 2) « Qu’aurait-il fallu pour que vous poursuiviez vos études jusqu’à l’obtention du diplôme d’études secondaires (DES) ou du diplôme d’études professionnelles (DEP)? » Ici, on aurait pu identifier clairement les causes du décrochage scolaire et les moyens d’actions que les écoles pourraient mettre en place pour aider ces élèves à poursuivre leurs études.

    – Un dernier commentaire. J’ai suggéré plus d’une fois, à différents ministres de l’Éducation, de faire une étude auprès de l’ensemble des décrocheurs scolaires des 5 dernières années, avec seulement les deux questions que je vous présentais précédemment. L’objectif étant d’établir un portrait du décrochage scolaire et des solutions possibles pour l’ensemble du Québec, par région administrative et même, par commission scolaire. J’attends toujours cette étude et cela fait plus 20 ans.

    Merci de votre attention!

    Commentaire inapproprié ?

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)