L’entreprise virtuelle comme projet de classe

Pour favoriser la motivation et la persévérance des jeunes à l’école, on doit « donner du sens aux apprentissages ». Quelles pratiques concrètes peuvent être utilisées par un enseignant pour que ses élèves perçoivent le sens des activités réalisées en classe? Selon les résultats d’une étude, un bon moyen pour y parvenir consisterait à mettre en place « entreprise virtuelle ».

entreprise-virtuelle

Shutterstock / DGLimages

Éric Flavier de l’Université de Strasbourg en France a mené une recherche au sujet de ce dispositif d’apprentissage qu’est « l’entreprise individuelle ». La mise en place d’une entreprise virtuelle a été expérimentée dans une école auprès d’un groupe d’élèves « à risque », qui présentaient entre autres un retard scolaire et un manque d’intérêt à l’égard des activités d’apprentissage. Le dispositif consistait à créer de façon fictive une entreprise au sein de la classe (recrutement fictif d’employés, mise en œuvre fictive de l’entreprise, etc.).

Une à deux heures par semaine étaient entièrement consacrées à la gestion de l’entreprise virtuelle. On attribuait aux élèves différents métiers et différentes fonctions pour assurer le fonctionnement de l’entreprise virtuelle, et certaines matières étaient enseignées en lien étroit avec le roulement fictif de cette entreprise. Par exemple, la conception de la publicité s’arrimait avec les activités d’arts plastiques, tandis que la recherche de slogans s’intégrait dans le cours de français.

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En appuyant son analyse sur la théorie de l’activité, le chercheur a identifié les différentes façons dont les enseignants se sont engagés dans le processus :

    • en soutenant le projet de la classe virtuelle
    • en accompagnant chacun des élèves sur le plan du développement personnel
    • en exploitant les opportunités d’apprentissage qui se présentaient lors de la création de l’entreprise virtuelle

Un changement sur le plan relationnel

Le chercheur explique que le dispositif de la classe virtuelle entraine un changement sur le plan des échanges enseignants/élèves. En effet, l’enseignant n’a pas réponse à toutes les questions que soulève la création d’une entreprise. Il est lui aussi confronté aux questionnements des élèves et il est engagé au même titre qu’eux à la recherche de solution.

On observe une réduction de la distance qui sépare l’enseignant de l’élève, une plus grande disposition de l’enseignant à « s’assimiler aux élèves, comme quelqu’un qui a pris place dans la même galère qu’eux ».

L’entreprise virtuelle permet également de responsabiliser davantage les élèves et de favoriser leur sentiment d’appartenance au groupe-classe, car ce sont eux qui sont amenés à proposer des pistes, des solutions et des alternatives pour atteindre les objectifs de leur projet. Des périodes d’échange entre élèves et un travail en petits groupes sont de mise.

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L’accompagnement des élèves

L’accompagnement offert par l’enseignant a pour objectifs de tenir compte des intérêts individuels des élèves et de permettre à chacun de choisir de quelle façon il va s’impliquer dans l’entreprise virtuelle. L’enseignant vise également à stimuler la curiosité des élèves dans la découverte de divers métiers et à faire ressortir les obstacles qui se présentent lors du projet.

Conclusions

Les conclusions de la recherche suggèrent que l’entreprise virtuelle est un dispositif qui, utilisé de façon occasionnelle, peut être efficace auprès des élèves à risque pour que ceux-ci se mobilisent davantage et qu’ils ne se retrouvent pas stigmatisés comme étant en difficulté. Ce dispositif incite aussi les enseignants à travailler en collaboration et de façon complémentaire.

Redonner à l’élève des raisons d’apprendre, c’est l’engager dans un processus de raccrochage scolaire.

[Consultez l’article]

 

Image : © Shutterstock / DGLimages

Dernière modification : 22 novembre 2016.

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