Le gout du risque favoriserait l’apprentissage chez les adolescents

Des chercheuses ont fait une découverte étonnante : le penchant pour la prise de risque chez les adolescents ferait en sorte qu’ils apprennent différemment des adultes.

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Shutterstock / oneinchpunch

Cet article est une adaptation libre du texte « How Teens’ Penchant For Risk-Taking May Help Them Learn Faster » publié dans le blogue MindShift du média californien KQED.

Qu’est-ce qui caractérise le cerveau des adolescents?

L’analyse du cerveau des adolescents montre que ceux-ci ont un penchant pour les récompenses immédiates et les sensations fortes. C’est le striatum, une structure particulière du cerveau, qui serait responsable de ce goût pour la récompense immédiate. Par exemple, si l’on trouve 20$ par terre, le corps produit de la dopamine, hormone liée au plaisir, qui agit sur le striatum.

Les recherches montrent que le striatum des adolescents est très actif. Les jeunes seraient en quelque sorte « programmés » pour chercher des récompenses immédiates dans leur environnement. De plus, leur contexte préfrontal – partie du cerveau responsable du contrôle des impulsions – n’est pas complètement développé. Ce sont ces deux éléments combinés qui expliqueraient la propension plus élevée à la prise de risque chez les adolescents.

Quel est le lien avec l’apprentissage?

Selon les propos de Daphna Shohamy, une spécialiste des neurosciences cognitives de l’Université Columbia, le striatum n’est pas seulement impliqué dans la recherche de récompense immédiate. Il est aussi impliqué dans l’apprentissage par les récompenses. Cette chercheuse, ainsi que Juliet Davidow, chercheuse en neuroscience à l’Université Harvard, ont voulu savoir si les adolescents apprenaient plus rapidement que les adultes par ce type d’apprentissage.

Pour le vérifier, elles ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) afin d’observer l’activité du cerveau d’adultes et d’adolescents lorsqu’ils s’adonnaient à un jeu-questionnaire dans lequel les joueurs étaient récompensés lorsqu’ils trouvaient une bonne réponse. Entre les questions, on montrait aléatoirement aux participants des images d’objets neutres.

Résultat : les adolescents ont complété le jeu plus rapidement que les adultes. Or, étonnamment, le striatium était actif de la même façon chez les adolescents et les adultes. Une différence a toutefois été notée dans le cerveau des adolescents : le striatum était en lien étroit avec l’hippocampe – la région du cerveau impliqué dans la mémorisation de faits (qui, quoi, quand, comment).

Pour vérifier si la coopération entre le striatum et l’hippocampe chez les adolescents modifiait leur façon d’apprendre, les chercheurs ont fait passer un test de mémoire aux participants qui consistait à se remémorer les images qu’on leur avait montrées de façon aléatoire pendant le jeu-questionnaire. Les adultes et les adolescents ont été en mesure de se rappeler de façon assez semblable les images, mais pas de la même façon. Quand l’image était associée avec une bonne réponse, les adolescents étaient plus susceptibles de s’en souvenir que les adultes.

Retombées de la recherche

L’adolescence est une période de développement où les jeunes vivent une transition entre la dépendance et l’indépendance, dit Shohamy. L’étude nous amène à concevoir la « soif » des adolescents pour la nouveauté et les expériences positives comme quelque chose de normal, et non comme une déviance.

Toutefois, la recherche ne fournit pas toutes les réponses à propos de la façon dont les adolescents apprennent. Selon Shohamy, l’étude mériterait d’être répliquée pour pouvoir en tirer davantage de conclusions. Il resterait également à approfondir le lien entre le striatum et l’hippocampe à différentes périodes de la vie. « Ce champ de recherche en est encore à son adolescence! » – conclut la chercheuse.

[Consultez l’article]

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Image : © Shutterstock / oneinchpunch

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