L’anxiété évaluative en mathématiques : un phénomène féminin?

Intrigués par la dominance masculine dans les secteurs des sciences, technologies, ingénieries et mathématiques, les chercheurs Gijsbert Stoet, Drew H. Bailey, Alex M. Moore et David C. Geary ont analysé les réponses de 761 655 étudiants au test PISA pour évaluer leur niveau d’anxiété évaluative en mathématique.

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L’anxiété évaluative

L’anxiété évaluative est un phénomène bien documenté selon lequel l’apprenant perçoit des signaux de danger à l’approche d’une évaluation. En effet, ces signaux seraient du même type que ceux que l’on percevrait face à un animal sauvage ou face à l’anticipation d’une douleur physique.

Comment briser le cercle vicieux de l’anxiété de performance?

L’anxiété des filles à l’égard des mathématiques

Les chercheurs avancent l’idée que les jeunes femmes, qui sont plus souvent victimes d’anxiété évaluative, pourraient fuir les parcours scolaires requérant l’usage intensif des mathématiques, comme les programmes d’ingénierie et de sciences.

L’anxiété évaluative en mathématiques est un facteur psychologique qui peut nuire à la poursuite dans ce domaine en raison des sentiments négatifs expérimentés.

(Stoet, Bailey, Moore, & Geary, 2016, p. 2)

Méthode

À l’aide des résultats au test PISA (qui évalue autant les compétences en mathématiques que les perceptions envers celles-ci) ainsi que le Global Gender Gaps Index (GGI) et le United Nations Human Development Index (HDI), les chercheurs ont pu évaluer les réponses de 761 655 étudiants de 15 à 16 ans provenant de 68 pays.

Ils ont tenu compte du niveau de développement des pays des participants, du niveau d’égalité dans les relations hommes/femmes ainsi que des indices du degré de « satisfaction des besoins de base » des participants pour établir le portrait le plus juste possible de l’anxiété évaluative en mathématique dans le monde.

Conclusions

  • Les filles démontrent un niveau d’anxiété évaluative en mathématique plus grand dans la majorité des pays.
  • L’anxiété chez les filles en mathématiques s’observe dans tous les pays, peu importe le niveau d’égalité entre les sexes atteint. Il est toutefois possible de noter, chez les pays les plus égalitaires entre les sexes, que le fossé entre les filles et les garçons est plus accentué, mais qu’on y éprouve, en général, moins d’anxiété.
  • En analysant les résultats des élèves fréquentant des écoles mixtes versus les écoles non mixtes, les chercheurs en sont venus à la conclusion que la fréquence des interactions (et donc des chances de comparaison entre les garçons et les filles) n’influence pas le niveau d’anxiété chez celles-ci.
  • D’après les chercheurs, le fait d’être exposé à un modèle féminin ayant réussi dans l’univers des mathématiques ne ferait pas de différence dans la sous-représentation des femmes en science.
  • Les garçons, quant à eux, perçoivent plus de pression de la part de leurs parents pour atteindre la réussite.

[Consultez l’article]

Creative Commons Creative Commons Attribution 2.0 Generic License Robert Couse-Baker

Que faire pour aider ces élèves?

À la lumière de cette recherche, le RIRE vous suggère quelques pistes de solutions aux problèmes d’anxiété :

Référence : Stoet, G., Bailey, D. H., Moore, A. M., & Geary, D. C. (2016). Countries with higher levels of gender equality show larger national sex differences in mathematics anxiety and relatively lower parental mathematics valuation for girls. Plos One, 11(4), 1–24. http://doi.org/10.1371/journal.pone.0153857

Dernière modification : 7 mai 2018.

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