Les 5 obstacles à la conceptualisation et à la modélisation

Dans son plus récent article publié dans la revue Pédagogie collégiale intitulé « Apprentissage ou imitation » portant sur la conceptualisation et la modélisation,  Michaël Hétu nous invite à une réflexion sur les objectifs poursuivis dans l’enseignement.

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Plusieurs recherches l’ont mentionné, l’apprentissage dépasse la simple mémorisation mécanique de connaissances. On souhaite idéalement développer chez l’apprenant des outils pour penser qui pourront être transférés et réinvestis dans diverses situations. Il est souhaitable de s’éloigner des procédures et des connaissances inertes pour favoriser la conceptualisation et la modélisation chez l’apprenant.

L’apprentissage actif améliorerait la performance aux examens

Conceptualisation et modélisation

La conceptualisation (ou modélisation, selon les écoles de pensées) repose sur la représentation des savoirs en concepts interreliés formant des structures élargies.

Conceptualiser – ou modeler – les connaissances permettrait d’abord au professeur de se construire un modèle pour réfléchir et pour explorer avec ses étudiants autant les connaissances, leurs caractéristiques et les attributs les identifiant que leurs liens d’interdépendance avec d’autres connaissances […].

(Hétu, 2016, p. 17)

L’auteur propose une analyse des obstacles identifiés par la recherche au primaire et au secondaire pour éclairer la situation au collégial.

5 obstacles à la conceptualisation et à la modélisation

1. La formation disciplinaire des maîtres

S’appuyant sur Barth (1993), l’auteur mentionne que le premier obstacle serait la formation des maîtres, qui, étant axée sur les contenus disciplinaires, les prépare peu à savoir conceptualiser ou modéliser avec leurs apprenants.

2. Les représentations de la discipline et de l’enseignement

Un second obstacle serait la représentation tenace de ce qu’est l’acte d’enseigner. En effet, la conception de l’enseignement serait influencée par les souvenirs reçus au sujet des notions à transmettre. L’auteur soulève ici la tendance à reproduire les schémas vécus.

3. La cohérence des gestes posés

Le troisième obstacle évoqué concerne le manque de cohérence des gestes posés par les enseignants. L’auteur évoque le fait que plusieurs enseignants souhaitent outiller intellectuellement les élèves en développant leur esprit critique, mais instaurent en classe des pratiques se rapprochant de la reproduction-imitation.

4. L’utilisation inadéquate de certaines stratégies d’enseignement

Si l’enseignement n’est pas centré sur l’idée de conceptualiser ou de modéliser avec les apprenants, certaines stratégies d’enseignement actif peuvent perdre toute efficacité. « Il ne suffit pas non plus de recourir à une stratégie ou à un dispositif d’enseignement dit actif pour que l’apprentissage soit au rendez-vous. »

5. La pression de la réussite

Il est possible de noter une pression pour la réussite tant chez les étudiants que chez les professeurs qui vient chambouler les priorités d’enseignement. C’est ainsi que l’on voit des étudiants développer une relation utilitaire envers le savoir, où celui-ci n’a de valeur que pour passer l’examen. Chez des professeurs, ce phénomène est notable, entre autres choses, par la peur de manquer de temps pour passer leur matière.

Les principes d’un enseignement efficace

Note conclusive:

Afin d’améliorer sa pratique enseignante, il s’avère donc nécessaire de la mettre à distance et d’analyser, avec un regard neuf, ce qu’elle crée en matière d’apprentissages profonds, transférables et durables.

(Hétu, 2016, p. 23)

 

[Consulter l’article]

 

Référence :Hétu, M. (2016). Apprentissage ou imitation? Pédagogie Collégiale, 29(4), 17–23.
PhotoKid Running the Obstacle Course (CC BY-SA 2.0) by bellemarematt 

Dernière modification : 6 juillet 2016.

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