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Abandon de la profession enseignante au secondaire : des facteurs de stress considérables

Le phénomène de l’abandon professionnel, particulièrement présent dans la profession enseignante, s’observe à l’échelle de la planète. Au Québec, près d’un nouvel enseignant sur cinq quitte la profession au cours des cinq premières années de sa carrière. Prenant conscience de cette situation inquiétante, plusieurs chercheurs ont choisi de se pencher sur les facteurs qui expliquent le taux d’attrition élevé des nouveaux enseignants.

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Shutterstock / Lightpoet

C’est le cas de Sébastien Rojo, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, et de Pauline Minier, de l’Université du Québec à Chicoutimi, qui ont axé leur recherche sur l’abandon de la profession enseignante au secondaire.

Pour bien cerner les principaux facteurs de l’abandon de la profession enseignante, Rojo et Minier ont accordé une place de choix aux principaux concernés : les nouveaux enseignants du secondaire et ceux ayant déjà quitté temporairement ou définitivement la profession. En s’entretenant avec eux, les chercheurs ont colligé des informations qui leur ont permis de tirer plusieurs conclusions intéressantes à l’égard de la problématique de l’abandon de la profession enseignante au secondaire.

Ces conclusions s’articulent majoritairement autour de trois thèmes :

  • La perception qu’ont les nouveaux enseignants de leur métier
  • Le point de vue des nouveaux enseignants quant au stress engendré par la profession
  • Les facteurs qui contribuent à alimenter le stress jusqu’à abandonner la profession

Une perception changeante

Selon les résultats de l’étude, avant d’entamer leur carrière en enseignement, les étudiants percevraient assez positivement la profession. Toutefois, leur conception se modifierait au début de leur carrière. Ce changement serait dû, entre autres, aux lacunes de la formation initiale en enseignement (notamment sur le plan de la gestion de classe).

Les participants mettent en exergue le fait qu’il existe un décalage entre la formation pédagogique et disciplinaire initiale et les compétences qu’ils ont besoin de déployer pour intervenir en salle de classe.

Les nouveaux enseignants auraient également l’impression de se lancer dans une carrière trop peu valorisée par la société.

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Les facteurs de stress

Selon les individus sondés, le stress ferait partie du quotidien des nouveaux enseignants. Ce stress serait en grande partie dû à l’instabilité et la précarité des premières années d’enseignement. Le manque de soutien de la direction, les relations parfois difficiles avec les collègues et les élèves, la gestion de classe, l’application de la réforme et l’impression de surcharge sont quelques-uns des facteurs de stress soulevés par plusieurs répondants.

Ces facteurs de stress pourraient avoir un impact notable dans la vie des individus qui font leur entrée dans la le monde professionnel.

Les facteurs de stress peuvent conduire à l’épuisement professionnel, lequel prend la forme de la déstabilisation émotionnelle, de la dépersonnalisation, de l’insatisfaction professionnelle et individuelle.

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Un abandon souvent implicite

Fait intéressant : les participants de l’étude qui songeaient à quitter la profession ou qui l’avaient déjà quittée ne percevaient pas cette décision comme un abandon, mais l’expliquaient plutôt par un désir de se réorienter ou de poursuivre des études supérieures. Selon les chercheurs, le fait de justifier le départ de la profession par une réorientation professionnelle pourrait dissimuler un sentiment d’échec nourri par un désir de performance chez les nouveaux enseignants. En ce sens, ces nouveaux arrivants dans la profession enseignante pourraient, en quelque sorte, fuir un sentiment d’échec en se redirigeant vers des aspirations socialement plus valorisées.

[Consultez l'article]

 

Source de l’image : Shutterstock / Lightpoet

Dernière modification : 24 mars 2016.

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2 commentaires

  1. Par Pierre Cloutier le 17 mars 2016 à 13:14

    Comme l’ écrivait Martineau ( journaliste) suite à un colloque d’ enseignants : « la direction a peur des enseignants, ceux-ci ont peur des parents, les parents ont peur des enfants et ces derniers n’ ont peur de rien…..  » Il me semble qu’ on ne porte pas nos culottes…socialement Pas surprenant de voir le nombre d’ enseignants en dépression, et que la profession n’ attire plus comme avant. Avec cette baisse, les moins bons au CEGEP peuvent espérer entrer à l’université en éducation… Pour donner quel type d’ enseignant… À propos, je crois encore à une profession d’ enseignants…. Avec la passion d’ enseigner auprès des jeunes pas seulement pour gagner des $ou$..

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  2. Par Lucie B le 30 mars 2016 à 1:25

    L’impression de surcharge? L’impression? L’expression utilisée ne reflète pas, à mon sens, la réalité que vivent beaucoup d’enseignants. Rares sont les enseignants qui ne rapportent pas énormément de travail à la maison.

    Cela dit, il est vrai que la profession enseignante est peu ou pas valorisée dans notre société. Quelqu’un m’a déjà dit, à l’époque, que j’étudiais en éducation préscolaire et en enseignement primaire, car je devais reprendre mon cours primaire.

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