L’usage de la vidéo pour apprendre

De nos jours, les adolescents font un usage important de la vidéo; ils en écoutent et en produisent quotidiennement, de façon autonome, autant pour se divertir que pour s’informer. Cet article explique comment et pourquoi intégrer cet outil numérique dans le monde de l’enseignement.
usage-video-apprentissageSéraphin Alava est Professeur en Sciences de l’éducation à l’Université Toulouse Jean-Jaurès en France. Dans cet article, il présente de façon critique les avancées de la recherche en éducation à propos des usages pédagogiques de la vidéo.

Les pratiques de production vidéo des jeunes

La créativité des jeunes de 12 à 18 ans est à son apogée avec l’usage de la technologie qui leur permet aisément de produire des vidéos et de partager leurs créations.

65 % des jeunes collégiens développent des pratiques vidéastes (création de vidéos) et 82 % des lycéens ont déjà réalisé et diffusé une vidéo sur un réseau social.

Les résultats d’une enquête française combinés à ceux d’études américaines ont permis de dresser un portrait des différentes formes d’utilisation de la vidéo chez les jeunes. Voici les principales :

Les pratiques d’éducation non formelles en ligne

Il s’agit des vidéos qui ont pour but d’enseigner quelque chose aux auditeurs, comme les « tutoriels ».

Les pratiques d’expression et d’écriture personnelle

À la manière d’un blogue ou d’un « scrapbook », ce type de vidéo permet au jeune de s’exprimer de façon plus personnelle sur sa vie, sur les choses qui lui tiennent à cœur, etc.

Les pratiques de création artistique

Cette forme de production vidéo permet notamment aux jeunes de s’exprimer de manière humoristique avec le « Standup online » ou encore avec le « Stop motion » par lequel on réalise des vidéos en utilisant des photos ou des figurines pour raconter une histoire.

Quelle place pour la vidéo dans l’environnement scolaire?

Alava soutient que le rôle de l’école en ce qui concerne l’usage des vidéos consiste en grande partie à enseigner comment faire un usage critique de ces outils technologiques. Comme outil d’enseignement, certaines recherches (Fisch, 2001, Anderson et coll., 2001, Boser et al, 2003) confirment que l’usage pédagogique de la vidéo parmi d’autres supports de visionnement a un effet positif sur l’apprentissage.

Le TNI : un outil populaire, puissant, mais encore!

Sur le plan cognitif, une enquête menée par Karsenti et ses collaborateurs montre que le visionnement de vidéos entraine une activité cognitive qui favorise la visualisation et la mémorisation chez les élèves. Selon le chercheur, l’usage de vidéos faciliterait l’accès à l’information et stimulerait la motivation des élèves.

Dans un même ordre d’idées, un suivi longitudinal mené auprès d’étudiants universitaires a notamment permis d’établir une corrélation entre l’utilisation pédagogique de la vidéo et le développement d’une plus grande autonomie d’apprentissage.

En utilisant la vidéo en tant que support à l’apprentissage, les enseignants pourraient permettre aux élèves de faire un usage critique et réfléchi de ces outils favorisant l’accès à l’information et l’expression de la créativité de ces jeunes.

Les TIC à l’école : enjeux et recommandations

Pour ce faire, l’auteur de l’article recommande d’encourager une participation active et citoyenne du numérique chez les jeunes, et d’utiliser la vidéo dans l’enseignement afin de rendre plus accessibles certains phénomènes ou notions abordés. Il soutient que la vidéo pourrait aussi être utilisée comme outil d’expression pour les apprenants, comme par la tenue de débats vidéo ou la réalisation de reportages.

[Consultez l'article]

 

Références

  • Anderson D.R., Huston A.C., Schmitt K.L (2001), “Early childhood television viewing and adolescent behavior: The recontact study“, Monographs of the Society for Research in Child Development , vol. 66, n° 1, p. 1-147.
  • Boser F.J., Meyer G.S., Roberto A.J. & Inge C.G. (2003), A report on the effect of the Unitedstreaming™ application on educational performance, United Learning, August 2003.
  • Fisch S.M. (2004), Children’s learning from educational television: Sesame Street and beyond, Mahwah, N.J. : Lawrence Erlbaum Associates.
  • Karsenti, T., Collin, S., Dupuis, A. Villeneuve, S., Dumouchel, G. et Robin, J.-P. (2012). Avantages et défis inhérents à l’usage des ordinateurs au primaire et au secondaire : 2e Enquête auprès de la Commission scolaire Eastern Townships. Faits saillants des principaux résultats de l’enquête réalisée. Montréal, QC: CRIFPE.

 

Creative Commons Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.0 Generic License Cineastes

Dernière modification : 8 décembre 2015.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote actuellement)

Il n’y a aucun commentaire présentement.

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)