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L’intimidation en milieu scolaire : comment s’y prendre?

L’intimidation est une sorte de violence qui a comme objectif de blesser et de créer de la détresse chez autrui. Une inégalité de pouvoir doit être présente entre la victime et l’agresseur, et l’action agressive doit être posée à répétition. Il existe trois formes d’intimidation : verbale (ex. dire des insultes, crier des noms), physique (ex. frapper, bousculer) et relationnelle (ex. rejeter quelqu’un socialement, partir des rumeurs).

par Olivier Gaudet, étudiant au doctorat en psychologie à l’UQAM

L’intimidation est-elle si présente en milieu scolaire?

L’intimidation en milieu scolaire a une forte prévalence. Un sondage a été réalisé auprès de 202 056 jeunes vivant dans 40 pays différents. Les résultats démontrent que 10,7% de ces jeunes affirment être intimidateurs, 12,6% se considèrent victimes et 3,6% se disent intimidateurs et victimes.

Concernant le Canada, 23,3% des jeunes seraient impliqués dans la problématique de l’intimidation, soit comme intimidateur, victime ou à la fois intimidateur et victime.

Nous devons passer à l’action! Mais comment faire?

Étant donné ce nombre trop élevé de jeunes impliqués dans l’intimidation, des mesures d’intervention sont nécessaires. Les programmes de prévention contre l’intimidation en milieu scolaire sont des outils qui visent l’enraiement de cette problématique avant que la situation commence ou qu’elle ne prenne une trop grande envergure.

Trois méthodes d’intervention

1) Viser une intervention directe auprès des victimes et des agresseurs. L’assistance au développement d’habiletés sociales pour les victimes ainsi que l’apprentissage de techniques de gestion de colère pour les intimidateurs sont des exemples de stratégies d’intervention individuelle.

2) Mettre l’accent sur les témoins de cette forme d’agression. Elle se base sur la prémisse que ces acteurs sont ceux qui stimulent le comportement agressif de l’intimidateur, en leur procurant des renforcements sociaux. Par exemple, si un jeune rit ou encourage un intimidateur, ce dernier sera davantage porté à émettre un comportement agressif ultérieurement. Cette perpétuation a comme objectif de conserver la position élevée de l’intimidateur dans la hiérarchie sociale, cette position lui étant offerte par les comportements agressifs qu’il émet. Les intervenants qui utilisent cette méthode visent, entre autre, le développement de l’écoute active, de l’empathie et de la résolution de problème chez les témoins de l’intimidation.

3) La Whole-School approach, englobe les deux premières en y ajoutant des cibles et stratégies d’intervention. Cette approche prône une vision systémique de l’intimidation en milieu scolaire. Autrement dit, ces interventions ciblent la classe, la direction, les membres du personnel scolaire, la législation de l’école, les parents, les jeunes qui ne sont ni intimidateurs ni victimes ainsi que la communauté.

La Whole-School approach tente de changer la perception de ces acteurs concernant l’intimidation tout en changeant la culture et le climat scolaire. Elle agit également directement auprès des victimes et des agresseurs en leur fournissant des outils et en les sensibilisant à cette problématique. Voici des exemples concrets d’interventions effectuées en suivant cette approche :

    • la création par le professeur d’activités de sensibilisation sur l’intimidation,
    • l’augmentation de la supervision des lieux physiques dans l’école,
    • la création d’un comité de parents pour discuter de la problématique et le renforcement immédiat des comportements prosociaux des élèves.

Ce genre de méthode systémique a fait ses preuves comme étant l’une des plus efficaces pour enrayer l’intimidation en milieu scolaire. Le Olweus Bullying Prevention Program ainsi que le KiVa anti-bullying program en sont deux exemples.

Trucs pratiques

Afin d’obtenir davantage de renseignements sur des stratégies efficaces pour l’implantation d’un programme de prévention et pour avoir de l’information sur des trucs concrets pour appliquer une approche systémique, il est possible de consulter l’article de Whitted et Dupper (2005).

Voici deux exemples de conseils qui se retrouvent dans ce texte :

Une approche systémique est toujours à prioriser.

[Pour en savoir plus]

[Références]

 

Dernière modification : 24 septembre 2015.

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