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Étude de l’orthographe à la maison

«Poto? Pauto? Potau? Pautau? Peauto? Poteau? Peauteau?»

En français, de 35 à 38 phonèmes (selon les auteurs) correspondent aux 26 lettres. Ainsi, les combinaisons possibles de graphèmes sont énormes, soit plus d’une centaine. Ainsi, un phonème peut être écrit par divers graphèmes, appelés aussi phonogrammes. Cette réalité constitue une source importante de difficultés en orthographe.
ecriture_maisonCette recherche a été rendue possible grâce au financement du Programme de recherche sur l’écriture et la lecture (PREL) dans le cadre de l’action concertée mise en place par le MELS et le FRQSC.

Par Jean-Yves Lévesque, professeur associé en sciences de l’éducation à l’UQAR et chercheur au sein du Groupe de recherche sur l’apprentissage et la socialisation (APPSO). Il a conduit une recherche dans sept régions au Québec auprès de 272 élèves du 1er cycle du primaire et de leurs parents. Il souhaitait connaître, entre autres :

  • ce que l’étude de l’orthographe signifie pour les élèves;
  • quel intérêt ils portent à cette tâche;
  • comment se déroulent les moments d’étude;
  • quelles stratégies utilisent les élèves;
  • quelle importance les parents accordent à cette activité;
  • qui accompagnent les enfants et comment se réalise cet accompagnement;
  • quelle est la relation entre l’enseignant et les parents à propos de cette activité.

Il a décrit ces réalités en tenant compte du milieu socioéconomique de l’école fréquentée par les élèves, du sexe des élèves et des parents et du niveau de compétence des élèves en orthographe lexicale.

[Consulter le résumé]

Du côté des élèves

Une importante baisse de l’intérêt des élèves de 2e année pour l’étude de l’orthographe lexicale est remarquée comparativement à ceux de première année qui sont beaucoup plus nombreux à se montrer intéressés par ladite tâche. Si une bonne part des élèves consacre du temps pour étudier l’orthographe à la maison, quatre élèves sur dix se font dicter les mots par un parent sans consacrer préalablement du temps d’étude.

Diverses stratégies sont évoquées par les élèves pour encoder l’orthographe mais ce sont les filles et les élèves sans difficulté qui déclarent utiliser le plus de stratégies et celles-ci sont davantage diversifiées que chez les garçons et les élèves en difficulté. Les élèves rapportent que les stratégies sont le plus souvent utilisées en copiant les mots avec modèle.

Il est primordial qu’un bagage suffisant de mots orthographiés correctement puissent être intégré dans la mémoire à long terme du scripteur, et ce, dès le début du primaire, afin que ces mots puissent être réutilisés en situation de production écrite ou d’écriture dictée.

Du côté des parents

La plupart des parents offrent un soutien aux enfants, largement assumé par les mères. Les pères sont peu impliqués et lorsqu’ils s’investissent, particulièrement en 2e année, c’est surtout auprès des garçons et des élèves dans des écoles en milieu socioéconomique favorisé.

Certaines stratégies d’étude exemplaires proposées aux enfants sont plus grandement utilisées par des parents dans des écoles de milieu socioéconomique favorisé. De plus, ce sont des parents de filles qui ont évoqué le plus grand nombre de stratégies d’étude proposées aux enfants. Seulement 20% des parents, majoritairement d’enfants avec des difficultés en orthographe lexicale, mentionnent avoir échangé avec l’enseignant concernant la leçon d’orthographe.

Soumettre aux élèves hebdomadairement une liste de mots pour qu’ils en étudient l’orthographe à la maison sous forme de leçon est une pratique enseignante très répandue en milieu scolaire.

Perspectives de changement

Pour bien renseigner les élèves afin qu’ils effectuent de manière appropriée leur étude à domicile, les enseignants doivent être bien formés. Divers contenus de formation sont avancés. À titre de co-éducateurs, les parents pour leur part doivent avoir la possibilité d’être renseignés pour accomplir efficacement leur rôle de soutien pour la leçon d’orthographe.

C’est la rencontre des voix enseignantes et parentales qui fonde la co-éducation relative à l’étude de l’orthographe : sa préparation en classe, sa réalisation et son accompagnement à la maison.

[Consulter le rapport]

 

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Dernière modification : 6 janvier 2015.

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Un commentaire

  1. Par Doucet angele le 11 janvier 2015 à 20:10

    Totalement en accord…..la collaboration enseignant -parent est importante. Je pense aussi que tout ce que l’enfant peut acquérir dans ses premières années scolaires lui permettent de conserver ces acquis et lui donne confiance en ses capacités.

    Plusieurs parents sont disposés à apprendre des stratégies pour l’acquisition de l’orthographe et seraient prêts à s’attribuer de telles ressources si elles pouvaient être disponibles via l’école.

    Pour les parents moins ouverts à cet éventuel service, il faut garder un contact chaleureux et ouvert à leur endroit afin de rejoindre l’enfant qui ne demande qu’un support pour mieux cheminer.

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