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Les sessions de transfert d’École en réseau

L’École en réseau (ÉER) est un concept pédagogique, mis en place et documenté dans le cadre d’une vaste recherche-action panquébécoise. Au début des années 2000, le MELS a confié au CEFRIO le mandat d’identifier des solutions possibles au problème de fermeture d’écoles dans les zones rurales et les régions éloignées en favorisant l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC).

www.cefrio.qc.ca uploads École en réseau_feuillet mars 2014_français_impression.pdf

Un modèle inspirant en transfert des connaissances

Élisabeth Boily, auteure de cet article, est étudiante au doctorat à l’UQAM  et effectue un stage de recherche au CTREQ portant sur le transfert des connaissances en éducation. Elle a tout récemment participé à la session de transfert de l’École en réseau (ÉER) qui a eu lieu en octobre dernier.  Sa participation à titre d’observatrice lui a permis d’identifier plusieurs bonnes pratiques en matière de transfert de connaissances.  Ces bonnes pratiques vous seront partagées, en espérant que cela puisse inspirer d’autres organisations.

Le CEFRIO, en collaboration avec des chercheurs de l’Université Laval, de l’Université McGill, de  l’UQAC et de l’UQO, a misé sur l’utilisation des technologies de télécollaboration  pour favoriser la mise en réseau des écoles.  Les enseignants de classes distantes et leurs élèves peuvent ainsi effectuer une partie de leurs apprentissages ensemble, que ce soit sous forme de travaux d’équipe entre des élèves de classes distantes ou encore par l’entremise d’un partage de tâches d’enseignement selon l’expertise.

Le fait d’ouvrir les murs de la classe éloignée permet d’augmenter la quantité d’interactions pour ainsi créer un environnement d’apprentissage plus riche, tout en diminuant le sentiment d’isolement des enseignants et des élèves. Aujourd’hui, plus d’une centaine d’écoles primaires et quelques écoles secondaires, réparties dans 23 commissions scolaires, ont adopté cette façon innovatrice d’enseigner.

La communauté de l’École en réseau

Chaque année, les membres de la communauté de l’ÉER se réunissent pour une session de transfert. Ces sessions de transfert permettent de soutenir le développement professionnel des participants de l’ÉER à travers la mobilisation et la coélaboration de connaissances. Elles favorisent l’amélioration du savoir collectif de la mise en réseau. Le 2 et 3 octobre dernier, plus de 190 membres provenant de diverses commissions scolaires à travers le Québec se sont réunis à l’Anse-St-Jean, un village situé dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean.  Des enseignants, des conseillers pédagogiques, des directions d’établissement, des gestionnaires et des chercheurs universitaires y participaient. Cette session de transfert représente un modèle inspirant en matière de transfert des connaissances.  Pour démontrer en quoi ce modèle est inspirant, des liens seront établis avec les déterminants du processus de transfert des connaissances.

Le déroulement de l’activité de transfert

Un nombre important de facteurs influencent positivement le processus de transfert des connaissances (INSPQ, 2009). Le format et le langage utilisés pendant l’activité de transfert représentent un facteur déterminant. À la session de transfert, une importance a été accordée au format des conférences et ateliers qui étaient animés de façon variée à partir d’outils technologiques efficaces. L’utilisation de capsules vidéo, de tableaux interactifs et d’applications iPad permettait de soutenir l’attention des participants, tout en modélisant de bonnes pratiques en matière d’utilisation des TIC qui sont au centre du concept d’ÉER. D’ailleurs, les participants étaient invités à apporter leur ordinateur portable afin de bénéficier de l’accompagnement individualisé des formateurs lors des ateliers pratiques.

La plénière, les groupes de discussion et les présentations de pratiques très concrètes ont également été suggérés. Lors des présentations plus théoriques, un effort était mis sur l’aspect visuel. Les différents modèles théoriques présentés étaient épurés et visuellement attrayants. Les résultats des recherches étaient vulgarisés et présentés de manière brève en insistant sur les messages clés qui ont été répétés à maintes reprises pour favoriser une meilleure intégration chez les participants.

Des connaissances applicables à la réalité des participants

En ce qui concerne le contenu, cette session de transfert visait à mobiliser des connaissances autour des différentes pratiques mises en place à travers l’initiative de l’ÉER, notamment en lien avec l’utilisation du «knowledge forum» et des classes collaboratives. Ces connaissances étaient tout à fait en lien avec les besoins des participants, qui étaient réunis autour de cette préoccupation commune. L’adéquation entre les connaissances produites et les besoins des utilisateurs de ces connaissances était donc très forte, ce qui représente un déterminant crucial dans le processus de transfert. En effet, les participants, qui, pour la plupart, utilisent de façon régulière les technologies de l’ÉER ont été exposés à des pratiques inspirantes. Des enseignants expérimentés ont partagé leurs expériences de mise en réseau. À titre d’exemple, une enseignante du préscolaire a présenté un projet de yoga réunissant les élèves de sa classe et ceux d’une classe distante.  Par l’entremise de la télé-collaboration, les élèves pouvaient apprendre de nouvelles postures en observant les élèves de l’autre classe.

Les connaissances mobilisées étaient donc pertinentes pour les participants, mais elles étaient également applicables dans leur réalité quotidienne.  Les conférences et ateliers étaient orientés vers le partage de réflexions et de bonnes pratiques, en faisant des allers-retours entre les connaissances issues de la recherche et les connaissances issues des savoirs tacites.  Certaines conférences étaient axées sur la présentation de résultats de recherche, alors que d’autres avaient pour but d’exposer des projets vécus en classe. Dans les deux cas, les connaissances applicables dans les milieux de pratique étaient à l’honneur.

Au-delà de la session de transfert, les membres de la communauté de l’ÉER sont soutenus dans leur milieu respectif. En effet, pour favoriser un processus de transfert, il doit y avoir présence d’une personne-ressource pour accompagner les acteurs dans les milieux de pratique sur le plan pédagogique.  Pour répondre à ce besoin, une équipe multidisciplinaire intersite (ÉMI), composée d’enseignantes ÉER d’expérience, a été mise en place. Ces enseignantes sont libérées une journée par semaine pour accompagner à distance les enseignants participants à l’ÉER dans la mise en place des activités réalisées auprès des élèves de leur classe.

Conclusion

De façon plus globale, l’initiative ÉER s’inscrit tout à fait dans une approche interactive en transfert de connaissances, puisqu’il stimule les interactions entre plusieurs groupes d’acteurs, notamment les chercheurs, les enseignants, les conseillers pédagogiques, les directions d’établissement et les gestionnaires, dans une perspective de coélaboration d’un savoir collectif. L’établissement d’une communauté de pratique en réseau réunissant ces différents acteurs témoigne de cette volonté.

Enfin, l’initiative ÉER réunit des acteurs hautement motivés autour d’un même objectif, qui est d’offrir un environnement d’apprentissage de qualité dans les écoles des régions éloignées.  Au-delà de cet objectif, les acteurs de l’ÉER se réunissent autour d’une conception commune de l’apprentissage. Ils croient fermement à l’importance des interactions et ils estiment que l’élève doit être actif dans ses apprentissages.  Ils conçoivent la classe comme une communauté d’apprentissage dont les frontières sont élargies. Cette motivation et cette cohésion sur le plan des valeurs étaient palpables lors de la session de transfert et elles sont sans contredit déterminantes dans la pérennité de l’ÉER.

 [Consulter le site Web]

Dernière modification : 26 février 2016.

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2 commentaires

  1. Par Lepage le 6 novembre 2014 à 10:39

    Pourquoi ne pas aussi se joindre collectivement au RéSEAU de l’UNESCO .??? :)

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  2. Quelle bonne idée!! J’adore, j embarquerais c’est certain!!!
    Je parle d’un réseau avec l’UNESCO…

    Commentaire inapproprié ?



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Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)