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Anxiété et pleine conscience : la pratique en classe

Depuis les dernières années, une nouvelle vague d’interventions psychosociales connaît un essor important dans le domaine de la recherche scientifique. En effet, les approches basées sur la pleine conscience sont de plus en plus populaires et plusieurs recherches s’attardent à évaluer l’efficacité de ces techniques dans la diminution de l’anxiété auprès de diverses populations. Aussi, ces pratiques sont de plus en plus utilisées en contexte scolaire.

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par Cynthia Lamarre & Diane Marcotte

Dans cet article, nous définissons ces pratiques et leurs influences sur la santé mentale des jeunes ainsi que sur leur réussite scolaire et nous explorons la possibilité de les intégrer en milieu scolaire.

Il est connu que les troubles de santé mentale, dont l’anxiété, affectent la réussite scolaire des élèves. En effet, des hauts niveaux d’anxiété et de stress liés à l’école sont associés à des difficultés d’apprentissage, un faible rendement, un comportement de retrait, des stratégies d’apprentissage erronées et des biais de mémoire et d’attention. De plus, parmi les troubles de santé mentale diagnostiqués, les troubles anxieux sont parmi les plus courants et affectent de 8 % à 27 % des adolescents et des enfants d’âge scolaire au cours de leur vie.

Compte tenu des conséquences de l’anxiété sur le fonctionnement scolaire des élèves, il est primordial d’intervenir afin de réduire et de prévenir cet état psychologique.  Les stratégies de pleine conscience constituent une avenue intéressante en ce sens, ceci d’autant plus que des études ont démontré leur efficacité lorsque appliquées en contexte scolaire.

Qu’est-ce que la pleine conscience?

Dérivée des techniques de méditation et de Yoga, la pleine conscience se définit comme la conscience issue de l’attention portée de façon particulière et sans jugement au moment présent. Elle inclut l’auto-régulation de l’attention et l’orientation vers l’expérience vécue au moment présent. Elle se définit aussi par l’habileté de faire pleinement l’expérience du présent sans préoccupation excessive ou suppression de celle-ci. Énoncer plus simplement, il s’agit de porter son attention volontairement sur le présent sans y porter de jugement et en acceptant ce qui est ressenti.

Une des techniques les plus utilisées dans cette approche est la méditation en pleine conscience. Il s’agit d’une technique dans laquelle la respiration ou un objet est utilisé comme point de référence pour être conscient dans le moment présent. Les pensées, émotions et sensations peuvent survenir, mais ne sont ni jugées ni engagées mais simplement vécues, reconnues et libérées.

En réalité, dans la méditation de pleine conscience, on ne cherche pas à atteindre un état de détente ou de calme particulier […], mais juste à intensifier sa conscience et son recul envers ses expériences intimes. Par exemple, plutôt que de chercher à ne pas être en colère ou triste, on tend à observer la nature de ces émotions, leur impact sur le corps, les comportements qu’elles déclenchent. […].

Lorsque nous sommes conscient (mindful), il est possible de voir une situation de différentes perspectives, l’information de façon nouvelle dans une situation, se concentrer sur la façon dont nous percevons l’information et éventuellement créer des nouvelles catégories dans lesquelles l’information peut être comprise.

Exemple d’exercice de méditation en pleine conscience pour enfants

Quel est son effet sur l’anxiété en contexte scolaire?

Plusieurs études ont montré l’efficacité des techniques de pleine conscience, comme la méditation, dans la diminution de l’anxiété et l’amélioration des symptômes associés aux troubles anxieux chez les enfants et les adolescents.

Ces techniques, pratiquées en classe, ont montré leur efficacité non seulement dans la diminution de l’anxiété, mais aussi sur plusieurs autres variables qui affectent le fonctionnement scolaire telles que la créativité, la flexibilité cognitive et la concentration.

En effet, les élèves d’âge primaire qui participent à un entraînement à la pleine conscience montrent des changements positifs au niveau de leur comportement, leur humeur, leurs attitudes et sont moins anxieux. Il a aussi été montré que la méditation en pleine conscience est associée à une amélioration des habiletés sociales rapportées par les élèves et les enseignants et de la réussite scolaire selon les enseignants des élèves qui ont participé aux activités de méditation.

Pourquoi l’utiliser en classe et comment?

L’entraînement à la pleine conscience constitue donc une stratégie intéressante pour aider les élèves à alléger  les effets négatifs des facteurs de stress environnementaux en canalisant leur attention sur le moment présent afin de se concentrer pleinement sur les activités en classe. Aussi, cette stratégie viendrait en aide aux élèves qui ont des difficultés d’apprentissage afin de mieux performer en classe, être moins anxieux et promouvoir leurs habiletés sociales. Ces pratiques permettraient d’ailleurs l’amélioration de la gestion de classe et les relations élèves-enseignants.

Selon des études recensées, des périodes de méditation de 5 à 10 minutes au début des classes chaque jour pendant cinq semaines suffit à améliorer le niveau d’anxiété, de la réussite scolaire et des habiletés sociales des élèves.

Les enseignants et l’équipe école peuvent être formés afin de faciliter la pratique de la pleine conscience en classe ou encore, durant les classes d’activité physique puisqu’il a été montré que les programmes de pleine conscience s’intègrent bien dans le curriculum de ces cours. Ces techniques peuvent être utiles non seulement en classe, mais aussi pour les parents d’élèves anxieux, qui pourront les appliquer à la maison.

Il est important de noter cependant que la pratique est très importante pour la réussite de ces techniques et que la répétition de celles-ci permettra aux élèves d’intégrer la pleine conscience dans toutes les sphères de leur vie.

En somme, les pratiques de pleine conscience, dont la méditation, sont des avenues prometteuses afin de diminuer l’anxiété chez les élèves, favoriser leur réussite scolaire et promouvoir leur bien-être psychologique. Les écoles représentent des portes d’entrées des plus pertinentes dans l’application de ces techniques. Des recherches futures permettront fort probablement clarifier les effets de ces pratiques sur l’anxiété en milieu scolaire auprès des différents groupes d’élèves à risque.

Pour en connaitre davantage sur la pleine conscience :

  • Kabat-Zinn, J., & Hanh, T. N. (2009). Full catastrophe living: Using the wisdom of your body and mind to face stress, pain, and illness. Random House LLC.
  • Biegel, G. M. (2009). The stress reduction workbook for teens: Mindfulness skills to help you deal with stress. New Harbinger Publications.
  • Méditer comme une grenouille (vidéo).

Références

PDF de l’article du RIRE

Dernière modification : 8 août 2016.

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9 commentaires

  1. Par Francine Jean le 18 janvier 2015 à 21:00

    Cet exercice de méditation devrait être connu par tous les enseignants d’éducation physique et à leur tour l’enseigner à tous les élèves. C’est un outil qui serait très aidant pour diminuer l’axiété chez les élèves et de ce fait celà aurait un impact pour la réussite scolaire.
    Moi je vais l’appliquer et la montrer à tous les membres de ma famille.

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  2. Par Simon Poulin le 9 mai 2015 à 12:32

    Bonjour!
    Étant méditant depuis presque 15 ans, je suis heureux de voir que la MPC se propage… J’ai commencé à l’offrir à mon cégep, dans les activités parascolaires, et les jeunes l’apprécient grandement. Je me propose d’aller plus loin l’an prochain et de proposer une démarche auprès des élèves en difficultés, principalement ceux qui sont anxieux…
    C’est une évidence pour moi que la MPC devrait faire partie du cursus ou simplement être intégrée à la pédagogie, en plus d’être offerte à tous les personnels. Le niveau de stress est si élevé dans les institutions d’enseignement!
    Tous ceux qui entrent de plain pied dans cette approche sont unanimes : cela affecte positivement la qualité du jour! :) Simplement parce que la pleine conscience est une façon d’être, ce n’est pas une technique seulement…
    Au plaisir de voir grandir cette approche!
    Simon Poulin, professeur d’Arts, Lettres et Communications

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  3. Par Jacques Dumouchel le 8 juillet 2015 à 9:21

    Il est étrange que ces recherches portent sur des pratiques issues de vision du monde orientale alors qu’ici nous avons aussi toute une histoire de méditation issue du christianisme. Alors que la méditation issue du yoga, comme le dit si bien l’article, est une méditation en «pleine conscience», la méditation issue du christianisme est une méditation en pleine présence. Alors que la première est un acte de conscience «détachée» ou métacognitive, la deuxième est un acte de conscience «rattachée» ou d’appartenance. C’est ce que Otto appelle le «numinous». Voir (https://en.wikipedia.org/wiki/Numinous). On pourrait faire des rapports ici avec le concept de lien d’attachement, entre autres. Sans nier les bienfaits de n’importe quelle forme d’arrêts fréquents d’activités quotidiennes, il ne faut pas oublier les disciplines spirituelles issues du christianisme aussi qui pourraient faire l’objet de recherches: la pratique du silence, de la contemplation, de la méditation et de la prière, pour n’en nommer que quelques-unes.

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  4. Par Gouërne Virginie le 19 mars 2016 à 12:29

    Bonjour,

    je suis très intéressée par votre arcticle. Je pratique déjà la respiration consciente et le brain-gym avec mes élèves et je souhaite justement me former à la méditation pour les enfants. Je n’ai trouvé aucune formation s’adressant à des enseignants, éducateurs …
    Pouvez-vous me renseigner à ce sujet ?
    Merci

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  5. Bonjour,

    Nous vous invitons à écrire directement aux auteurs de l’article : Cynthia Lamarre et Diane Marcotte. Vous retrouverez les adresses courriels en cliquant sur les hyperliens en haut de l’article. Peut-être pourront-elles vous suggérer des ressources? En espérant que ce soit utile.

    Merci de nous suivre!
    Bruno Hubert, chargé de la veille et du RIRE

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  6. Par Luc St-Antoine le 30 mai 2016 à 9:34

    Bonjour! J’appuie sans réserve, ou presque, cette si belle approche. Je pense depuis des années à ce problème grandissant des enfants de nos communautés qui de plus en plus vivent le problème important du manque d’attention, et pas juste à l’école, du décrochage et de l’abandon scolaire à cause de ce que l’enfant vit inévitablement comme un échec. En effet, ne pas pouvoir se concentrer, ne pas pouvoir maintenir son attention plus de quelques minutes sur ce qui nous est demandé de faire pose un problème réel et très tôt nous perdons l’enfant.
    Alors que nos sociétés se sont tournées vers les solutions thérapeutiques de nature plutôt médicale et pharmaceutique, et qui ne semblent pas apporter tous les résultats souhaités, puisqu’il y a bel et bien dépendance à ces produits chimiques qu’ont donne aux enfants, il me semble que nous avons grandement besoin de nous poser la question « POURQUOI TOUT CECI? POURQUOI TANT DE DÉSORDRE MENTAL ET ÉMOTIONNEL? SI TÔT CHEZ LA JEUNE PERSONNE? ».
    Ma réponse est simple, nous vivons un manque cruel D’AMOUR, partout. Nos sociétés ont misé sur la réussite académique par la seule intervention de l’intellect, et on a oublié de considérer le COEUR comme moteur de notre véhicule évolutif, comme source de connaissance intime et intuitive et parfaitement intégrée à toute quête de connaissance de soi et d’équilibre dans ses relations d’abord avec soi-même et conséquemment avec autrui.
    En apprenant aux enfants à épanouir leur COEUR on leur offre l’ouverture de la PORTE D’OR qui libère ce qu’on peut appeler « LA GRANDE CONNAISSANCE INTÉRIEURE », source de toute intuition, de toute créativité, de tout éclair de génie, de toute potentialité à l’atteinte d’un équilibre se vivant d’abord à l’intérieur de soi puis qui se communie avec l’ensemble des personnes avec qui l’enfant entrera en communication. Vous devez savoir que tous les coeurs humains, tels des vases communicants, se parlent sans cesse dans le silence, notre grande souffrance est le manque d’ouverture du COEUR, le manque d’écoute de son propre COEUR.
    Je pratique depuis plus de vingt-cinq maintenant une forme d’intériorisation « méditation-prière » qui consiste à déposer une rose sur son coeur et à la contempler avec une pensée d’amour dirigée vers soi. On peut formuler cette pensée: UNE ROSE POSÉE AU FOND DE MON COEUR S’ÉPANOUIT EN MÊME TEMPS QUE MON COEUR S’ÉPANOUIT.
    Votre coeur se nourrira de la conscience-énergie d’amour de cette rose (ça n’a rien à voir avec le côté connu du romantisme) la rose possède sa propre énergie et elle métamorphosera votre COEUR qui graduellement s’épanouira. C’est un principe NATUREL qui relie à votre CONSCIENCE INTIME, la rose en est la clef tout simplement. Il s’agit davantage d’une pratique qui invite à une intention sincère d’amour plutôt qu’une simple technique, et qui participe naturellement à l’ouverture du coeur.
    Dans une métamorphose sérieuse de nos écoles je propose aussi la formation de chœurs d’enfants, partout et le plus tôt possible, chanter en choeur harmonise les coeurs et tend à unifier, harmoniser, amenant les enfants à plus de tempérance entre eux dans leurs relations.
    Je propose aussi de diffuser de la musique classique très douce pendant les heures de classe, l’expérience a été menée il y a deux ans dans 80 écoles de la planète et de ces enfants qui ont vécu l’expérience, 90% de ceux qui vivaient de l’agitation ont même pu cesser leur médication.
    Voici le document que j’ai écrit à ce sujet.
    PROJET ENFANT
    L’ÉCOLE, UN TEMPLE D’AMOUR
    Voici quelques temps, le député de la CAQ et ancien ministre de l’éducation sous le régime du PQ., François Legault, proposait l’adoption d’un règlement permettant l’accueil des enfants à l’école à un âge aussi hâtif que quatre ans et obligeant les jeunes à rester sur les bancs jusqu’à dix-huit ans.
    Une telle proposition révèle le grand malaise vécu depuis des décennies dans notre système d’éducation. À preuve le décrochage qui se vit très tôt chez beaucoup de jeunes et qui se retrouvent dans un état précaire. Nous savons combien il est difficile de les ramener dans le système d’éducation après coup. L’augmentation de la violence même au primaire, le taxage et l’intimidation sous toutes ses formes.
    Et peut-être la forme la plus insidieuse de décrochage, toutes les formes d’agitation, d’hyperactivité et de perte d’attention de l’enfant qui se manifestent très tôt et que malheureusement nous ne solutionnons qu’en partie par la médication. Vous aurez reconnu tous les cas de TDAH et le ritalin et/ou autre médication qui est administré aux enfants.
    DIAGNOSTIQUE DE L’ÉCOLE MALADE
    L’ÉCOLE EST MALADE DE PART SON SYSTÈME « DE CLASSEMENT », « D’ÉVALUATION », « DE COMPARAISON », « DE NOTE DE PASSAGE SYMBOLE DE RÉUSSITE », symbole de réussite dis-je et unique forme de reconnaissance. On ne peut accorder une valeur à un être humain par la note de passage qu’il obtient à l’école, et pourtant c’est ce qu’on leur fait vivre.
    L’école de par sa structure forme et moule les enfants par un format académique fondu dans les seules sphères intellectuelles qui est par sa nature déconnecté du coeur.
    L’enfant vient au monde avec un coeur sans tache et passe les premières années de sa vie à découvrir par les sensations et par le senti de son coeur, et très tôt on lui enseigne à passer à l’étage supérieur, la tête, et par là tout saisir, tout entreprendre afin d’appréhender lui dit-on, son futur.
    Voilà la table est mise, je propose un changement fondamental de paradigme. Le coeur devient la première intelligence source de toute sensation, intuition et information et l’intellect tient un rôle plus naturel de support par ses capacités de calcul, de classement, d’évaluation et autres fonctions comme la mémoire, bien qu’elle n’occupe pas qu’un seul centre, qu’on lui reconnaît.
    Nous pourrions instituer ce principe ainsi:
    L’école par le coeur de l’enfant plutôt que l’école par le pur apprentissage intellectuel. Les fonctions intellectuelles ont toute leur importance bien sûr mais elles ne peuvent plus être priorisées comme gage de succès de nos enfants qui traversent un tel système, parce que à l’évidence l’être humain ne fonctionne pas ainsi.
    Il n’y a pas que nos écoles qui sont malades remarquez bien, c’est toute la société qui est malade de cette course folle à la performance, pour un peu plus de pouvoir et d’argent, seule reconnaissance que nous payons cher par le manque évident d’amour et d’harmonie dans nos sociétés.
    Pouvons nous, tous, reconnaître que tout va trop vite, que nous nous bousculons nous-mêmes et par le fait même nos enfants? Est-ce bien ce que nous voulons pour eux? Nous attendons que les écoles leurs enseignent les connaissances académiques nécessaires à leur formation et les préparent à leur devenir en tant que citoyen participant de manière créative à tout un ensemble de projets. C’est bien, mais dans quel état d’esprit souhaitons-nous que cela se manifeste? Dans un état d’agitation? Ou bien dans un état de plus de calme et de sérénité, dans un état de paix qui prévaut toujours à une meilleure intégration de ce qu’on acquière, et des décisions qu’il nous est imparti de prendre? Offrons, s’il-vous-plaît, à nos enfants, cet espace de calme intérieur et de paix.
    ALORS QUOI FAIRE ET COMMENT LE FAIRE?
    Voici tout d’abord une pensée formidable et si révélatrice qu’a émise Antoine de Saint-Exupéry, né le 29 juin 1900.
    ON NE VOIT BIEN QU’AVEC LE COEUR
    L’ESSENTIEL EST INVISIBLE POUR LES YEUX
    Pour amener l’enfant à faire confiance à son coeur de plus en plus et ce tout au long de sa vie alors qu’il aura à prendre des décisions parfois très difficiles (et qu’il n’aura plus ses professeurs pour le guider), je propose quatre pratiques différentes qui toutes sont interreliées et additionnent même leurs effets positifs.
    Premièrement: Période d’intériorisation/conscientisation du coeur pour amener l’enfant à calmer son mental et ainsi apprendre à sentir de plus en plus au fil des pratiques, l’état dans lequel se trouve son coeur et ce qu’il a à lui dire. Il s’agit bien ici d’une pratique, avec ses règles, ça n’est pas qu’un vague concept philosophique.
    Par cette pratique, des plus simples, l’enfant sent l’amour qui circule en son coeur, sa manifestation devient tangible, palpable, et avec le soutien de l’intervenant il lui est donné d’élever l’estime qu’il a de lui-même.
    AUGMENTER L’ESTIME DE SOI EST LA VISÉE ESSENTIELLE DE CETTE PRATIQUE.
    Nous pourrions nommer cette pratique,
    VISITE AU JARDIN DE MON COEUR
    Comment ça marche?
    On fait s’étendre l’enfant sur un petit matelas de sol, les yeux fermés et protégés de la lumière par un petit bandeau. On peut faire jouer une douce musique invitant à la détente. Et simplement on demande à l’enfant de cueillir dans son jardin intérieur ou celui qu’il imagine, une belle rose qu’il dépose ensuite sur son coeur, et alors que ses pétales s’ouvrent on invite l’enfant à demander à son coeur, de s’ouvrir et de s’épanouir tout comme la belle rose qu’il y a déposée. Au cours de ce petit exercice de concentration on peut aussi demander à l’enfant de chercher à entendre les battements de son coeur tout en respirant lentement et profondément.
    Voilà, c’est aussi simple, la rose possède sa propre énergie et au fil du temps, on ne bouscule rien, chaque coeur d’enfant possède son propre rythme et ouvre en son temps. Pratiqué avec sincérité c’est le plus bel acte d’amour fait à soi-même.
    En atelier de bricolage l’enfant pourrait dessiner, peindre et découper une rose qu’il mettra sur son coeur, il me semble que ce caractère tangible peut aider à la pratique d’intériorisation.
    Vers la fin de la séance, on invite l’enfant à formuler en silence toujours, un sincère sentiment d’amour envers son coeur et à le remercier d’être aussi bon, présent et ouvert pour lui.
    L’enfant n’est jamais invité à atteindre un résultat, on peut lui demander après les séances, s’il en a envie, d’exprimer comment ça s’est passé pour lui.
    Pour l’enfant cela demeure ludique malgré le silence (aucune rigidité ici, le temps oeuvre à son mieux) auquel on l’invite durant la petite séance d’une durée de 15 à 20 minutes. Si c’est trop sérieux il va décrocher, il importe de le laisser voyager dans son monde imaginaire.
    Car c’est ainsi dans l’univers d’un coeur libre et léger que naissent créativité, intuitions, éclairs de génie, car sachez le, notre coeur nous parle sans arrêt, si nous ne l’entendons pas c’est que nous lui demeurons sourd, on ne nous a jamais appris à se mettre à son écoute. À ce titre le cerveau n’est pas le maître, il reçoit et interprète mais ça n’est pas lui ici qui initie.
    C’est une question d’attention mais aussi de pratique. Regardez-vous simplement réagir et très tôt vous réaliserez que votre coeur sait avant même que votre cerveau n’apprenne.
    Ainsi il serait souhaitable de tenir cette pratique pendant trois périodes distinctes de la journée, soit à la première heure dès l’entrée pour amener les enfants à un état de calme, puis juste avant le dîner (ici une séance de cinq minutes peut suffire, l’enfant s’assoit et vit sa pratique d’intériorisation avant de manger). Et enfin à la dernière heure afin de fermer la journée et amener les enfants à recentrer leurs énergies pour un retour à la maison dans un état plus serein et paisible.
    Comme toute fleur a besoin de soins, d’un bon terreau, de soleil et d’eau, le coeur de l’être humain, pour s’épanouir, a besoin d’être nourri en conscience, de recevoir de l’amour, et alors il ouvre véritablement ses pétales prodiguant paix intérieure, joie et amour.

    Deuxièmement: Dans une continuité avec l’activité décrite plus haut, pour les enfants les plus agités, retenir les services d’un-une massothérapeute au coeur d’or et dont les mains d’amour masseront la tête de ces enfants qui auraient peut-être plus de difficulté à se détendre autrement pendant la session de dialogue avec leur coeur. Ces enfants ont un besoin plus grand d’attention et d’amour, c’est ainsi, mais si on leur permet d’atteindre une telle détente et de connecter leur coeur ils ne l’oublieront jamais et ils chercheront à le répéter. Eux-aussi cherchent la paix, ils ne savent tout simplement pas comment, c’est à nous de leur montrer le chemin. Peut-être même certains pourront tranquillement cesser leur médication, ce qui serait un immense succès d’abord pour l’enfant mais aussi pour les parents.
    Toutes les approches proposées ici ne peuvent qu’amener les enfants à plus d’équilibre, plus de paix intérieure, plus de clarté d’esprit, plus d’attention. Les enfants qui sont déjà suivis pour différents troubles continueront le même suivi, cela va sans dire. Les spécialistes sauront ajuster le traitement alors qu’ils observeront les changements se produire chez ces enfants.

    Et que dire de l’ambiance dans les classes, un calme, une paix presque mesurable se sentira et changera jusque dans l’attention et la motivation des enfants à entreprendre leurs activités.
    L’effet premier est une attention accrue et presque palpable des enfants lors du déroulement de leurs activités, quelque soit la nature de l’activité. Aussi une paix plus profonde les habitera et une plus grande cohésion, harmonie s’installera entre-eux.

    Troisièmement: Créer le plus tôt possible des petites chorales, et inclure tous les enfants mêmes les plus gênés.
    Vous avez vu le film culte à ce sujet? LES CHORISTES
    Ce film magnifique relate le fait vécu en France d’un instituteur qui prend en charge les élèves d’un lycée où les jeunes, désœuvrés, se dirigent vers la délinquance et font de la casse dans les locaux de leur institution….ils ne pensent plus qu’à cela.
    Cet instituteur, un homme de coeur, forme une chorale dans laquelle tous les jeunes ont une place, il n’y a aucun exclus, et la magie opère, les jeunes trouvent un sens à leur présence dans cette classe peu orthodoxe, se mettent à affectionner leur instituteur. Apprenant à se respecter eux-mêmes ils en viennent naturellement à le respecter lui aussi, et magiquement se dessinent une vie, découvrent une motivation qui les prend au coeur et leur permet de faire leurs classes avec une joie nouvelle.
    VOUS DEVEZ VOIR CE FILM, SON RÉCIT EST SIMPLEMENT INCONTOURNABLE, BOULEVERSANT, POUR TOUTE PERSONNE OEUVRANT EN ÉDUCATION.
    Chanter en choeur amène à harmoniser les coeurs, et on a là un puissant outil pour diminuer les tensions entre jeunes, et par là-même l’intimidation.

    Quatrièmement: Voici un autre ajout à votre ensemble déjà bien garni en outils prévalant à une plus grande joie, une plus grande paix et une estime de soi déjà mieux ancrée, sans compter une réussite scolaire accrue, la diffusion d’une douce musique, classique préférablement, pendant les heures de classe. Un groupe de chercheurs a fait l’expérience de faire jouer de la musique classique pendant une session entière dans 80 pays différents culturellement et monétairement durant les heures de classe. Parmi les élèves qui vivaient cette expérience, 90% de ceux qui prenaient des médicaments pour agitation ont pu cesser leur médication. Tout de même, c’est remarquable! non?
    Cette information nous a été fournie lors d’une émission très connue de Radio-Canada, est-ce lors d’une émission animée par M. Alain Lefèvre? Je ne me souviens pas, j’ai simplement été marqué par le caractère exceptionnel de cette nouvelle.
    Qu’attend-on, ici au Québec, pour amorcer ces changements simples et adopter des pratiques favorisant l’attention, la créativité et l’apprentissage?
    Dans une telle perspective où l’on se permettrait de changer de paradigme et de reconnaître au coeur une place prépondérante dans le développement de l’enfant comme facteur prévalent à toute réussite, ne peut-on pas penser qu’une loi obligeant les jeunes à rester assis sur les bancs de l’école jusqu’à l’âge de 18 ans deviendrait obsolète? Ne peut-on pas penser en toute confiance qu’ils posséderaient alors un outil de conscience si présent en eux que la motivation à apprendre s’installerait plus solidement dans leur esprit?
    Je suis absolument certain qu’aucune loi ne s’imposerait, les jeunes ainsi épanouis en leur coeur et leur conscience traceraient d’eux-mêmes leur propre voie sans même qu’on ait à intervenir. Nous n’aurions plus alors qu’à soutenir avec une même force d’amour leurs remarquables réalisations…et chercher à les suivre.

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  7. Par Josee Lamere le 7 août 2016 à 14:12

    Est-ce que j’ai le droit d’imprimer cet article et de m’en servir pour faire expliquer à mes collègues ce que j’essaie de faire en classe avec mes élèves du secondaire ?

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  8. Bonjour madame Lamere,
    Pour faciliter votre démarche, nous vous avons produit un PDF imprimable de l’article en question. Vous pouvez l’imprimer et le diffuser à vos collègues.
    Bonne chance dans votre démarche!

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  9. Par Alain Charest le 23 septembre 2016 à 6:08

    Je suis d’accord avec vous concernant la manière orientale. De même que l’autre commentaire qui suit pour l’imagerie d’une rose dans un jardin. Toutes deux sont excellentes pour arriver à un état de disponibilité réceptive. J’aimerais rajouter une dimension qui est la quête de sens. Bruno Bettelheim, la psychanalyse des contes de fées chez Pocket, qui s’est intéressé aux psychoses infantiles. Pensons au Petit poucet ou Cendrillon. L’enfant vit des terreurs ingérables émotionnellement tel que l’abandon, la maltraitance, la compétition (être à la hauteur), le conte permet de les théâtraliser et leurs donner une fin heureuse. Le simplet, frérot et la sœurette, ou la méchante marâtre, qui permet par exemple de gérer la frustration à la maman qu’on ne pourrait jamais se permettre de haïr sans se détester mais que dans le conte, il était une fois. Bref, mettre de l’ordre dans le chaos. Aussi Joseph Campbell; Le pouvoir du mythe et Marie-Louise Von Franz dont la plupart de ses livres en bibliothèque. La discipline spirituelle c’est pour les adultes.

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