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La conscience morphologique : un incontournable dans l’apprentissage de l’orthographe

« Inclus, et pourquoi pas inclu ou inclue? » « Le chat dord… non, dort! » La langue française est ainsi construite qu’il arrive fréquemment que les marques morphologiques écrites ne se prononcent pas.

Writing by Oscarcillo, on Flickr

Nous tenons à remercier la précieuse collaboration de Madame Marie-Catherine St-Pierre dans la création de cet article. Ce projet de recherche a été financé par le Programme de recherche sur l’écriture et la lecture (PREL) mis en place par le MELS et le FRQSC.

Orthographier ne se résume donc pas à appliquer un ensemble de règles de conversion graphophonologiques (lettres-sons) et à apprendre des exceptions. L’apprenti scripteur francophone doit utiliser des régularités de la morphologie flexionnelle qui, tout en étant simples et fréquentes, sous-tendent une large part des accords grammaticaux.

La conscience morphologique conduit l’enfant à manipuler les morphèmes et à graduellement comprendre les règles de formation des mots. Plus les enfants sont habiles à réfléchir et à manipuler les accords grammaticaux dans les mots à l’oral, plus l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe s’en trouve facilité.

Afin d’aider ces enfants ayant de faibles habiletés de conscience morphologique, Marie-Catherine St-Pierre, professeur au programme d’orthophonie de l’Université Laval et chercheure au Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS), a conduit une recherche s’intéressant à l’intervention sur cette habileté langagière comme facilitateur de l’apprentissage de l’orthographe.

Pas si simple pour tous

Une approche langagière ciblée sur la morphologie présente un réel intérêt pour développer les habiletés orthographiques des jeunes scripteurs confrontés à la structure complexe des mots du français. Celle-ci apparait tout particulièrement indiquée pour les élèves ayant des difficultés à manipuler la structure interne des mots chez qui le recours aux règles morphologiques s’avère particulièrement complexe.

Une intervention efficace

Dans le cadre de son étude, Madame St-Pierre a élaboré une intervention langagière qui a été offerte par une orthophoniste à des enfants québécois de 2e  année ayant des difficultés en langage écrit. Celle-ci s’est avérée efficace, c’est-à-dire qu’elle a mené à une amélioration significative et durable des compétences en orthographe des élèves ciblés.

La conscience morphologique pouvant aussi être intégrée dans l’enseignement de l’orthographe en classe, une formation ponctuelle a été développée et son actualisation s’est faite via l’infrastructure sociotechnique de l’École en Réseau (ÉER). Cette formation a mené à une prise de conscience des enseignants quant à l’importance d’intégrer la morphologie dans leurs pratiques quotidiennes pour l’enseignement de l’orthographe et de soutenir le développement de la conscience morphologique chez leurs élèves.

Perspectives futures

Il importe de développer et de mettre en place des interventions ciblées sur la morphologie et ses relations avec l’écriture des mots pour le développement optimal des habiletés d’orthographe des enfants tout-venant et en difficulté.

Celles-ci peuvent s’inscrire tant dans l’action professionnelle d’intervenants spécialisés que dans un enseignement en salle de classe, et ce, dès la 2e année.

[Consulter le rapport]

 

Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.0 Generic License Oscarcillo

 

Dernière modification : 25 juin 2015.

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Un commentaire

  1. Par Jerome le 13 avril 2014 à 15:17

    Salut,
    Article intéressant!!!

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